Serge

Chronique du mondial (3) : le football est un atout politique

A l’approche de la Coupe du Monde, et surtout à quelques jours du début de la Coupe de Confédération, on observe des avis opposés sur la réalisation du principal évenement sportif au monde. Scandale, accusations de corruption, le mondial ne jouit pas d’une adhésion générale dans le pays.

Troisième épisode de la Chronique du mondial.

Photo by azucrina on Flickr.com
Photo by azucrina on Flickr.com

Il y a par exemple le problème de la surfacturation des infrastructures sportives exigées par la FIFA. Le cas le plus emblématique est le coût très élévé de la réforme du Maracanã, presque un milliard de reais pour une réforme alors que le nouveau stade de la Juventus de Turin refait totalement a coûté 122 millions d’euros, à peu près 700 millions de reais.

Et puis il y a les nostalgiques qui critiquent le fait que le stade a été completement dénaturé, perdant ainsi toute son identité et par conséquent l’affection de la torcida carioca. Une série de reportages de la chaîne de télévision cablée Espn montre sans ambages que la réforme du Maracanã ne se fait pas que selon les normes.

On peut aussi parler des nombreuses expulsions – comme ici à Porto Alegre –  dont sont victimes des nombreuses familles qui vivent sur les “trajets des infrastructures” exigées par le projet FIFA.

Les médias critiquent également le coût élevé des billets qui donneront accès tant à la Coupe de Confédération qu’à la Coupe du Monde. Le torcedor traditionnel – pauvre, noir, travailleur, ouvrier ou celui qui travaille dans les services – ne pourra évidemment pas voir les matchs dans les stades.

Le football s’élitise partout, à Paris comme à Rio.

Cependant, malgré les critiques il est possible d’affirmer qu’un succès de la seleção lors de la prochaine Coupe de Confédération et notamment au mondial créditerait l’actuel président d’un argument de poids pour son éventuelle réélection. En ce moment, chaque inauguration de stade est une occasion pour rabattre les critiques de l’opposition et des pessimistes.


Brésil : Neymar a tué le numéro 10

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Messi_with_Neymar_Junior_the_Future_of_Brazil.jpg
Christopher Johnson from Tokyo, Japan. Wikimedia Commons

Décidément l’actualité sportive est à la Une au Brésil…

C’est fait, Neymar ne jouera plus au Brésil. Après quatre saisons de très haut niveau, le numéro 11 du Santos a décidé de signer au F.C. Barcelone. Il s’agit naturellement de l’information la plus importante de l’actualité brésilienne, une ironie pour un pays qui veut se faire connaitre pour autre chose que par le football, en l’occurrence sa force économique.

Toutefois, je peux dire que les deux sujets sont un peu liés dans ce cas. Que Neymar soit resté au Brésil jusqu’en 2013 relève du miracle. Dois-je rappeler que le jeune footballeur avait refusé une offre de Chelsea en 2011 ? Cela n’aurait pas été possible si le Brésil n’avait pas une capacité de consommation interne enviable à tous les pays européens, avec à peu près 100 millions d’individus actifs dans l’économie nationale. Combien de pays au monde peuvent se vanter de présenter de tels chiffres ?

Mais, je m’égare. Le sujet c’est Neymar et ce qu’il peut réaliser en Europe. J’entend des gens dire qu’il sera un nouveau Robinho – lui aussi santiste, potentiel Pélé éventuellement – mais, c’est ignorer ce que ce garçon a réalisé en quatre années de carrière seulement. Et je peux vous dire que j’ai tout vu.

Avant c’était impossible de citer le nom de Neymar sans l’acompagner de “e Ganso”, nom de son alter ego sur le terrain. Un peu comme Xavi et Iniesta, les milieux de terrains du Barça. Cependant si aucun des espagnols n’a pu s’émanciper de l’autre, Neymar a réussi à se défaire de l’ombre du génial Ganso.

