Serge

La malédiction du gardien noir au Brésil

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Moacir Barbosa, en 1950, crédit photo : sconosciuto on Wikimedia Commons.

Nouvelle partie de la chronique du Mondial initiée il y a quelques mois sur ce blog. Cette fois-ci je voudrais vous parler d’une malédiction, d’un mythe qui, d’une certaine manière, trouve ses racines dans le racisme historiquement ancré dans la société brésilienne.

J’étais surpris au départ lorsqu’un ami m’a dit en 2008, « : Tu sais, chaque fois qu’un gardien noir est dans les buts du Brésil, la Seleção ne gagne jamais une Coupe du Monde. C’est une malédiction ! ».

Sérieusement ? Je n’avais pas compris. Après tout, qui comprendrait une telle mythologie à la brésilienne avec seulement quelques deux, trois mois de contact avec les codes culturels de cette même société?

Pour qu’une telle conclusion soit tirée, selon laquelle les gardiens noirs portaient la malédiction de l’échec, il devait y avoir au moins dix, voire quinze faits capables d’ancrer cette malheureuse statistique dans l’imaginaire et l’inconscient national.

C’était donc assez normal de chercher à savoir combien de fois le Brésil avait participé à une Coupe du Monde en ayant un gardien de but noir dans ses buts.

Pas tant que ça en fait. Seulement, les défaites sont arrivées aux mauvais moments… le hasard qui contribuait à la reproduction des préjugés contre les Noirs.

Tout commence en 1950, au Maracanã, le Brésil affronte la céleste, fantastique sélection d’Uruguay arrivée sans gloire à Rio de Janeiro lors de cette première Coupe du Monde post-Guerre Mondiale. Pourtant, l’équipe nationale d’Uruguay crée la surprise en remportant une finale inédite face à un Brésil de rêve. J’en ai parlé ici, de ce Maracanaço.

Bien qu’en 1950 plusieurs idoles du football brésilien étaient noires, comme Didi ou Léonidas da Silva, la société était encore marquée par le racisme, presque une ségrégation façon apartheid. Chacun savait où était sa place, en gros.

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Le gardien de Botafogo et de la Seleção, Jefferson, crédit photo: ESCOT-Photos

Et si d’aventure, on représentait la Seleção en Coupe du Monde il fallait bien le faire. On dit souvent que le poste du gardien est le plus ingrat dans le football. Dans le cas des gardiens noirs au Brésil, l’hypothèse se confirme dramatiquement.

Au moment de cette défaite brésilienne en 1950, et donc de la victoire de l’Uruguay, c’est un gardien noir qui gardait les cages de la Seleção, Moacir Barbosa Nascimento. Toute la responsabilité de l’échec fut reportée sur le pauvre homme et sur tous ceux de sa race qui viendraient après.

Le deuxième fait historique marquant qui viendra confirmer cette « malédiction sociologique »est beaucoup plus proche de nous, précisément en 2006 à Frankfurt. La France de Zinedine Zidane battait, de cette belle manière que l’on sait, le Brésil de Dida, tient. Ce mythique gardien du Milan AC porterait lui aussi le chapeau alors que Roberto Carlos était beaucoup plus fautif sur le coup que lui. Voyez la vidéo ci-dessous pour vous en convaincre.

https://www.youtube.com/watch?v=3NKvKOSOYrU

Mais c’était pour les Brésiliens, la fois de trop. La malédiction qu’on soupçonnait à peine se confirmait. Même avec une équipe de rêve, peut-être supérieure (sur le papier) à celle de 1950, portée par ses “quatre fantastiques” perdait (encore…) à cause d’un gardien noir.

Il valait mieux en tirer les conclusions qui s’imposaient, apprendre avec les « erreurs » du passé et ne plus tenter le diable.

Plus de gardien noir, pour faire court!

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Jefferson – crédit photo : Botafogo Oficial.

