Serge

J’ai revu la filmographie de Steve Mcqueen

photo by Loren Javier on flickr.com
photo by Loren Javier on flickr.com

Entre la rédaction de mon travail de fin d’études et la préparation d’autres projets, j’ai passé ce mois d’août à revisionner la filmographie de Steve Mcqueen. La faute à Jean-Baptiste Thoret et Stéphane Bou qui animent une excellente émission sur France Inter. Cette été, ils ont consacré une émission au King of cool

Non seulement je me propose de parler du phénomène Steve Mcqueen, mais j’ai aussi décidé de commenter certains de ces films et de vous les recomander chaudement.

Comme il le disait lui-même: « je n’ai pas été mis au monde, j’ai été jeté dans le monde », Steve Mcqueen évoquait là le souvenir d’une mère qui l’avait abandonné n’ayant pas les moyens de s’en occuper toute seule. Alors, entre des passages dans des centres de redressemens pour jeunes délinquants à l’armée, Steve Mcqueen est forgé dans le fer. Une trace que l’on retrouvera dans plusieurs de ses personnages au cinema.

https://joeblack1978.deviantart.com/art/Steve-McQueen-214766444
Affiche de Bullitt, crédit photo: JoeBlack1978

Acteur  laconique, Mcqueen aurait pu faire succès à l’époque du cinema muet. Tout son corps parle, son visage dévoile plusieurs expressions selon les phases émotionnelles de ses personnages.

D’un fort caractère, il ne cachait pas son mépris pour certains acteurs très connus de l’époque, comme Yul Brynner, le fameux Ramses II aux côtés de Charlton Heston dans Les dix commandements. Malgré cette haine mutuelle que nourrissent les deux personnages, leur unique film ensemble est un succès rétentissant. Qui n’a pas vu les Sept mercenaires, cette belle reprise sous forme d’un western du chef-d-oeuvre de Kurosawa, Les sept samurais?

Le thème des Sept mercenaires reste par ailleurs légendaire. C’est vraiment ce film qui le fait rentrer dans la cour des grands car il y côtoie également Charles Bronson, Robert Vaughn et James Coburn.

Les meilleurs films

Difficile d’en choisir; et surtout sur quel critère? Je vais donc en citer quelques uns qui m’ont marqués, sans spoliers, soyez tranquiles.

 

Edward G. Robinson, image CC on Wikimedia Commons
Edward G. Robinson, image CC on Wikimedia Commons

The Cincinnati Kid: Le meilleur film jamais réalisé sur le poker. Je me suis mis à imaginer Steve Mcqueen dans « Casino Royal », la ressemble avec Daniel Craig ne vous a sans doute pas échappée. Il y a trois raisons pour voir ce film a tout prix; d’abord, pour the king of cool, ensuite pour l’excellent second rôle de Edward G. Robinson. Sa replique à la fin du filme est magistrale; une allumette en feu à la main qu’il pointe en direction de son opposant: « la vie est ainsi faite. Vous êtes très fort, mais tant que je serai là vous n’aurez que la seconde place. Il faudra vous y faire mon garçon »… enfin, la cerise sur le gateau, la bande originale du film interprétée par Ray Charles… monumental!

La canonnière du Yang-Tse: est un chef-d-oeuvre de trois heures tournée en Asie et mettant en scène les débuts de la guerre civile chinoise. Vous ne sentirez probablement pas le temps passer.

Papillon: dans ce film on voit aussi Dustin Hoffman faire ses débuts, il émerge comme l’un des futurs grands acteurs d’Hollywood. C’est un film intéressant mais pas plus, c’est surtout le casting qui attire. https://en.m.wikipedia.org/wiki/File:Steve_McQueen.png

Tour infernale: je me demande combien de films ont été fait dans le monde où l’on ne voit le héro apparaitre qu’au bout d’une démie heure. Si vous en trouvez, je veux bien voir. Là encore le casting est monumental, on retouve des monstres d’Hollywood comme Paul Newman, Robert Vaughn, Richard Chamberlain (Les oiseaux se cachent pour mourir), Fred Astaire ou Faye Dunhaway.

L’affaire Thomas Crown: Faye Dunhaway était beaucoup plus jeune et moins connue avant le tournage de ce film. Steve Mcqueen aurait longtemps hésité avant de l’accepter dans ce rôle, mais le résultat est très convenable. Film policier qui montre une facette peu connue de Mcqueen.

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Dans « La grande évasion » – photo by gp314 on flickr.com

Guet-apens: c’est l’un des meilleurs films d’actions avec Steve Mcqueen. Une petite annecdote entoure le mythe de ce thriller: Steve Mcqueen a entretenu une liaison avec Ali McGraw la femme du président de Paramount pendant le tournage. Ce dernier, ayant eu vent de l’affaire, demanda à ce qu’on les laissa tranquile parce que le film ne s’en porterait que mieux. The Getaway réalisa une recette de U$36,734,619.