Os jogadores Cafú, Ganso e Neymar em 2010, par Sergio Savarese (Wikimedia Commons)
Os jogadores Cafú, Ganso e Neymar em 2010, par Sergio Savarese (Wikimedia Commons)

Donc, Ganso. Pure génie du football poétique que les temps actuels n’acceptent plus. Numéro 10 classique – à l’ancienne – à la manière d’un Zidane, d’un Platini ou d’un Riquelme. Maudit par les blessures à répétition. « Aucun joueur ne survit à deux chirurgies au genoux », dit-on. Ganso en a désormais la preuve.

Neymar a donc bien compris qu’il devait s’émanciper de son numéro 10, faire ce que même Messi n’a pas réussi à faire avec Xavi et Iniesta. C’est le crime de Neymar : être sorti de l’ombre de P.H. Ganso. Il a tué le numéro 10.

Neymar n’a pas besoin d’un pourvoyeur pour planter des buts. Il en est l’architecte comme lors de ce match contre Flamengo qui lui a valu le Prix Puskás en 2011, qui récompense le plus beau but de l’année.

Dimanche, Neymar a joué pour la dernière fois pour le Santos au Stade Mané Garrincha à Brasília lors de l’inauguration de ce nouveau temple. Comme un symbole, il a joué face au Flamengo.

A seulement 21 ans, la star brésilienne a déjà plus de 130 buts chez les professionnels. Je sais, le football ne s’arrête pas aux statistiques. Mais tout de même, excusez-moi, ne comparez pas ce génie à Robinho, pour l’amour du foot.


Un général brésilien en RDC n’est pas la solution

Le général Santos Cruz a commandé les forces onusiennes en Haïti. https://www.flickr.com/photos/un_photo/3332077564/
Le général Carlos Alberto Dos Santos Cruz a commandé les forces onusiennes en Haïti (Flickrs.com/CC)

Il m’a fallu un peu de recul avant d’aborder ce sujet important pour mon pays, la RDC, et qui paradoxalement n’a presque aucun intérêt concret pour le Brésil, mon pays d’acceuil. En effet, le secrétaire général de l’ONU vient de nommer un général brésilien à la tête des forces de maintient de la paix au Congo.

La nouvelle avait été annocée il y a un mois mais c’est cette semaine que la décision de Ban Ki-moon sera véritablement appliquée. Que doit-on attendre de cette nomination?

Je le dis tout de suite, et de façon assez sèche: “nommer un général brésilien à la tête des forces onusiennes en RDC est révélateur du manque d’intérêt des grandes puissances du monde, notamment en ce qui concerne la recherche de vraies solutions pour le conflit en RDC”.

Pourquoi cette première analyse? Pour deux raisons fondamentales. La première est historique dans la mesure où le Brésil est un pays qui a très peu d’expériences militaires; dans toute l’histoire de ce pays j’ai connaissance d’une et seulement une guerre contre le Paraguay à la fin du 19° siècle. D’ailleurs, ce fut une guerre dans laquelle le Brésil s’engageat aux côtés de l’Argentine et de l’Uruguay contre le Paraguay.

La deuxième raison est politique dans la mesure où on sait que le Brésil opte de préférence pour la diplomatie d’influence pour se faire valoir sur l’échiquier de la géopolitique internationale. Cela se fait à travers d’échanges économiques, culturels et de bourses d’études concédées aux étudiants de pays en développement. La guerre proprement dite n’est pas la spécialité du Brésil quoi que d’une certaine façon il soit habitué à une espèce de guerre urbaine dans les favelas de Rio, mais le contexte congolais est différent. Tout se joue dans les brousses et dans les forêts du bassin du fleuve congo.

La diplomatie d’influence dont je parle est celle-là même qui a fait que deux brésiliens dirigent actuellement la FAO et l’OMC. Personnellement, je préfère ce Brésil là.

Ensuite, j’ai des réserves quant à l’usage d’une certaine violence gratuite souvent d’usage dans les forces de l’ordre ici.

Enfin, il faut mentionner les barrières linguistiques puis culturelles qui seront un réel handicap dans le cas actuel. Il y a pour moi quelque chose d’assez incompréhensible dans cette nomination.

Et pour preuve, aujourd’hui les grandes chaînes de télévision n’ont accordé que 45 secondes de leurs journaux à cette information.


Médecins cubains au Brésil: Sortez docteurs!

