Serge

Neymar, l’homme qui a fait revenir Lula

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Montage de Mylène Colmar, crédit photo: Christopher Johnson et Ricardo Stuckert/PR – Wikimedia Commons

La politique est vraiment une équation à plusieurs inconnues. Qui l’aurait imaginé? Qui aurait pu penser que le « sprint boltien » de Gareth Bale aurait des conséquences dramatiques pour le Brésil? En ce clássico de légende, la blessure inopportune de la star brésilienne Neymar s’est révélée être le catalyseur d’une série d’événements catastrophiques pour Dilma Rousseff. Retour sur l’histoire d’une tragédie politique.

A Valence, le clássico de tous les dangers

Le sprint de Gareth Bale a non seulement assommé le Barça, mais il a aussi porté un coup fatal aux nerfs du jeune Neymar. Car le Brésilien vient de se rendre compte que les duels contre le Real Madrid peuvent envoyer n’importe qui sur le divan d’un psychiatre. Mourinho [vidéo] en sait quelque chose

En ce mois d’avril 2014, la Coupe d’Espagne est donc perdue pour le F. C Barcelone. La première année de Neymar en Europe est déjà un échec puisque trois jours plus tard, Barcelone enchaîne une nouvelle défaite en championnat et dit définitivement adieu au titre. Le malheur n’arrivant jamais seul, Neymar se blesse. L’incroyable sprint de Gareth Bale a fait ses effets. Les dégâts collatéraux de cette course de 65 mètres sont immenses, et atteindront jusqu’à la politique nationale brésilienne.

Quelques semaines après, cette blessure d’abord minimisée commence à soulever des soupçons. Les médecins du Barça ont forcé Neymar à jouer le dernier match du championnat, après quoi la star santiste a rechuté. Cette fois-ci, le diagnostic est sans appel: six mois… au moins. Ruptures des ligaments du genou. Adeus Copa !

Mais l’année cauchemardesque de Neymar est loin d’être terminée. Son père qui est depuis des mois la cible des médias dans le cadre de son implication dans le transfert de l’ancien joueur de Santos est convoqué par la justice espagnole pour témoigner pendant le jugement de Sandro Rossell, l’ancien président de Barcelone…

Tout cela tombe mal pour Neymar et le Brésil où le climat social se dégrade. Nous sommes au mois de mai. Rendez-vous au Brésil… en juin.

Le drame de Dilma Rousseff

Stromae est dans les tribunes. Auparavant, il est venu donner le coup d’envoi de la rencontre fatidique entre les Diables rouges et la seleção auriverde, Pelé étant empêché suite à un contrat publicitaire de dernière minute avec son sponsor Coca Cola. Certaines personnes dans le stade reconnaissent la pop-star belge dont le dernier album a été suivi notamment sur les réseaux sociaux.

Très partagé, le public du Maracanã applaudit quand même. Mais on sent bien que le match sera tendu, comme tous les Brésil x Belgique. On se souvient de la polémique élimination de la Belgique en 2002 par des Brésiliens qui seront sacrés champions du monde quelques semaines plus tard. C’est donc, aussi l’occasion pour les hommes de Marc Wilmots de prendre leur revanche, car de toute façon, ce scénario était écrit. Deux personnages clés de 2002 se retrouvent encore une fois pour en découdre: Felipe Scolari, à l’époque sélectionneur de la Seleção avait joué un mauvais tour à la bande à Wilmots, capitaine des diables rouges… 2-0, fut le score de la rencontre.

Dans les tribunes il y a aussi, Dilma Rousseff, un peu en retrait. Elle a préféré ne pas faire de discours, le souvenir de la Coupe des Confédérations, où elle fut huée, étant encore gravé dans les esprits. De plus, pendant toute cette Coupe du Monde, l’opposition, enfin regroupée derrière Eduardo Campos a organisé une vraie guerre psychologique contre le gouvernement Dilma… une boucherie !

Sepp Blatter ayant démissionné avant la fin de la compétition suite aux révélations de ses liens particuliers avec Jérome Valcke n’est pas dans le stade. C’est donc Michel Platini – et derrière lui, Jérome Champagne – qui se tient à côté de Dilma Rousseff.

Avant le coup d’envoi, une partie du public scande « Campos, Campos, Campos !!! ». Une autre moitié du public répond par des « Lula, Lula, Lula !!! « . Dilma Rousseff n’a plus cette force qui lui permettait de trouver son fameux sourire jaune… Elle commence à comprendre que son heure a sonné. Elle n’est clairement plus une option politique viable.

Scénario catastrophe…

Le match a commencé depuis quinze minutes et les Belges sont dominateurs grâce à un Eden Hazard très en jambes, surtout parce qu’il compte avec l’appui de José Mourinho, à qui il a demandé de faire le déplacement pour cette finale de Coupe du Monde. Lukaku est l’autre homme en forme de cette sélection, en plus d’être le meilleur buteur de la compétition avec 7 réalisations. Côté brésilien, le néant.