Steve Mcqueen dans Bullitt, photo by theleetgeeks on Flickr
Steve Mcqueen dans Bullitt, photo by theleetgeeks on Flickr

Bullitt: Je parlais plus haut de bande originale, celle de Bullitt est aussi un classique. Selon la légende, ce film est l’archétype du blockbuster, c’est le modèle à suivre pour tout acteur qui veut devenir une icône mondiale. Avec Robert Duvall et Robert Vaughn (encore), Steve Mcqueen pose les fondations du mythe du héro américain, justicier et droit.

 P.S: le petit-fils de Steve Mcqueen joue dans la série The Vampire Diaries. Je ne la regarde pas simplement parce que les histoires de vampires ne m’intéressent pas.

Ne pas confondre LE Steve Mcqueen (the king of cool) avec le réalisateur noir-américain du même nom qui a notamment dirigé Shame.


La dame en rouge et le faiseur de miracles

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La charmante Dilma Rousseff, présidente du Brésil – Crédit photo: Isaac Ribeiro on Flickr.com

Une nouvelle rubrique sur ce blog portera sur les évenements les plus insolites au Brésil.  Il sera également question de quelques phénomènes culturels typiques du pays de la samba. Aucune logique n’est recherchée, il s’agit tout simplement de selectionner, chaque mois, deux ou trois choses qui me paraissent hors du comum ou curieuses.

Pour débuter, j’ai choisi deux faits qui, ma foi, ont tout de même un rapport l’un avec l’autre, car les principaux personnages de ce billet se sont rencontrés récemment.

La dame en rouge

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Image: Flickr.com CC

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais la présidente du Brésil utilise rarement une autre couleur que le rouge. Et croyez-moi, ce n’était pas dans ses habitudes à l’époque où elle était le chef du cabinet du président Lula. Dilma Rousseff multiplie les sorties publiques et les voyages internationaux, cependant le rouge de sa veste ne la quitte jamais.

Mais remarquez, son styliste a de la suite dans les idées vu que pour chaque aparition publique, le modèle de la veste change comme on peut le voir ci-dessous. Regardez surtout le col de la veste et la manche qui apportent à chaque fois un petit détail différent.

Dilma Roussef via Wikimedia Commons, CC
Dilma Roussef via Wikimedia Commons, CC

Y-a-t-il une explication pour le choix de cette couleur? Côté communication, cela pose-t-il un problème?

De prime abord, je dirai qu’elle porte les couleurs du Parti des travailleurs (PT) appartenant à la gauche progressiste brésilienne. Tout s’explique alors? Et bien, pas tant que ça car Lula ne mettait jamais du rouge, à part quelques rares cravates, mais ce n’était pas sa règle d’or. Cela a peut-être un rapport mais son équipe de football préférée, Internacional de Porto Alegre porte également le rouge? Elle n’est peut être pas la femme la plus influante du monde, mais c’est certainement la plus élégantes des femmes dirigeantes (quoi qu’une certaine jamaicaine ne me laisse pas totalement indifférent). Dilma Rousseff a un status de brésilienne à défendre tout de même.

https://pt.m.wikipedia.org/wiki/Ficheiro:Dilma_Rousseff_and_Barack_Obama_2012.jpg
Dilma Rousseff and Barack Obama 2012, CC on Wikimedia Commons

Simple question esthétique, donc? Il faut avouer que le rouge lui va bien, même si à long terme on pourrait s’en lasser. De toute évidence, celle qu’on appelle affectuesement ici « Dona Dilma » ne passe jamais inaperçue où qu’elle aille… qui peut passer à côté d’un rouge si vif?

Touché par la grâce

Je disais dans un article sur la venue du Pape François aux JMJ qu’il avait opéré au moins deux miracles et qu’il était bien parti pour se être canonisé par l’un de ses successeurs. Le moins que l’on puisse dire c’est que la tendance se confirme.

tTiens, elle était en bleu pour la visite du Pape. Un autre miracle de l'argentin?  Crédit photo: Blog do Planalto on Flickr.com CC
Tiens, elle était en bleu pour la visite du Pape. Un autre miracle de l’argentin? Crédit photo: Blog do Planalto on Flickr.com CC

Depuis son passage au Brésil, le Pape François a complètement changé l’attitude de certains politiciens ici, certains allant même jusqu’à le déclarer ouvertement. C’est le cas du gouverneur de Rio de Janeiro, Sergio Cabral qui a affirmé « avoir été touché par le Pape, et qu’il avait décidé d’être plus humble en écoutant un peu plus le peuple ». Etonnante affirmation de celui dont la maison été assiégée depuis des mois par des manifestants, avait-il du coton dans les oreilles? Le Pape les a peut-être rétirés par un miracle qui sera bientôt confirmé par le Vatican.