Mais si vous avez regardé les derniers matchs du Brésil, vous avez sans doute remarqué que la doublure de Júlio César (Queens Park Rangers) est noire. Jefferson est plus qu’un grand gardien. Dans un autre pays, moins enclin au racisme, le portier de Botafogo – où évolue Seedorf – devancerait logiquement Júlio dans la hiérarchie… si seulement les critères restaient purement objectifs. Car Júlio César joue la D2 anglaise.

Techniquement, il est aussi fort que Júlio César, plus rapide à mon avis, meilleure détente… il lui manque peut-être l’assurance qui viendrait avec la confiance du coach… et du peuple.

En tous les cas, devant les caméras, Felipe Scolari défend le talent de Jefferson, justifiant sa position de “numéro 2”, ce qui prépare ce dernier à protéger les cages du Brésil en 2014 en cas de forfait d’un Júlio César toujours blessé.

Cette malédiction n’est pas sans rapport avec l’autre grand tabou du football brésilien qui empêche les plus grands clubs nationaux d’avoir des entraîneurs noirs. Andrade (ami de Zico et idôle du Flamengo) s’était retrouvé au chômage après avoir aidé son club à remporter son dernier titre national en 2009 avec notamment un Adriano des grandes époques. Dernier entraîneur à avoir tiré le meilleur de l’attaquant brésilien, Andrade dénonce à ce jour le racisme dans le milieu du football qui l’empêche de travailler malgré le fait qu’il ait largement fait ses preuves.

Si Jefferson est titulaire en 2014, le Brésil a intérêt à gagner cette Coupe du Monde pour le bien non seulement du palmarès, mais surtout, j’ai envie de dire, pour le bien de toute une race…

 

Bonus : l’extraordinaire commentaire de Claude Makelele après le Mondial allemand de 2006. J’en ris des masses…

 

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Pétrole brésilien: la violence s’invite dans la cour

https://www.pragmatismopolitico.com.br/2013/08/pstu-critica-black-blocs.html
Imagem Divulgação

Les négociations durent depuis des mois sur les modalités de distribuition des revenus pétroliers que pourraient rapporter les nouvelles réserves du pré-sal brésilien. En même temps, dans un hotel de Rio de Janeiro, un appel d’offres est organisé pour définir le mode d’exploitation des dites réserves (Lien en portugais qui vaut la peine d’être traduit). Des manifestants – aussi difus que l’on puisse imaginer – dénoncent la forme unilatérale qui caractérise la prise des décisions dans cette affaire.

Mais ce qui frappe le plus dans cette nouvelle polémique, au-délà de la “question du pétrole”, c’est la place qu’occuppe la violence dans les modes opératoires des manifestants à Paris, à Istambul comme à Rio de Janeiro.

Depuis Juin dernier, le débat a refait surface en terres auriverdés: quelle est la manière la plus démocratique de manisfester? La vague de protestations qui avait enflammé le pays a laissé des mauvais souvenirs chez les autorités comme chez le citoyen lambda; la plus part du temps, les manifestants ont pris à partie les passants, les journalistes et les policiers…

D’où la création de deux catégories de manisfestants: ceux qui comprennent les usages de la démocratie et agissent comme tel, c’est-à-dire à la façon d’un Gandhi, par la non-violence; et ceux qui sont simililaires aux terroristes, les vandales!

Les manifestants de ce lundi à Rio ont choisi d’agir par la violence. Et par la même occasion ils ont assumé le risque de se faire basher par la presse main stream ainsi que par la classe politique.

Le problème est que la plus part de ces hommes et femmes – activistes – qui manisfestent (souvent contre la surproduction pas du tout écologique – Total, Shell et deux chinois seront les principaux exploitants du secteur) considèrent être eux-mêmes victimes d’une violence étatique, voir capitaliste difficile à encadrer. Et dans ce cas, comment répondre à la violence, sinon par la violence?

En fait, il convient, pour l’analyste prudent, de séparer le fond de la forme et de ne pas “jeter le bébé avec l’eau du bain”.