Crédit photo: Samuel Bendet, US Air Force Wikimedia Commons
Crédit photo: Samuel Bendet, US Air Force Wikimedia Commons

Un ami brésilien qui est aussi judoka me pose soudainement une question bizarre: « Serge, que penses-tu des médecins cubains qui viennent travailler au Brésil? ». Mon Dieu! C’est quoi encore ça, me dis-je.

Ma réponse est aussi sêche que la stupidité de la question: « Et que penses-tu des dentistes brésiliens qui travaillent au Portugal? ». Car il faut savoir que les brésiliens sont des très grands professionnels de la médecine bucale, un talent qui est dû à la qualité de leurs excellentes facultés de odontologia. (à lire absolument)

Mais les brésiliens ont aussi la mémoire courte. Ils oublient vite qu’il n’y a pas si longtemps ce sont eux qui immigraient en Europe et en Amérique à la recherche des meilleurs salaires. Avec la croissance du pays, c’est normal que ces voisins américains, plus « pauvres », viennent tenter leur chance ici.

Il n’y a pas si longtemps que ça, je sortais d’un supermarché quand une femme arrête sa voiture à ma hauteur pour me demander si j’étais haïtien. A l’époque, 2 000 haïtiens étaient entrés illégalement dans le pays, pourtant le gouvernement leur avait accordé l’amnistie. J’avais donc deux motifs pour être soupçonné d’être un haïtien: j’étais noir et l’affaire était d’actualité.

Un problème de fond se pose au Brésil. Le gouvernement n’a aucun pouvoir de décision sur le nombre des médecins qui doivent sortir chaque année des universités. Le Conseil Fédéral des Médecins du Brésil (CFM) est aussi puissante que son équivalent américain, tout comme l’Association des Avocats des USA.

Il y a un énorme déficit de médecins au Brésil. (voir ici et )

La solution trouvée par le gouvernement de Dilma est alors d’importer près de 6 000 médécins cubains, un pays dévenu une référence internationale grâce à l’excellence de son système de santé publique.

Maintenant, cette affaire des médecins cubains soulève la polémique dans les médias. Il s’agit simplement d’attitudes xénophobes que je ne cesse de dénoncer sur ce blog depuis un moment déjà, un phénomène qui grandit dangereusement au Brésil.

Après les haïtiens, c’est au cubains qu’on demande de dégager. Por favor doutores, sortez!

Complément d’infos pour l’article: sur ce lien, plus de détails sur les enjeux et les forces en présence dans cette affaire.


Liebster Blog Award 2013, ça continue

photo by Dave B on Flickr
photo by Dave B on Flickr

Exceptionnellement sur ce blog, je ne parlerai pas du Brésil. La faute à David  qui a décidé de lancer un jeu assez intéressant qui consiste à désigner ses blogs préférés. Mieux encore, cela consiste à nommer 11 blogs aux Liebster Blog Award. La faute à Nora aussi qui m’a désigné, vous l’aurez compris.

Les règles sont très simples, grosso modo elles consistent en ce qui suit:

  • mettre un lien vers le blog qui vous a nommé, et dans notre cas c’est
  • Ecrire 11 faits sur soi ,
  • Répondre aux questions posées par la personne qui vous a nommé et en créer 11 nouvelles pour les blogs que vous choisirez
  • Choisir vos 11 favoris en créant un lien vers leur blog
  • Informer vos sélectionnés sur leur page.
  • Ne pas choisir la personne qui vous a sélectionné.

11 choses sur moi:

  1. J’ai longtemps souffert d’un complexe d’infériorité à cause de post-nom qui est particulièrement long: Rhukuzage.
  2. Je suis trop bavard, faudrait que j’apprenne à me controler un peu.
  3. Je boie trop, je ne suis pas alcoolique mais bon, on ne change pas l’équipe qui gagne, et puis, restons simple.
  4. J’ai 4 passions: le jazz, la rumba, le football et les mangas japonais (restons simple, j’ai dit). Vous remarquerez que mes billets ont toujours un rapport avec ces différents sujets. Ou non?
  5. J’adore apprendre des nouvelles langues notamment par la musique. Une de mes grandes astuces c’est de connaître les hymnes nationaux de différents pays. Je chante parfaitement Fratelli d’Italia, la marseillaise, l’hymne congolais, portugais, allemend (Uber alles), brésilien…
  6. J’aurai voulu être un fin danseur de zouk et de tango, je demanderai des conseils à Nora.
  7. Je suis toujours disposé à aider les autres et je me sers toujours en dernier.
  8. Mon père et ma mère me manque même si j’ai déjà 27 ans.
  9. J’adore la politique et j’y dédie une large partie de ma vie.
  10. Il m’arrive d’être très triste, je crois être un solitaire… Là je doute de me faire comprendre. Ma solitude c’est surtout un état d’esprit.
  11. Je m’appelle Serge Katembera et je vis au Brésil.

Ma réponse à Nora: 

  1. Mon blog s’appelle Carioca Plus et il parle de ma passion pour le Brésil. Attention, je ne suis pas un vendeur. Les cariocas sont les habitants de Rio de Janeiro. Ce nom est juste une stratégie de marketing parce qu’en fait, je n’habite pas à Rio.
  2. J’ai deux couleurs préférées, le bleu et le beige. Je les trouve très élégants c’est tout.
  3. Mon chiffre préféré c’est le 31 parce que c’est ma date de naissance et que c’est rare de rencontrer des gens né un 31 janvier. Pourtant j’en ai rencontré à Dakar à l’auberge Thialy. Coucou Chantal
  4. Mon rêve le plus cher est d’être sócios du clud de football Arsenal de Londres.
  5. Je crois que je suis têtu et je reconnais rarement avoir besoin d’aide, c’est mon grand défaut Nora.
  6. Mon côté positif, c’est ma dédication, mon engagement et le respect des délais. Là, je dois bien me vendre un peu.
  7. J’ai deux  mentors: mon père et ma professeur de « Théories de la démocratie », Ana Montoia. Cette dernière m’a quasiment adopté depuis mon arrivée au Brésil et c’est grâce à elle que je suis devenu une bête de travail et que j’ai gagné en qualité.
  8. Changer quelque chose dans mon existence? Je demanderai plus d’années de vie pour mes parents.

    Crédit photo:  Papa November -  Wikimedia Commons
    Fiédor Dostoiévski. Crédit photo: Papa November – Wikimedia Commons
  9. J’ai deux citations préférées, l’une est de Sartre et l’autre de Dostoiévski. Sartre: « Sur cette terre qui saigne toute joie est obscène et les gens heureux sont seuls ». Doistoiévski: « Celui qui a une conscience souffre en reconnaissant son erreur. C’est son châtiment, indépendamment de la prison ». (Crime et Châtiment).
  10. Je ne vois pas quel symbole pourrait me représenter, Nora.
  11. La jeunesse est le futur de l’Afrique et c’est par elle que l’universalisme est possible. Je ne comprends que trop mal le Panafricanisme, il a tellement de variétés.

Je lance mes questions aux 11: 

  1. Pourquoi vous bloguez?
  2. Avez-vous déjà voyagé et qu’est-ce que cela vous a apporté. Si vous n’avez jamais voyagé, qu’attendez-vous?
  3. Quel est votre livre préféré et me le conseillez-vous?
  4. Que pensez-vous du terrorisme?
  5. Le Brésil peut-il gagner la Coupe du Monde en 2014?
  6. Etes-vous un grand religieux?
  7. Avez-vous déjà aimé deux femmes (hommes) en même temps?
  8. Que pensez-vous du nouveau pape?
  9. Quel est votre rapport au cinéma? C’est quoi votre film préféré?
  10. Comment faites-vous pour gérer votre blog et vos relations dans la vie? Où trouvez-vous l’équilibre nécessaire dans tout ça?
  11. Vous aimez la cuisine chinoise? Moi j’avoue que non.

Ma liste des 11 élu(e)s: 

  1. Marek Lloyd jeune mais déjà bourré de talents
  2. Adj Ma El le silence est d’or
  3. Aurore charmante
  4. Nicolas que dire?
  5. Rija Sympathique
  6. Fofana très ouvert
  7. Faty Sankara, militante implacable
  8. Ribio Nzeza, de CongoMbonda… le meilleur d’entre nous!
  9. Cireas passionné de football comme moi
  10. Patient Ligodi mon frère de toujours
  11. Moussa Bamba, l’homme. J’ai vraiment adoré nos conversations et ta disponiblité pour faire de moi un geek.