 Crédit photo: Semilla Luz on Flickr.com CC
Crédit photo: Semilla Luz on Flickr.com CC

En général trés conservateurs, les autorités de Rio et São Paulo font volte-face sur les principaux dossiers brullants, notamment l’organisation des JO et du mondial qui coûtent une fortune aux coffres publiques.

Récemment, c’est le maire de Rio qui a déclaré que « l’organisation des JO à Rio de Janeiro était absurde! »(video) Alors, lui aussi touché par la grâce?

 


Polémique après le pardon de la dette congolaise par le Brésil

Dilma Roussef via Wikimedia Commons, CC
Dilma Roussef via Wikimedia Commons, CC

Les temps changent. Au Brésil, il passe plus vite qu’ailleurs on dirait. Au début des années 1990 ce pays s’enfonçait dans le gouffre d’une dette internationale dont on ne savait que faire. Le Consensus de Washington, avec ses politiques d’austérité, avait détruit l’effet de croissance de toute l’Amérique Latine mettant l’Argentine à terre alors que les Brésiliens tremblaient devant une catastrophe économique annoncée.

Pourtant, vingt ans plus tard, le Brésil a liquidé ses dettes avec le FMI et la Banque Mondiale, devenant au passage l’un des bailleurs de fonds. Dilma Rousseff a annoncé dans la foulée l’annulation de la dette de 12 pays africains dont la RDC, une dette qui s’élève pour l’ensemble de pays à 900 millions de dollars.

L’affaire a provoqué une petite polémique dans les milieux spécialisés (voir ici).

Ces dernières années, le Brésil a radicalement changé sa politique vis-a-vis de l’Afrique et de l’Amérique Latine, notamment par des programmes d’études universitaires, d’échanges culturels et autres. Dans le cadre de cette diversification de son économie, l’ouverture à l’Afrique est une excellente opportunité. Il faut rappeler que le premier partenaire économique du géant des Brics est la Chine.

Selon le sociologue Pedro da Motta Veiga, le Brésil devrait, je cite “regarder de plus près la qualité politique des gouvernements pour lesquels ce pardon de la dette s’adresse. La projection internationale du Brésil en Afrique est souhaitable, les bénéfices économiques pour les entreprises brésiliennes sont réels, mais ces gouvernements là sont-ils légitimes et démocratiques ?”.

Une importante partie des spécialistes critiquent donc cet aspect de la coopération sud-sud lancée par le Brésil. Je dois avouer que cela m’interpelle pour le cas de la RD Congo dont la dette a également été pardonnée.

En même temps, on sait que pour le Brésil il s’agit de faire face à la pression chinoise dans le continent illustrée par la construction de ce stade au Gabon, ou du palais omnisports au Cameroun. Néanmoins, les spécialistes alertent que se lancer dans une guerre d’influence contre la Chine serait suicidaire pour le Brésil.” Une guerre perdue d’avance.

Il est important qu’ici aussi un débat public soit engagé sur l’opportunité de pardonner ces dettes à des pays autoritaires comme la RDC, par exemple. Pour un expert de la Royal African Society de Londres, le pardon de la dette ne change pas grand chose car les pays bénéficiaires continuent de pratiquer les mêmes politiques corrompues d’avant”.

Malgré la ferveur du débat dans la presse brésilienne (et peut-être congolaise) on est loin de croire que la vie des congolais aura fondamentalement changé même après ce pardon. Car comme le dit cet expert britannique, la RDC demeure ce “grand trou dans le cœur de l’Afrique, un pays incapable de développer les fonctions normales d’un Etat…”

 


Rentrée estivale pour Dois Africanos

Izy Mistura et Big Le rebel en concert
Izy Mistura et Big Le rebel en concert

Le succès arrive enfin…

Depuis la sortie de leur clip “Eu sou de lá” la vie des Dois Africanos a quelque peu changé, raisonnablement tout de même car il y a aussi la fac a gérer mais de plus en plus le regard des personnes dans les rues change, dans les cafés, les bars, on les reconnait tout de suite, on leur demande des photos. Pas étonnant, car il suffit de voir sur Youtube que Eu sou de lá flirte désormais avec la barre des 50 mille visualisations en deux mois de publication.

Les deux jeunes artistes ont pris une nouvelle dimension, ils sont l’événement musical de l’été dans l’Etat. Tous les jours, ils sont sollicités pour des interviews sur toutes sortes de médias; internet, radio ou télévision (Photos)

Je l’avoue, ils ne laissent pas les femmes indifférentes. D’ailleurs, c’est le lot de toutes les stars.

Izy, il est beau n’est-ce pas?” Combien de fois me faudra-t-il repondre à cette question à la fin. Ma reponse est la même à chaque fois: “aucun homme n’est beau pour moi, sauf un steward que j’ai vu dans l’avion de TAM”. C’est le chouchou de ces dames sans aucun doute, il a ça en lui, la star attitude.