Et donc, de se demander si les révendications de ces centaines de personnes sont légitimes? Qui sont ces manisfestants? Car depuis juin, on sait que les mouvements de masses sont récupérés par des extremistes et dans le cas actuel peut-être par des puissantes forces économiques contraires à la politique de croissance du gouvernement. D’autant plus que dans la soirée de lundi la présidente Dilma a dû faire une allocution télévisée appelant à la compréhension des humbles brésiliens et brésiliennes…

A Rio, disais-je, les manifestants ont brûlé une voiture appartenant à la chaîne de télévision Globo (très impopulaire parmis les classes moyennes), attaqué des journalistes, empêché des écoliers de rentrer chez eux, dérangé les touristes sur Copacabana…

En choisissant ce mode opératoire, ils ont assumé le risque de voir leurs révendications catégorisées comme des actes de violence et de vandalisme. La forme colonise le fond et toute critique est abolie. Pour les manisfestants anti-pré-sal, il faudra maintenant retrouver l’appui politique de l’opinion publique car ils sont pris dans une vaste campagne d’isolement médiatique…

Ces mêmes manisfestants fustigent la violence des forces policières qui, il faut le dire, économisent rarement le gaz et le spray au piment (poivre) pour repousser les contestataires… mais ces derniers n’ont pas la force of law comme source de légitimité de leur action.

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John Zerzan – Crédit photo Cast on Wikimedia Commons

En mars dernier, j’étais le traducteur d’une conférence internationale sur les études anarchiques, et j’ai eu le bonheur de connaitre l’un des plus grands intellectuels de ce qu’on pourrait appeller l’extrême gauche américaine, l’anarcho-primitiviste John Zerzan. Ce dernier defendait par exemple la légitimité de l’action du Black Bloc qui fait de l’usage de la violence sa principale arme politique. Ce mouvement s’est par ailleurs importé au Brésil devenant quasi omniprésent dans toutes les manifestations de rue.

C’est en ces moments précis que je me rappelle qu’aucune révolution ne se fait sans violence… mais aussi que dans une démocratie, régime des faibles comme vous et moi, c’est par le débat que l’on arrive aux compromis.

Le jour où la violence prendra le dessus sur la Politique, nous cesseront d’exister…

 

N.B: vous l’aurez compris, cet article ne traite fondamentalement que de la question de la violence, et non pas de celle du pétrole.

 

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Carnet d’une lectrice: «j’aime ton président, il y’a un mois j’etais là-bas (Congo)»

Quelques brésiliens à San Diego
Quelques brésiliens à San Diego

Suite et fin du «carnet» de Nelly E., jeune diplômée en sciences médicales de la célèbre université de l’Etat de São Paulo, l’Unicamp (Brésil). Cet été, elle est partie aux Etats-Unis dans l’objectif d’y poursuivre ses études et pourquoi pas de paufiner son anglais. De prime abord, l’Amérique est une véritable claque, tant la vie y est radicalement opposée à tous ce qu’elle a déjà vécu jusqu’ici… elle nous livre ses impressions:

Waoh! Je ne m’attendais pas à tout ce que j’ai vu à San Diego, la ville est sensationelle et j’y retournerai pour mon master dans peu de temps car l’année académique ici aux USA commence au mois de Janvier 2014, cependant il est demandé à tous les étudiants internationaux qui ne viennent pas des pays anglophones de faire leur cursus linguistique et/ou de faire des examens Toefl ou Ielts avant de débuter leurs cours universitaires.

C’est une ville côtière au sud de la Californie et elle fait frontière avec le Méxique à tout juste 15 minutes de voiture et une heure en bus. Très aimé par le latinos et europeans à cause du climat agréable et à cause de ses plages, une dizaine en tout.

Bien connu par son histoire militaire avec la marine des Etats-Unis, la ville dispose d’une grande base navale. Alors là, je me rappelle que quand je suis arrivée ici j’ai dû voir pleins de bateaux et chars de combat traverser la mer et on a cru que ces munitions ‘‘pouvaient être utilisées en Syrie’’ , dans ce cas, elles devaient transiter par la mer méditéranée.