Bon les gars, à vous de jouer… et n’oubliez pas de dire merci à tonton David qui a décidé de nous pourrir la vie.


Mama África chante la samba

https://3d-car-shows.com/2013/miriam-makeba-mamma-africa/
Hômmage de google à Miriam Makeba qui aurait eu 81 ans en 2013.

En 2008, année de mon arrivée au Brésil, j’ai suivi des cours intensifs de portugais à l’université. Ce fut alors mon premier vrai contact avec un style musical qui n’allait plus jamais quitté le fond de mon âme : la samba.

A l’occasion, mes professeurs utilisaient certaines « méthodes expérimentales » d’enseignement de la langue aux étrangers, qui devait se faire par une immersion totale dans la culture locale, à savoir la brésilienne. C’est ainsi que j’ai écouté pour la première fois Mas que nada interprété par Milton Nascimento.

Il y a peu, j’ai été agréablement surpris en découvrant une version plutôt rare de Mas que nada remixée par une certaine « mama África » comme on la connait ici : j’ai nommé, Miriam Makeba.

Le morceau n’est ni de Miriam Makeba ni de M. Nascimento, c’est au contraire l’oeuvre d’un autre monstre sacré de la MPB (Música Popular Brasileira) Jorge Ben Jor. Cette chanson a été reprise par des stars de la musique internationale comme Al Jarreau – que j’aime particulièrement – et Ella Fitzgerard.

Cette chanson culte est magnifiquement interprétée par la star sud-africaine, son portugais est absolument remarquable, l’articulation est juste incroyable… Miriam Makeba surclasse la version de Nascimento (que j’adore également).

La « reprise » de Miriam Makeba date de 1967, soit 4 ans seulement après la version originale de Jorge Ben Jor. C’est un mélange très réussit de samba et de Maracatu –  la « batida qui rend hommage aux rois du Congo ».

Je trouve assez intéressant que mama áfrica fasse une telle tentative mixant samba et maracatu à l’époque, elle qui n’avait évidement pas un profond contact avec le Brésil. Mais bon, n’essayons pas de comprendre les artistes. Leurs voies sont souvent aussi impénétrables que celles de Dieu.

D’autres artistes se sont lancés dans un effort de rénovation de la musique  – de la samba notamment – brésilienne en passant par l’introduction du jazz. C’est dans cet ordre qu’il faut inscrire la Bossa Nova dont La fille d’Ipanema d’António Jobim et Vinícius de Moraes demeure le plus grand succès.


Il était une fois au Maracanã

Le nouveau Maracanã est presque prêt  En juin, l’équipe de “Sa majesté” la reine d’Angleterre viendra y écrire une nouvelle page de l’histoire du football. Le temple du « sport roi » a pris trois ans pour être réformé avec à la clef un budget colossal à l’image de sa grandeur.

Pour le premier événement du nouveau Maracanã, les ouvriers qui ont aidé à refaire le nouveau stade étaient invités avec leurs familles à assister à un match de gala qui opposait « les amis de Ronaldo » – auteur d’un but somptueux – « aux amis de Bebeto ». La présidente Dilma Rousseff était également présente.

Le nouveau Maracanã a une capacité réduite à un peu moins de 70 000 personnes alors que l’ancien pouvait supporter plus de 150 000.

Le Maracanã est plus vieux que Pelé. En fait, la légende de ce monument du sport commença avec des Leonidas – l’homme qui inventa la bicyclette du football – et des Didi, mythique joueur du Real Madrid: El inventor de la “folha seca”.

Il est est aussi le symbole d’un des plus mauvais souvenir de l’histoire du sport brésilien; c’est là qu’en 1950 eu lieu le fameux maracanaço, cette cuisante défaite du Brésil (1-2) face à une sélection d’Uruguay qui commençait à écrire son histoire céleste.