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Dois Africanos avec l’équipe de télévision UFPB

La nuit du vendredi…

Vendredi soir, je téléphone Biggy: “hey man, je peux passer chez toi avec une amie?”

– je suis en plein répétition là, mais vas-y m’attendre, je reviens dans une heure.

Une heure plus tard les voilà qui poussent brutalement la porte de l’appartement qu’ils louent dans un quartier de classe moyenne à João Pessoa; c’est non loin de chez moi. Tout de suite, on sent que Biggy est dans la pièce, son énergie contamine la Tour de Babel qu’est devenu son apê (c’est le diminutif d’appartement ici). On y parle toutes les langues possibles: l’anglais, le français, le portugais, lingala, le fon, le mina; on n’y risque même l’italien – une passion que je partage avec Izy.

 

Il est 22 heures et samedi c’est leur grande rentrée artisitique dans la capitale de Paraíba. Il viennent de faire cette mini-tournée au sudeste du pays, à Rio où ils se sont produits dans plusieurs endroits à l’occasion de la fête d’indépendance du Bénin. L’ambassade les avait invités.  On aborde tous les sujets: politique, sous-développement en Afrique, le talent de guitariste de Jimi Hendrix et de Docteur Nico Kasanda, les rythmes musicaux de Côte d’Ivoire et leur ressemblance avec le Soukous congolais, le Ramadan au Brésil… on ne voit pas le temps passer.

Jusqu’au moment où Biggy se retire pour parler avec son grand-père. Il faudra lui demander après d’en parler. On se quitte donc, mais rendez-vous le 10 août pour ce fameux concert.

A l’Espaço Mundo…

Espaço Mundo à João Pessoa, crédit photo: Leonardo Accioly Fotografia
Espaço Mundo à João Pessoa, crédit photo: Leonardo Accioly Fotografia

 

Au Brésil quand on vous dit qu’un concert commence à 22 heures, ne soyez pas pressé d’y aller. C’est donc à 23 h 30 que j’arrive à l’endroit prévu avec un groupe d’amis brésiliens, l’endroit est déjà pris par plusieurs centaines de personnes décidées à se défouler, la plus part d’entre eux sont des jeunes étudiants. Les cours vont très fort en cette période d’examens, ce concert tombe donc à pic. L’Espaço Mundo est un bâtiment historique comme il y a en a des centaines dans le centre de la ville, l’endroit est très fréquenté par des groupes de rocks, samba, pagode ou forró. Mais ce soir, l’évenement c’est bien ce concert hip hop de Biggy et Izy qui se font déjà attendre.

Marek Lloyd
Marek Lloyd

Mais la stratégie des organisateurs était bien celle-là: chauffer le public avec quelques morceaux choisis et surtout avec un jeune rappeur togolais – que je savais blogueur –, Marek Lloyd. Cette soirée s’annonce différente de toutes celles qu’on a connues ici. Dès les premières rimes de Lloyd, je peux clairement distinguer une voix à quelques mettres dire : “ele manda bem geral” (il déménage grave ce gars). Le ton est donné, les brésiliens savent à quoi s’en tenir, mais se doutent-ils vraiment de l’ampleur de ce qu’ils vont voir ce soir?

Crédit photo: Thercles Silva l Fotografias
Crédit photo: Thercles Silva l Fotografias

Il est plus de minuit, le DJ tient le public en attendant l’arrivée des deux chanteurs, l’ambiance est folle, on peut même écouter une version plutôt originale de Billie Jean, après quoi le DJ fait délirer tout ce beau monde – moi y compris – lorsqu’il joue du Azonto… A ce moment là, j’abandonne mes airs sérieux d’intelectuel désoeuvré et je saute, crie et risque quelques pas que j’ai vus dans le clip. Ensuite Pertnaz, un rappeur de la place qui collabore avec le duo africain, entame son show d’improvisation.

Ça y est, la salle est chauffée au charbon et Dois Africanos enfin font leur entrée sur scène. Et c’est encore un moment à part. Auparavant, le rideau s’était fermé masquant le podium surrélevé à presque trois mettres de hauteur de l’endroit où se tenait le public. Lorsqu’il s’ouvre enfin, on voit un Biggy imposant vêtu d’un boubou rouge et coiffé d’un gobi, une espèce de bonnet qu’affectionnait Eddy Murphy dans Un prince à New York. Izy Mistura s’est également mis en mode boubou –  pour lui ce sera le bleu. Ils sont dos au public et la salle comble est transcendée par leur aura. Oui, Biggy impose sa présence où qu’il soit et ce soir ses pouvoirs sont multipliés par dix (je l’ai vu la veille invoquer son grand-père pour lui donner des forces supplémentaires).

crédit photot: Thercles Silva l Fotografias
crédit photot: Thercles Silva l Fotografias

DJ Alf “lance les hostilités” mais le duo ne dit encore aucun mot. Biggy est figé tel un monument, les yeux fermés, ses lèvres s’ouvrent à peine et on imagine seulement cette petite prière qu’il improvise avant de gratifier son public de tout son talent de rappeur. A ses côtés, le moins spirituel – mais tout aussi captivant – Izy est très concentré. Je dévine alors qu’il sortira sa meilleure voix ce soir.