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Et aussi, ce n’était pas étonnat le premier jour dans un restaurant belge de rencontrer un colonel américain qui venait juste de retourner de la République Démocratique du Congo. Il a renversé son verre de bierre sur mon pantalon jeans et s’est excusé pour cet accident. Mais tellement curieux, il se décide de me poser la question Where are you from? et bien j’ai répondu que j’étais du Congo-kinshasa, alors il me dit,

« j’aime ton président et il y’a un mois que j’etais là-bas (Congo)».

Bref, cela veut dire qu’il n’est pas rare de rencontrer des «grands» ici, c’est-à-dire des grandes stars de la West Coast et personalités politiques à San Diego car c’est leur base; et surtout dans des milieux universitaires.

San diego se situe à 2 heures de Los Angeles que j’ai eu aussi à visiter lorsque je suis allée resoudre mon problème de visa au consulat brésilien et c’est là que j’ai rencontré une forte manifestation des américains, brésiliens, syriens et autres contre la guerre en Syrie dont j’ai pris des photos. A San Diego on retrouve une «foule» des méxicains et, à ma grande suprise, une forte communauté bresilienne bien installée et qui ne pense même pas retourner au Bresil. Certains sont étudiants ou touristes aussi qui sont venus grâce au programme Ciências Sem Fronteiras créé par l’administration Dilma.

Certains brésiliens que j’ai connu etaient coopératifs, sympas et transmettaient la même énergie qu’ils ont quand ils sont au Brésil, ils étaient accueillants. D’autres par contre étaient moins coopératifs, mais ceux-là qui ne s’ouvraient pas sont justement «les fils à papa».

Balboa Park de San Diego
Balboa Park de San Diego

A part les brésiliens, on retrouve aussi pleins des gens d’Arabie Saoudite, des chinois et coreans qui viennent étudier ici ou travailler. Alors ce qui a le plus attiré mon attention c’était de voir un faible taux d’africains à San diego et surtout dans les universités Californnienes. J’avoue n’avoir rencontré que trois africains qui venaient des différents pays du monde… ils ont aussi etudié à l’étranger comme moi et sont venus pour continuer leur master ou leur doctorat ici.

Sur la vie quotidienne de San Diego, il faut retenir que c’est une ville qui organise pleins des festivals et reçoit pleins d’étudiants internationaux sans complication. J’ai constaté que la majorite vient de la Chine, d’Arabie Saoudite, du Liban, du Vietnam ou du Méxique.

Ma façon de voir les choses a beaucoup changé et je pense que si nous voulons vraiment être un jour les leaders d’Afrique nous devons créer des opportunités qui nous permettront de figurer dans la cour des grands.

Le jardin botanique de San Diego
Le jardin botanique de San Diego

Au moins ici je ne m’ennuirai pas si je passais au cours de langue car ma future ville est très mouvementée et il ya pas mal des parcs à voir comme la, Jolla, Pacific Beach, Las americas, Coronado… Il y a le Museum of Art de San Diego, et pleins des Parks de diversion.

La Californie est l’un des Etats les plus propres des Etas-Unis car New-York m’a totalement deçu… alors mes amis, prions pour que je passe et puisse m’installer definitivement au sud de la Californie.

Sur le coût de la vie, je vous jure que si l’université ne collaborait pas avec les étudiants, tu peux vraiment craquer surtout pour nous qui venons des pays du «tiers-monde» car la vie est encore beaucoup plus chere qu’à Campinas (SP-Brésil) mais malgré cela tu as beaucoup d’opportunités pour t’en sortir… si tu maintiens très bien ton visa!!!

Pour terminer je dirais que dans la vie qui ne risque rien n’a rien, donc il faut toujours tenter sa chance même là où l’on pense que c’est impossible. Inchallah!!!

A bientôt…

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Lire la première partie ICI.

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Carnet d’une lectrice: «sans les étudiants, cette ville serait morte»

 

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Crédit photo: Felipe Micaroni Lalli on Wikimedia Commons

 

Nelly E. a passé les cinq dernières années à étudier les sciences médicales dans l’une des deux plus grandes universités du Brésil, l’Unicamp. Ce qui donne forcément un grand préstige à ceux qui y étudient, mais la vie d’étudiant est faite de sacrifices, de déception… mais aussi d’éspoir. Aujourd’hui, Nelly poursuit ses études à San Diego en Californie. Elle nous raconte, ici, son expérience vécue au Brésil… terre d’accueil, ô pátria amada!