Les brésiliens l’adorent et le haïssent en même temps. Sur ses pelouses, Zico planta ses 300 buts écrivant les plus belles pages de l’histoire de Flamengo – le club du peuple -. Récemment Adriano et Pechkovic y soulevaient la dernière coupe nationale du géant club Carioca.

Le mythique stade de Rio de Janeiro fut le temple du plus grand artiste du ballon rond, Mané Garrincha – l’étoile solitaire –, époux de la chanteuse Elza Soares; le seul joueur que les brésiliens placent devant Pelé au Panthéon du football.

Garrincha faisait rire les 200 000 personnes qui allaient voir ses dribbles en ces après-midis ensoleillés de Rio de Janeiro. Ses adversaires, eux ne riaient guère.

Que d’histoires ! C’est aux Neymar, Lucas, Oscar, Damião d’y ajouter des lignes. Ou peut-être aux Mario Gotze, Marco Reus et autres Marco Verratti… pour un nouveau maracanaço ?

Bonus d’Elza Soares ici et .


Togo-Bénin: « Dois africanos », le hip-hop veut conquérir le Brésil

Togo et Bénin, deux pays que je connaissais très peu avant de rencontrer deux jeunes talents, Izy Mistura “Hervé” et “Big” le rebelle plein de vitalité et d’engagement. Ils se dédient avec passion à la promotion de leur premier album justement baptisé Primeiro passo.

Photo couverture du CD

 

 

 Dans la plus grande métropole de l’hémisphère sud – São Paulo – ils se créent leur petit chemin et enregistrent Primeiro Passo, l’album qui doit les lancer. Dois africanos est un duo engagé dans la promotion de la culture africaine, ils chantent l’interculturalité afro-brésilienne. Leur particularité c’est aussi les atouts linguistiques qu’ils apportent , jaugeant parfaitement l’Anglais, le Français, le Portugais dans leurs morceaux, mais bien entendu aussi le Mina et le Fon – authenticité oblige.

Je vous laisse découvrir les artistes…

Interview

Carioca Plus: Qui sont DOIS AFRICANOS à l’état civil ?

Dois Africanos : Dois Africanos c’est Izy Mistura à l’état civil Hervé Baba est un étudiant togolais en traduction et Opai BigBig de son vrai nom Vivian Mouvi, étudiant béninois en diplomatie et relations internationales.

Carioca Plus: Comment le Togo et le Bénin se rencontrent dans cette aventure ? Est-ce que vous souhaiter faire passer un message avec cette association ?

Dois Africanos : Nous sommes arrivés au Brésil chacun avec son histoire et relations passées avec la musique. Mais on est venu pour les études, on échangeait la soirée du 14 février 2012 à Joao Pessoa quand chacun a découvert un plus chez l’autre de là on a décidé de monter le duo. Nous voulons montrer au peuple africain de la Diaspora qu’ensemble on est meilleur.

Carioca Plus: Vous vous dédiez à la musique à temps plein ? Avez-vous d’autres projets à long terme ?

Dois Africanos : On se dédie beaucoup à la musique. Notre souhait est d’atteindre un grand niveau avec la musique afin de faire tomber les masques sombres qui cachent les vraies faces et couleur du continent africain.

Carioca Plus: Vous êtes d’origines francophones, si on peut le dire ainsi, et vous avez dû apprendre le portugais pour toucher le public brésilien. Est-ce que cela fait aussi parti de votre détermination ?

 dois africanos

Dois Africanos : On a dû effectivement apprendre le portugais afin de pouvoir suivre nos cours qui se passeront en portugais et nous chantons aussi actuellement en portugais parce que la langue est le facteur principal de la communication et si nous voulons communiquer avec le public brésilien faudrait bien chanter en portugais. Mais il y a toujours des traces du français, anglais et nos langues africaines sur l’ensemble de nos œuvres car nous visons bien plus que le Brésil, la terre entière.


Carioca Plus
: Ça prouve aussi qu’on peut être artiste musicien et investir dans les études, c’est devenu de plus en plus utile d’ailleurs.