Et puis c’est finalement parti avec “Primeiro passo”. A João Pessoa, certains de leurs morceaux sont déjà sur toutes les lèvres, le public chante donc avec eux. La chanson raconte leurs premiers pas au Brésil, les difficultés, le défi relevé puis remporté car ils sont intégrés et adoptés par tout un peuple. Moi, j’attends toujours mon tube préféré, Eu vou cantar (Je vais chanter) c’est une de ces chansons dont les paroles n’importent presque pas dans la mesure où le rythme est excellent et l’arrangement très réussi. Il arrive après quatre jolis morceaux. Personne n’a eu le temps de souffler et là, il faudra sortir ses dernières forces (même pour le public). Après tout, il faut être à la hauteur de cette chanson. C’est tout de suite la folie, les paroles sont simples, sobres et disent à peu près ceci : “eu vou cantar, você vai dançaaar… dançaaar, comigo” (Je vais chanter, tu vas danseeer… danseeer avec moi). Pour moi c’est l’apothéose de la soirée. Malheureusement, il ne m’ont pas entendu crier “biiiiisssss!!!”.

 

J’avais tout fait pour me placer aux premiers rangs, mais subitement je me retrouvais derrière cinq ou six lignes. Des jeunes filles avançaient à la queue leu leu, bousculant tout ce qui se trouvait entre elles et Izy Mistura. Bien au dessus de nos têtes, celui-ci ne se doutait pas que ces filles – littéralement à ses pieds – avançaient comme tétanisées, hypnotisées et aimantées par son charisme venu tout droit du Togo… elles avaient la tête levée et ne regardaient guère où elles posaient les pieds. Finalement elles y étaient, au premier rang, juste en dessous du podium.

Dix morceaux plus tard, on peut enfin souffler. Le concert est terminé et tout le monde veut sa photo avec Dois Africanos, ils veulent tous monter sur le podium, mais à peine certains y parviennent. Rien de grave, puisque quelques minutes après, les deux chanteurs sortent des coulisses pour complimenter les fans. Chacun est enveloppé dans son drapeau national, ils veulent toujours passer ce message qui dit leurs origines.

C’est finalement une soirée réussie à laquelle nous avons participé. La nuit est avancée, il faut maintenant se séparer. Après une dernière photo qu’on prend ensemble, Biggy me souffle qu’il rentre se reposer chez lui. C’est avec cette promesse faite à moi-même que je prends le bus qui me ramène enfin chez moi: “je ne perderai pas leur prochain concert”. 

 


La dangereuse excursion du FC Santos

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Neymar_Barcelona_presentation_2.jpg
Neymar Barcelona presentation, crédit photo: Basc catala on Wikimedia Commons

Le football est un sport incroyable. Il y à peine un mois l’image du football brésilien était au sommet du monde grâce à l’écrasante victoire de la Seleção face à la Roja (qui n’est plus la fúria) en Coupe des Confédérations. Hier, vendredi, le F.C Santos, en quête d’argent est allé gentiment se placer dans l’abattoire du Camp Nou. 

Le site internet de la chaîne Espn Brasil monstrait son désarroi par un sévère « Constragedora! » – honteux – . Pour parachever le transfert de la star Neymar vers le F.C Barcelone, les deux clubs ont prévu de réaliser un  match amical cet été afin de permettre à « l’ancienne maison » de Neymar de gagner un peu plus d’argent. Certains journalistes affirmaient que c’est une belle manière de « couvrir » le véritable coût du transfert de Neymar (qui dépasse les 50 millions, selon eux).

Lá vai o Barça de novo!*

https://www.youtube.com/watch?v=XRA0dst9gnE

Rien de plus dangereux pour l’image d’un club que de se prendre une fessée de 8-0 quand on prétend évoluer au plus haut niveau. Hier, on avait l’impression de voir un match entre une équipe de football et des Kamikazes, car les brésiliens n’ont fait que plonger devant les boulets de canons catalans quitte à se les prendre en pleine gueule. Lamentable!

L’excursion qui devait rapporter des millions au FC Santos a pris l’allure d’un effroyable génocide tant la bande à Messi était sans pitié.

 

C’est l’image de tout le football brésilien qui en a pris un coup. Il ne faut pas non plus demander à Felipão de jouer tout le temps au pompier… Il éteint l’incendi qui perdurait au sein de la seleção et voilà que Santos décide d’en rajouter.

Pauvre Neymar, il a dû avoir bien de mal à avouer à ses nouveaux coéquipiers que ces kamikazes là étaient ses partenaires deux mois plus tôt.