Première partie de son “carnet”:

 

C’est une Ville de l’Etat de São Paulo, à une heure et demie en voiture et deux heures en bus. Elle compte quatre districtes. Moi j’ai habité le districte de Barão Geraldo où se situe l’une des plus grandes universités du Brésil qui est l’Unicamp.

Campinas est aussi une importante ville économique de São Paulo, dans laquelle se trouve le plus grand centre commercial d’Amérique Latine, le Shopping Dom Pedro que je faisait visiter à la majorité des amis qui venaient me rendre visite. Car il n’y avait rien d’autre à y faire. Par ailleurs il n’y a pas de plages à Campinas et c’est une ville très calme qui est souvent animée par la présence d’étudiants qui viennent des autres Etats du Brésil ou de l’étranger. Et là je me rappelle d’une des phrases de l’ex-consule de l’ambassade du Brésil à Kinshasa qui me disait toujours «qu’il n y avait rien d’intéressant à Campinas si ce n’était les études” et que j’allais “vraiment étudier et pas me distraire dans des bars, faire la fête ou aller à la plage».

Mais bon, je ne pouvais pas rester cinq ans à étudier sans visiter une plage, alors je faisais des petits voyages à Santos (ville portuaire, l’un des plus grands [ports] d’Amérique Latine, où ont évolué Robinho, Neymar et Ganso) ou au sud du pays dans l’Etat de Santa Catarina.

Quand je n’avais pas d’argent pour voyager, on organisait des fêtes avec d’autres amis africains ou brésiliens pour justement animer la ville, spécialement mon quartier Barão Geraldo qui est l’un des plus chers de Campinas à cause de l’Unicamp… tout étudiant aimerait habiter près de l’université.

Heureusement que nous avions une résidence d’étudiants qui m’a épargné le payement du loyer. Comme je l’ai dit, le coût de la vie très cher. Rendez-vous compte, le transport d’autobus coûte 3,30 Reais (1,15 dollars) et les étudiants n’ont pas droit à la meia passagem c’est-à-dire la réduction à moitié du prix des services publics comme dans d’autres Etats. Les manifestations à São Paulo ont commencé à cause du prix des autobus.

Il y a pas mal de bars intéressants quand même ou l’on peut retrouver une forte présence d’étudiants tant nationaux qu’internationaux comme à la Casa São Jorge où l’on pouvait aller danser la samba ou le forró; le Bar d’oze où l’on joue du Rock, la MPB – musique populaire brésilienne.

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Crédit photo: Priscila Micaroni Lalli on Wikimedia Commons

En outre, je n’oublierai pas de mentionner les fêtes universitaires organisées par des brésiliens, souvent le jeudi dans différentes facultés ou différents parcs de la ville. Je me disais souvent que sans les étudiants, cette ville serait morte.

J’ai rencontré pas mal des gens venus d’autres Etats du Brésil et même venant d’autres pays. D’ailleurs on y rencontre plus des africains de pays comme la Guinée-Bissau, le Cap vert, la Mozambique ou l’Angola… j’ai aussi connu pas mal d’argentins, des chiliens, et enfin des haitiens qui sont venus juste après le tremblement de terre qu’il y a eu en Haiti … Eh bien là, j’ai eu a connaître nos cousins.

L’un des plus grands problèmes de Campinas c’est son climat: quand il fait chaud, il fait chaud et quand il fait froid il fait vraiment froid.

C’est un peu ça ma ville. J’aime Campinas car c’est une ville qui m’a fait acquérir de l’expérience et qui m’a ouvert beaucoup de portes et en même temps qu’elle en a fermé d’autres; c’est cela, une «experience de vie campineira»!

 

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Les chefs d’états sur Twitter, c’est pas crédible

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Le nouveau membre de la famille Obama – crédit photo: @BarackObama

Des nombreux chefs d’états se sont mis aux réseaux sociaux, leur champion étant sans doute l’américain Barack Obama, précursseur de l’utilisation des nouveaux médias comme instrument d’optimisation électorale. Le nouvel arrivant du club des “présidents connectés” est l’iranien Hassan Rohani. Ce dernier avait annoncé sur Twitter l’appel téléphonique historique de son homologue américain.