Dois Africanos : Si, étudier c’est se cultiver. Savoir avec exactitude les sujets qu’on développe dans ces chansons est d’une importance capitale. En plus la réalité africaine d’aujourd’hui fait que le continent a besoin d’intellectuels. Tout est question d’organisation. Déjà que la musique est vue comme étant le travail des ratés scolaires, nous voulons prouver avec certains devanciers qu’on peut bien combiner les deux. Travailler sans se distraire c’est être triste, se distraire sans travailler c’est être maboul. Les deux vont de paire. On peut bien étudier et faire de la musique.

 

 bigy-le-rebel

Carioca Plus: On sent quand même que le Portugais occuppe plus d’espace dans vos chassons, est-ce un choix stratégique ?

Dois Africanos : Effectivement, c’est un choix stratégique pour être sûr que nous avons l’audition brésilienne.

Carioca Plus: qui écrit vos chanssons ?

Dois Africanos : Nous deux, l’un trouve l’idée et chacun écrit sa partie ensuite ensemble on enrichit le tout pour être bien en accord avec le développement de chacun.

Carioca Plus: Racontez-nous comment a été l’expérience du studio, ce n’était la première pour toi Big? Izy ?

DSC00214Dois Africanos : Ordinaire… Déjà au Togo Izy Mistura avait enregistré pleins de morceaux avec son collectif et des collaborations avec d’autres artistes. Opai BigBig aussi de même alors çà a juste été un retour à ce qu’on faisait déjà mais faut dire que la technique d’enregistrement d’ici est différente de la nôtre mais l’ingénieur a bien sûr surmonté les barrières pour se retrouver dans notre univers. C’est des moments inoubliables de partage de savoir faire pour nous…

Carioca plus: Dans le morceau intitulé Eu sou de lá, on sent bien votre intention de dire vos origines, mais sans une envie d’agresser  mais plutôt d’intéresser les gens à votre culture. Mais, je constate aussi le singulier employé dans le titre alors que vous êtes deux…

Dois Africanos : C’est vrai que ce morceau c’est une réclamation de nos origines dans ses états véritables. Nous avons dû utiliser le singulier pour montrer que vivant la même réalité chacun à une notion personnelle selon sa conception de ses vécus.

Carioca Plus: que pensez-vous des styles musicaux brésiliens comme la Bosa-nova, la Samba, le Funk qui prend de l’ampleur dans les favelas? Ils vous inspirent ? Pensez-vous à les additionner à votre répertoire très varié ?

Dois Africanos : Nous respectons beaucoup la richesse des genres musicaux brésiliens surtout la force de sa consommation locale. Nous nous inspirons si, dans le sens où on l’écoute pour apporter un plus pour éviter l’effet DEJA VU !!! Bien sûr que nous allons additionner çà à notre répertoire déjà sur Primeiro Passo il y a un dernier morceau qui a été proposé à la dernière minute qu’on a déjà écris mais pas encore enregistré à l’instant T. C’est le morceau « Pop Samba » qui sera un genre de samba avec des rythmes et couleurs hip hop et  pop.

Carioca Plus: Un message pour le public africain ?

Dois Africanos : Nous sommes d’une terre qui est très très mal connue au-delà de ses frontières. L’Afrique a besoin de ses fils. Le petit grandira reprendra le même chemin que l’ancien, alors que les aînés œuvrent pour être un authentique exemple pour les plus jeunes. Rien n’est impossible quand on a la volonté et la détermination. La motivation est le moteur de la réussite. Merci beaucoup à vous et du courage pour Carioca Plus et tous les africains qui se battent pour que la lumière qui est appelée Obscurité retrouve son nom.

Carioca Plus: Pour plus d’info sur vous comment peut-on faire ?

Dois Africanos : Nous sommes joignables sur notre page Facebook :

https://www.facebook.com/pages/Dois-Africanos/289692944459871

 

 

 

Notre blog :

https://doisafricanos.blogspot.com.br/

 

Notre mail :

doisafricanos@gmail.com

 

Carioca Plus: Un mot de fin ?

Dois Africanos : Croire en soi même si non les autres ne le feront pas. Comme quoi la charité bien ordonnées commence par soi même.

 

https://www.youtube.com/watch?v=1epm5A10Brk

Et le bonus