 

* « Et encore une attaque du Barça »la phrase de la soirée amèrement répétée par le journaliste vedette Galvão Bueno.


Brésil: pas prêt pour un président noir

https://www.edsonsombra.com.br/post/dilma-vai-a-posse-de-joaquim-barbosa-na-presidencia-do-supremo
Photo: Blog Tribuna da Internet – 20/11/2012

Aujourd’hui, je voudrai revenir sur un personnage important de la politique brésilienne; j’en ai parlé lorsque ce blog a démarré en 2012. Noir, président de la Cour Suprême de Justice, Joaquim Barbosa est le chouchou des médias, l’ogre de la gauche radicale et de temps en temps, l’épine sous le pied de Dilma Rousseff. 

Ce lundi 29 juillet, le ministre Joaquim Barbosa déclarait que « le Brésil n’était pas encore prêt à voter pour un président noir ». Pas faux. Mais cela est aussi le signe de la grande complexité de la société brésilienne, d’un côté vous avez une société hautement machiste capable d’élire une femme à la présidence de la République, et de l’autre une société métissée incapable d’offrir les clefs du Palácio do Planalto à un noir.

Le personnage adore les polémiques, toujours dans les bons coups médiatiques surtout depuis sa chasse à l’homme contre la corruption lors du symbolique procès du mensalão qui l’a définitivement brouillée avec le Parti des travailleurs (PT) de Lula. Sa dernière sortie médiatique en présence de la présidente Dilma a fait l’effet d’une bombe. C’était le jour de l’arrivée du Pape François, à l’aéroport de Rio de Janeiro… Le président de la Cour Suprême ignore Dilma Rousseff, serre la main du Saint-père et passe à côté. Voyez plutôt…

https://www.youtube.com/watch?v=uDYFZQXYgPk

Normal, on pouvait s’y attendre depuis les prises de becs par médias interposés entre Joaquim Barbosa et la classe politique brésilienne.

Il jouit d’une énorme popularité chez les pauvres et je dirai la classe moyenne. Ayant fait des études brillantes à Brasília (puis en France) sans l’aide des politiques de quota – les affirmatives actions – , il n’hésite pourtant pas à se définir comme une exception.Joaquim_Barbosa_durante_o_julgamento_do_mensalão_2012

Le problème n’est pas que racial. Même s’il se portait candidat, Joaquim Barbosa n’a aucune base politique; et si d’aventure il était élu, ce serait encore plus difficile de se maintenir au pouvoir sans une base parlementaire. En plus, la candidature de Barbosa ne servirait qu’à diviser une base électorale qui normalement vote pour le PT, soit les brésiliens plus pauvres.

Les médias conservateurs aimeraient en faire un candidat en 2014 et profiter de sa popularité, un atout dont ne dispose plus le Parti Social Démocrate (PSDB), mais Joaquim Barbosa ne prétend pas se frotter au PT, donc à Lula. C’est ce dernier qui l’avait nommé à la Cour Suprême. Je ne vois pas Joaquim Barbosa prendre le risque de déposer sa confiance en ces mêmes médias qui ont porté Fernando Collor à la présidence au début des années 1990 avant de le faire éjecter deux ans ans plus tard.

Le ministre Barbosa est plutôt de ceux qui défendent un pouvoir judiciaire plus puissant au Brésil, surtout depuis que le législatif et l’exécutif se sont discrédités par les scandales de corruption. Ce n’est donc pas un fervent partisan du balance of powers cher à Montesquieu.

Le fait est que, le ministre Barbosa emploie des tactiques populistes, or cela n’a jamais fait de bons princes.

 


Pape François: eau bénite et spray au poivre

 Crédit photo: © Facebook de  Associação Brasileira de Ateus e Agnósticos.
Crédit photo: © Facebook de Associação Brasileira de Ateus e Agnósticos.

C’est dans un contexte pour le moins tendu que notre cher Pape François est arrivé au Brésil. Après les violentes manifestations du mois de juin, les autorités brésiliennes appréhendaient la réception réservée au pontife argentin.

Il faut dire que le Brésil change, car le football, la samba et la religion semblent avoir perdu leur effet anesthésiant sur la population. Ni même la Coupe de Confédération n’a pu contenir la colère des millions de brésiliens indignés par l’indifférence et la corruption de la classe politique.

Avant l’arrivée du Pape François les appels aux manifestations se sont multipliés sur les réseaux sociaux.

Mais il y avait également les optimistes, ceux qui attendaient la venue du pape argentin comme celle du messie, ironie de l’histoire quand on sait la rivalité légendaire entre les deux pays sud américains.