Si les deux hommes politiques font la paix sur les réseaux sociaux, la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, utilise le microblog pour critiquer les récentes révélations d’espionage d’entreprises brésiliennes par les canadiens. Coup de gueule via Twitter, c’est pas beau ça?

 

Edward Snowden tire leur sommeil aux gouvernements occidents, et au compte-goûte toujours, Glenn Greenwald nous abreuve d’informations via la chaîne de télévision Globo. On en redemande, pauvres addicts que nous sommes!

Ce qui m’impressionne dans tout ça c’est le comportement des médias qui traitent les informations publiées sur les comptes officiels des présidents comme des paroles dites effectivement par ces derniers. Plus besoin d’attaché de presse? Cette communication directe remodèle la communication politique basée sur la réflexion et le mûrissement des arguments, voir sur la retention d’informations.

Maintenant, il n’y a plus de pudeur. Les chefs d’états pestent sur les réseaux comme des citoyens normaux. Le président togolais adepte de Twitter inquiète même ses compatriotes… Je suis jeune mais je me souviens d’une époque où les présidents maintenaient une image assez protégée, basée sur l’idée que la parole du chef est rare. Tout cela jouait en faveur de l’amplification de leur autorité, de leur charisme; l’aura du chef résidait dans le fait d’un discours laconique et rare. Aujourd’hui la logique des réseaux surexpose les chefs d’états, banalise leurs paroles, les décrédiblise et pire, les expose à la contradiction.

Tout le monde sait que ce ne sont pas les chefs d’états eux-mêmes qui administrent leurs comptes Facebook ou Twitter, mais les médias continuent de rapporter leurs tweets comme des « positions officielles ». Une chose est intéresssante à noter, c’est que les erreurs [quand elles sont commises] nuisent considérablement à l’image du président, et rarement un bon usage des réseaux sociaux a un impact favorable sur le public. La preuve, on ne retient que les ratés. En clair, disons que si un président commet une gaffe sur son microblog cela aura sans doute une répercussion négative sur son image, mais chaque fois qu’il l’utilise au mieux sa cote ne remonte pas automatiquement dans les sondages.

Je note tout de même que l’exception à la règle c’est bien le couple Obama, qui n’utilise le réseau que pour transmettre une image positive, des videos familiales avec leur nouveau chien, plutôt light. c’est que le couple [Barack et Michelle] en soi est particulièrement intéressant et inédit, du fait même de leurs origines afro-américaines et tout ce que cela implique dans une société américaine historiquement raciste et ségrégationniste.

Il y a quelques semaines je m’interrogeais sur le fait que la diplomatie brésilienne semblait dangereusement être influencée par les médias, à la publication de toute nouvelle information sur le schéma d’espionage US, le gouvernement brésilien réagissait soit par une convocation d’un ambassadeur soit par une note officielle. Désormais, il faudra aussi surveiller Twitter.

Ce n’est pas que je sois vieux jeu ou conservateur, dépassé par la logique des réseaux… loin s’en faut. Je suis moi même pris dans cette spirale de connectivité [je prépare de fait un master sur les NTICs et l’empowerment en Afrique francophone], tout de même, il me semble que nos représentants devraient faire plus attention à l’utilisation intempestive des réseaux.

Ah oui, une chose me revient à l’instant. Savez-vous qu’elle personnalité mondiale est l’exemple parfait de comment il ne faut pas utiliser Twitter, surtout quand on appartient aux “sphères du pouvoir”? Jean Michel Aulas. C’est aussi parce que dans son cas, c’est vraiment lui qui tweete. Ceux qui ont suivit l’affaire Gomis savent de quoi je parle.