Pire, le Brésil est arrivé en finale par miracle. Sans Neymar, les canaris n’ont jamais trouvé leur jeu même avec l’arrivée en catastrophe du « petit prince », Felipe Coutinho, tout juste sacré champion d’Angleterre avec Liverpool. Sur le terrain, la famille Scolari est divisée

Le retour de Lula

Après la défaite du Brésil en finale de la Coupe du Monde, en plein Maracanã, la présidente Dilma Rousseff, fragilisée, s’était soudainement rappelée de cette soirée au Palácio do Planalto à Brasília. Une discussion stratégique et sincère avec son ancien vice-président, Michel Têmer qui lui avait dit, l’air menaçant : « Soit tu abandonnes l’idée d’une réforme politique, soit je te ferai comprendre que tu n’as jamais été à la hauteur du « jeu ». Quant à la réforme agraire, je n’ai pas besoin de te dire mon avis. De plus, penses-tu vraiment que Lula te soutiendra? ». Entre eux, les rapports ne sont plus cordiaux depuis plusieurs mois.

En ce moment, Dilma a du mal a regarder vers l’avenir. Elle a non seulement mal évalué ses adversaires, mais également ses alliés, y compris son mentor, Lula. Tous ceux qui avaient affronté l’ancien leader travailliste disent de lui « qu’il est un homme froid, calculateur et machiavélique en privé ».

En attendant, au Parlement, Dilma a perdu l’appui du PMDB, centre gauche, dirigé par son ancien vice-président. L’affaire Petrobras a divisé la majorité au pouvoir. La presse lance coup pour coup des dossiers secrets sur l’achat d’une raffinerie à Pasadena, au Texas. En plus de cette querelle, la nouvelle loi sur Internet à laquelle Dilma tient tant pour rayonner à l’international ne passe pas, tout comme ces deux projets de réforme qu’elle avait promis lors des « manifestations de juin 2013 »: la réforme agraire ainsi que la réforme politique.

Si Lula a duré huit ans, c’est surtout parce qu’il n’a jamais touché à ces deux secteurs clés de l’économie politique brésilienne.

Dilma  Rousseff ne fédère plus. Et certains cadres du PT (Parti des travailleurs) l’ont compris et entendent pousser leur ancienne championne vers la sortie d’autant que son style agace les machos du parti et du gouvernement… Mais comment la faire sortir sans s’attirer les foudres populaires?

Un homme s’impose logiquement. Désormais guéri de son cancer, Lula est très actif depuis quelques mois sur la scène politique nationale où il joue plutôt le « faiseur de rois ». En coulisses Lula ne cache pas son envie de revenir. Il est en quelque sorte déçu par le bilan de sa dauphine qui par ailleurs ne lui rend plus visite à São Bernardo comme c’était convenu.

Isolée, Dilma Rousseff sait qu’elle va tomber.

Rapidement, la presse fait son travail… et Brasília s’agite. L’opposition intensifie les manifestations de rue, la capitale économique, São Paulo, est paralysée. Dilma Rousseff annonce alors qu’elle « ne sera pas candidate à une réélection et qu’elle opte pour l’avenir de sa famille politique… ».

Le lendemain, à l’heure du déjeuner, dans son fief de São Bernardo, là où, dans les années 1970, tout avait commencé, Luís Inácio « Lula » da Silva prévient qu’il partira à la conquête de Brasília

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P.S : Tous les faits rapportés dans cet article sont le fruit de l’imagination de l’auteur de ce blog et ne reflètent en aucun cas la réalité, puisque de toute façon, je ne suis pas un futurologue…)


Cazuza, l’ange fou de la musique brésilienne

« Hommage au nouveau Moyen Âge. Qu’il s’en aille vite si Dieu le veut, et emporte avec lui toutes les idioties du monde… », ainsi commence Medieval, titre magnifiquement interprété avec puissance par l’enfant prodige du Rock brésilien, le poète Cazuza. Cet homme qui a juré de vivre jusqu’au bout de ses forces. Toujours prêt à lancer des critiques acerbes à la mentalité conservatrice du Brésilien moyen.

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Cazuza, crédit photo: Luiz Fernando / Sonia Maria/ Flickr.com

Toute la vie de Cazuza est un combat politique. « Son mai 68 », il l’a vécu entre les années 1980-90, grâce à un rock subversif et son train de vie dépravé pour l’époque.

Il ne cachera jamais sa bisexualité, mais peu importe. Cela faisait longtemps que le pays n’avait pas vu une telle icône du rock. Cazuza a un faux air d’Airton Senna, d’une beauté simple et en même temps sauvage, c’est le sex-symbol d’une époque qui transcende les genres…

Le temps ne s’arrête pas…

Le titre phare d’une carrière. Même si chacun a son opinion sur la meilleure chanson de sa discographie. N’empêche, dans O Tempo Não Para, Cazuza défie la norme. Il envoie un message fort montrant l’engagement politique de son oeuvre. Il condamne à coups de rimes la corruption qui gangrène son pays, assène un coup de poing dans la gueule hypocrite des riches :

« Tous les jours, je me bats pour survivre sans aucune égratignure à la charité de ceux qui me détestent. Il vaut mieux ne pas naître par une nuit froide. Par une nuit chaude, deux choix s’imposent: tuer ou mourir, et ainsi, on devient brésilien. Ils te traitent de voleur, de pédé ou junky, transforment tout un pays en un bordel parce que c’est comme ça qu’on se fait plus d’argent… »

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A droite, Cazuza en compagnie d’un ami. Crédit photo: darkbrian/ Flickr.com

Cazuza ne pardonne rien. Il se bat contre un monde auquel il appartient lui-même. Car son père, João Araújo vainqueur d’un Grammy, est l’un des producteurs musicaux les plus importants du pays qui ne souhaite pas une carrière artistique pour son fils.