 

Ces deux messages twittés révèlent bien tout le paradoxe qui entourait l’arrivée du Pape aux JMJ : il y aura eu d’un côté les croyants et les sympathisants, ceux qui recevront l’eau bénite du saint père, et de l’autre les vândalos t reçus par les forces spéciales de la police de Rio de Janeiro. Si vous n’avez jamais vu ces gaillards en action, je vous conseille vivement le très bon film « Tropa de elite ».

Disons juste que ce pape là aura déjà produit un beau miracle; car être accueilli en grande pompe par les brésiliens (autorités et population) pour un argentin, c’est un but marqué à l’extérieur… Il compte double! François a donc déjà parcouru la moitié du chemin qui mène à la canonisation.

En parlant de miracle, le pape a été reçu à Rio par des supporters du club de football Fluminense (c’est là qu’évolue Fred, ex-Lyon), mais cela ne l’a pas empêché de s’afficher avec Zico, idole du Flamengo… Le tout sans s’attirer les foudres de deux torcidas. On le savait déjà supporter des San Lorenzo d’Argentine, mais là le jonglage entre les deux frères ennemis de Rio est parfait. Chapeau! Ou plutôt, tiare!

Donc, deux poids, deux mesures

Pour justifier la répression, la police a informé avoir trouvé une bombe artisanale dans l’une des églises (dans la ville d’ Aparecida) où le Saint père devait dire une messe, mercredi 24 juillet.

Avant cela, accueilli par la présidente Dilma À Rio de Janeiro, le Pape François a bénéficié d’une sécurité très importante. Les manifestants étant maintenus à une bonne distance des lieux officiels. La police a placé un cordon face à ces derniers. La même tactique médiatique de juin fut employée par les militants qui profitaient de la publicité produite par la présence du Saint père au Brésil pour transmettre leurs messages d’indignation au monde.

En attendant, le premier imbroglio a été pour sa première journée en terres cariocas, le « saint cortège » a été dévié du parcours initialement prévu par la mairie de Rio de Janeiro. Selon le secrétaire de l’urbanisme de la ville, la Police Fédérale n’aurait pas signalé qu’un changement était en cours, ce que certains ont justement qualifié d’erreur. En tout état de cause, les limites d’organisations des grands centres urbains brésiliens apparaissent désormais au grand jour à quelques mois de la Coupe du Monde et des JO.

Infiltration des policiers parmi les manifestants?

Plus tard dans la semaine, les médias dénonçaient l’action des policiers dans la répression des manifestants, le cas le plus emblématique étant celui de l’infiltration d’un agent parmi les manifestants accusés de lancer des cocktails molotov. L’étudiant Bruno Ferreira Teles a ensuite été détenu par la Police Militaire.

https://www.youtube.com/watch?v=7pR24GVQQGk

Or, une vidéo montre le jeune quelques minutes avant son arrestation alors qu’il n’avait sur lui aucun sac à dos comme l’indiquait un premier communiqué de la PM. Depuis juin, des manifestants campent devant la maison du gouverneur de Rio de Janeiro Sérgio Cabral.

Comme au mois de juin, la police a usé d’une force démesurée contre les manifestants.

Finalement, on pourra retenir l’énorme charisme du Pape François qui a même profité de son passage pour bénir le champion brésiliens du basket, l’éternel Oscar Schmidt ( 49 703 points à son compteur) record man mondial des points marqués – toutes les ligues confondues. Celui-ci est atteint d’un cancer; le mois passé il avait reçu une visite de Kobe Bryant en visite à Rio.


Cypherpunks de Julian Assange: « Internet, c’est comme avoir un soldat sous son lit »

Le livre de Juliane Assange "Cypherpunks paru au Brésil chez Boitempo, crédit photo: Serge Katembera
Le livre de Julian Assange « Cypherpunks paru au Brésil chez Boitempo, crédit photo: Serge Katembera

Ce rêve obscur de Jeremy Bentham, ce panoptique dont parlait Foucault de façon si conséquente dans son livre Surveiller et punir, Naissance de la prison publié chez Gallimard est devenu notre pire cauchemar. C’est en tout cas ce que suggère la lecture du nouveau livre de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks.

Michel Foucault avait détaillé dans ce fameux livre la généalogie du pouvoir, celle du contrôle et pour ce, il utilisa l’image du panoptique pour décrire l’ultime forme du pouvoir absolu. Ce pouvoir invisible mais que l’on sait présent. La particularité du panoptique est qu’il s’agit avant tout d’exercer sa domination sur la psychologie de l’individu. S’il est impossible d’être certain qu’on est surveillé à un moment donné, on sait par contre que cela est tout à fait possible car toute une architecture de la surveillance est mise en place.

On est également dans un cadre orwellien, celui où le Big Brother nous voit et sait tout. Je me demande qui fait preuve de naïveté entre les indignés du scandale Snowden et un Benoît Raphael plutôt résigné face au contrôle qui peut exister sur internet. Mais, soyons juste, ce dernier est bien conscient des défis et enjeux qu’implique le futur du web.