 

 

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Au Brésil, Marina Silva place l’écologie au coeur des élections présidentielles

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Caricature de Marina Silva portant son hamac. En portugais, « rede » veut dire en même temps hamac et réseau. crédit photo: Facebook

L’annonce par l’ex-sénatrice Marina Silva d’une alliance avec le Parti Socialiste Brésilien (PSB) de l’actuel gouverneur de l’Etat de Pernambuco change radicalement le spectre politique brésilien. Désormais, le jeux politique se joue à gauche, entre d’un côté le Parti des Travailleurs (PT) fort de ses trois mandats à la présidence, et de l’autre le groupe de Campos qui devra incorporer dans son programme un agenda écolo.

Les socialistes face aux travaillistes…

L’écologie qui a toujours était le point faible de Lula et Dilma, tour à tour président, divise l’opinion public sur des thèmes comme ceux de la construction du barrage de Belo Monte.

Entre la nécessité de croissance et de développement, Marina Silva représente une voix légitime pour le mouvement écologiste. Elle qui a été ministre de l’environnement au deuxième mandat de Lula avant de claquer la porte du PT.

On en saura pas plus sur les raisons de cette division. Mais, certains proches de l’ancien président Lula qui ont participé à la création du PT dénoncent les prises de décisions centralisées au sein du PT. “Le parti est déconnecté de sa base”, réclame-t-on.

Elle n’est pas la seule à avoir lâché Lula. En 2011, elle a récolté 20 millions de sufrages arrivant en troisième position d’une élection bien compliquée pour Dilma. Cette dernière ne parvint pas à l’époque à s’attirer les grâces de Marina Silva qui préfera “rester neutre”.

Il était donc logique qu’elle soit candidate en 2014 pour confirmer la tendance d’une épopée politique improbable. Mais quelque chose à mal tourné en chémin. Elle a eu du mal, très mal, à former un nouveau parti politique, son Rede Sustentabilidade (réseau pour le développement durable).

Faute d’avoir obtenu 50 millions de signatures nécessaire pour la validation de son parti par le Tribunal Supérieur Eléctoral (TSR), la Rede n’a pu voir le jour. 10 millions de signatures ont manqué.

La première semaine du mois d’octobre a été agité car tous attendaient l’annonce du choix de Marina Silva. Allait-elle “rester neutre”, une fois de trop, ou surprendrait-elle en annonçant son ralliement à un poids lourd de l’opposition?

Le choix fut rapide. Elle a penché, samedi 05 octobre, du côté de l’actuel gouverneur de l’Etat de Pernambuco, Eduardo Campos. Le parti de ce dernier, le PSB, ratisse le nordeste brésilien où il somme plus de 5 gouverneurs dont ceux du Ceará et de Paraíba.

La droite sonnée…

En formant cette alliance avec Eduardo Campos, Marina Silva en fait le principal outsider aux prochaines élections au détriment du sénateur Aécio Neves très contesté même au sein de son propre parti le PSDB (social-démocrate en thèse, mais foncièrement de droite dans les faits).

Il s’agit là d’un tournant décisif dans l’histoire politique du Brésil, jamais depuis ces vingt dernières années le PSDB n’avait été rélégué à une “troisième position” dans les prévisions des spécialistes. Si lors des élections de 2014, le PSDB ne parvient pas au second tour, il faudra bien commencer à penser au démentellement de ce parti historique. Doit-on rappeler que c’est de ses rangs que provenait le président Fernando Henrique Cardoso qui gouverna le Brésil pendant 8 ans (1994-2002).

La montée de Marina Silva et Eduardo Campos est le signe que l’énorme majorité formée autour de Lula da Silva ne fait pas sourire tout le monde. Loin s’en faut. Les écologistes se sentent abandonnés par le gouvernement, les mouvements sociaux (notamment les “sans-terres”) protestent contre la centralisation des décisions à Brasília malgré le fédéralisme et aussi une jeunesse qui gronde…

Marina Silva vient de sonner la droite politique du Brésil en même temps qu’elle impose (enfin) à la gauche un agenda écologiste jusqu’ici très peu pris en compte.