« Un soldat sous son lit », un espace militarisé

Le livre est une transcription révisée et enrichie d’une interview que Julian Assange et ses collègues de WikiLeaks – Jacob Appelbaum, Andy Muller-Maguhn et Jérémie Zimmermann, tous des activistes cypherpunks – on accordé à la chaîne de TV russe WT. Le constat du groupe est amère:

les télécommunucations, l’internet et téléphone sont désormais des domaines militarisés, puisque l’armée a accès à tout le trafic de données. Que ce soit, les conversations d’affaires ou des informations intimes que nous partageons avec nos proches, tout est fouillé. C’est comme avoir un soldat sous son lit.

L’espace virtuel est donc devenu un espace militarisé.

Assange qui réside encore à l’ambassade de l’Equateur à Londres s’est fait connaitre grâce au fameux « Cablegate« , lorsqu’il publia sur son site plusieurs documents secrets concernant la sale guerre américaine en Afghanistan, une guerre aussi sale que celle du Vietnam.

La « philosophie » du cypherpunk est d’opérer sur internet dans le plus grand secret contre un pouvoir – crypto-pouvoir – lui-même secret. Il s’agit donc, selon lui, d’une « terrible guerre dans laquelle la société toute entière est engagée, même si beaucoup de gens l’ignorent ».

Privacité pour les faibles, transparence pour les puissants; […] l’information veut être libre. La logique du cypherpunks est combinée aux nobles ambitions du hacking.

Pour ceux d’entre vous qui aiment se torturer l’esprit, lisez ce texte édifiant de Jean-Marc Manach ou Big Browser.

Internet et politique 

Dans ce nouveau contexte où internet révèle tout son potentiel politique, les Etats les plus faibles sont eux aussi appelés à utiliser les techniques de cryptage, quitte à demander les services des cypherpunks. C’est bien la recommandation de Julian Assange qui prévient que les « hardwares sécurisés » vendus aux pays pauvres sont « volontairement faillibles« . On voit donc ici le rôle destiné de ces nouveaux chevaliers du web. L’Iran est le parfait exemple d’un pays vulnérable aux attaques cybernétiques en provenance du gouvernement US.

Par ailleurs, Assange alerte contre la montée de la Chine qui se spécialise également dans la vente de ces hardwares pour sécuriser l’infrastructure informatique des pays africains, néanmoins on ne saurait ignorer les ambitions de superpuissances du géant asiatique. Il faut être conscient du caractère ambivalent de l’internet:

l’internet, notre meilleur outil d’émancipation, devient le plus grand facilitateur du totalitarisme que nous ayons jamais vu. L’internet est une menace à la civilisation humaine.

[…] les institutions universitaires ont été averties que les étudiants qui souhaiter avoir une carrière dans la fonction publique devaient éviter le contenu divulgué par WikiLeaks durant leurs recherches et leurs activités sur internet.*

 

Il n’y a rien de plus démentiel que ces dernières lignes. Les risques pour la démocraties n’ont jamais été aussi grande, surtout que tout se passe avec le consentement général des populations.

Evidemment, il est impossible aux gouvernants de tout contrôler; les mouvements politiques de masses dans le monde arabe le montrent, on ne peut pas prévoir quand et comment les gens sortiront dans la rue pour manifester. Le Brésil aussi en a donné la preuve récemment. « Une fois que les gens sont dans la rue, ils sont dans la rue », affirmerait Assange.

Assange "Cypherpunks paru au Brésil chez Boitempo, crédit photo: Serge Katembera
Assange « Cypherpunks » paru au Brésil chez Boitempo (crédit photo: Serge Katembera)

La surveillance sur le web peut aussi aboutir en une forme d’autocensure, une forme de mesure dissuasive, notamment pour les journalistes. Nos tendances politiques sont désormais connues, nos préférences littéraires, religieuses, etc.

Dénonciation ou délation?

Evidemment, il faudra aussi analyser les conséquences à long termes de la culture du cypherpunk. Si dans une société les gens ont la possibilité de devenir des whistleblowers** c’est à se demander jusqu’où ira la liberté dont parle Assange. C’est un peu le problème de Watchmen: « qui surveille les gardiens? ». On se souviendra de la répugnante tactique utilisée par la Gestapo (ou par la Stasi en Allemagne orientale) pendant l’occupation des nazis qui consistait à la délation des français par d’autres français. Anne Franck, en Allemagne est le symbole de cette abomination politique.

Il est donc question ici de l’avenir même de la démocratie. Dans les deux cas, les extrêmes sont dangereux. On ne peut accepter que la liberté et la privacité des individus soient absolument piétinées par les grandes puissances, pour autant il serait dangereux de sacraliser les whistleblowers. 

Trouver l’équilibre entre ces deux extrêmes est le défi des ceux qui défendent les libertés individuelles.

*Traduction libre

**« lanceurs d’alerte »