Reste à savoir si elle acceptera d’être le candidat à la vice-présidence aux côtés du gouverneur Eduardo Campos ou si son appui restera strictement protocolaire, en attendant de faire valider son propre parti, la Rede. Rien n’exclu non plus une large coalition incluant Aécio Neves, ce qui serait de mauvaise augure pour Dilma Rousseff.

Réponses dans les prochains mois…

 

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En Californie, la guerre en Syrie mobilise contre Obama (images)

 

Obama a été plus intelligent que l’ami anglais, David Cameron, qui a essuyé la plus grosse déculottée politique de l’histoire de la Grande-Bretagne dans sa tentative de faire avaler à la Chambre des représentants son idée d’attaquer la Syrie. Là où monsieur Cameron a fait la sourde oreille, Barack Obama semble avoir écouté les voix qui montaient dans les rues. Comme ici, à Los Angeles… (suite…)


Obamacare, “Shutdown” et la prophétie d’Estván Mészáros

 

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Crédit photo : Pete Souza/ Wikimedia Commons

Les récents événements qui se déroulent aux Etats-Unis d’Amérique m’ont rappelé au souvenir d’un livre que j’ai lu deux ans auparavant,Capital’s unfolding systemic crisis de l’intellectuel hongrois installé en Angleterre, Estván Mészáros.

Cette semaine, le Congrès américain a poussé à la fermeture partielle du gouvernement fédéral des USA, un cas de figure inédit depuis les années Clinton, lui aussi démocrate. La faute (là encore) aux conservateurs républicains du Tea Party… extrême droite dans la droite républicaine.

Fédéralisme américain vs le fédéralisme brésilien

Je dois dire qu’une telle configuration serait impensable au Brésil, pourtant lui aussi un pays fédéral. Impensable du fait même du caractère particulier son fédéralisme fait de très larges alliances politiques qui vont, parfois de la droite ultralibérale – comme en 2003, lorsque le vice-président Alencar provenait du patronat brésilien – à la gauche radicale. Dans le système brésilien, l’Obamacare serait voté il y a belle lurette. Que dis-je? Au Brésil, il existe déjà un Obamacare, le fameux Système Unitaire de Santé (SUS).

Les politologues “brésiliens” – moi compris – qui critiquent le présidencialismo de coalizão peuvent respirer vu que le Brésil entretient cette tare institutionnelle bien à lui. Comme disait le sage chinois “il faut attendre avant de tirer des vives conclusions même quand la situation semble en faveur d’un point de vue”. C’est entendu… veremos.

Une chose est à prendre en compte. Le fédéralisme américain, encore une fois considéré comme l’idéal, est fait de deux partis politiques; système bipolaire qui “facilite la gouvernabilité”. Dites-le à Obama. Au Brésil, le fédéralisme est multipolaire et ne respecte aucune règlementation idéologique. Les alliances se font selon les intérêts du moment et les possibilités de victoire aux futures élections.

Dans certains cas, il devient compliqué de gouverner. Mais au moins, un shutdown est impensable par le simple fait qu’il serait anticonstitutionnel en soi. En effet, la Constitution brésilienne offre de telles garanties que cela relèverait d’un crime que de fermer des services publics, même “mineurs”.

Les Américains ne payeront pas leur dette

Pour revenir donc à cette crise qui touche l’administration Obama, j’ai redécouvert un livre perdu dans ma modeste bibliothèque privée – bonjour le rhume. En 2009, soit un an après le début de la crise financière, Estván Mészaros écrivait qu’il était maintenant certain que les Américains ne payeront pas leur dette.

Un drame planétaire à l’horizon, ça selon lui, dans un futur très proche, le monde serait obligé de payer la dette américaine déjà très largement supportée par nos amis chinois (ironie de l’histoire)”. Double drame puisque, à la rigueur c’est tout le monde qui serait forcé de payer cette dette faramineuse… mais pour combien de temps ? Qui a dit que la puissance militaire ne sert à rien ?

Soyons clairs. De quelle manière l’Obamacare (ou le nouveau budget) aggravera-t-elle la situation de l’économie américaine plus qu’elle ne l’est déjà aujourd’hui ? Tout le monde là-bas finance sa dette par des banques auxquelles il doit déjà des millions de dollars.

 

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