C’est son père qui découvre Caetano Veloso, Djavan ou Gilberto Gil… Cazuza connaît bien ce beau monde, il fréquente les plus grands intellectuels de Rio dans sa jeunesse. D’ailleurs, on percevra dans ses chansons une érudition hors du commun

Mais son père refuse de produire son premier album.
https://www.youtube.com/watch?v=7AkEQM9AdEY

Exagéré…

Peut-être que João Araújo a compris que l’entrée de son fils dans cet univers ne lui sera que fatale. Son fils est rebelle. Démesuré. Outrancier.

Les femmes, les hommes, la drogue… Cazuza mène un train de vie infernal. Ney Matogrosso, icône de rock brésilien encore plus déjanté que lui se souvient « d’une époque où nous vivions sans limites ». Il est le seul survivant de cette bande de fous. Cazuzu et les autres ont été emportés par le mal du siècle : le sida.  « Je ne sais pas comment j’ai survécu. Pourquoi n’ai-je pas contracté le virus? « , s’interroge encore aujourd’hui Ney Matogrosso.

https://www.youtube.com/watch?v=fJqXCFJ_doM

Mais Cazuza ne voulait rien vivre à moitié et c’est pour ça que pour toute une génération il représente l’ultime star, l’ultime rockeur, le héros solitaire d’une époque qui ne reviendra plus… exagerado jusqu’à la fin…

Génial, complexe, Cazuza va aussi se frotter aux dilemmes politiques qi agitent ce Brésil post-dictatorial: « Dans un pays pauvre comme celui-ci on ne peut pas être anarchiste, il faut choisir un camp » affirme-t-il  dans une ultime interview de 1988 où il apparaît déjà diminué et décharné. Il mourra deux ans plus tard.

Sa vision angélique du Parti des travailleurs peut sonner ironique si l’on regarde ce qu’il est devenu: « J’ai beaucoup d’admiration pour le PT, c’est un parti politique honnête et naïf. Mais cette naïveté m’émeut. » Autre temps, autre PT. Le scandale du mensalão est passé par là. Le PT est aujourd’hui un parti pragmatique, une machine électorale…

Aujourd’hui la légende de Cazuza survit grâce au cinéma et aux artistes qui lui rendent chaque année des hommages mérités. Mais surtout, grâce aux fans, comme moi, qui trouvent dans une chanson comme Azul e Amarelo, tiré de son meilleur album Burguesia, assurément ma chanson préférée, la combinaison parfaite entre la poésie et le rêve…

https://www.youtube.com/watch?v=P2GaFDa8hlk


Brésil 2014 : 10 astuces pour voyager comme George Clooney

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Crédit photo : mgharris / Flickr.com

Si vous avez prévu de venir voir la Coupe du Monde de la Fifa au Brésil, ce billet vous concerne au plus haut degré. Vous êtes probablement tombé sur de nombreux articles, sur So Foot ou sur France Football, critiquant la désorganisation structurelle des Brésiliens. Pour ma part, je souhaite partager mon expérience de « globe-trotter » vous offrant « dix astuces » pour éviter des déboires pendant votre voyage en terra brasilis.

Avant toute chose, une question. Qui a regardé le film de George Clooney,« Up In The Air » ?  Un film qui àquelques exceptions près pourrait bien se nommer, le « Guide du voyageur pragmatique » ?

Personnellement, avant chaque voyage à l’étranger je revois ce film ô combien utile où le beau George Clooney nous donne quelques recettes de « haut vol ». J’utiliserai donc, certaines idées cloonesques auxquelles je joindrai des faits de ma propre expérience.

1. Voyagez léger et suivez les clichés. En 2013, j’ai écrit sur ce blog que certains clichés valaient la peine d’être (ré)affirmés. Ok, mea culpa ! Disons, que si on les prend avec humour, ils peuvent passer. Ainsi donc, George Clooney explique qu’il faut absolument éviter les Arabes, les femmes enceintes, les familles nombreuses dans les aéroports. Fuir ces personnes peut tout simplement signifier arriver à l’heure à un rendez-vous ou ne pas perdre une connexion. A bon entendeur…

Des conseils pratiques ici. Je confirme la plupart des arguments présentés dans le texte. En complément, j’ajoute qu’il vaut mieux ne pas porter des chaussures à lacets, ça vous évitera de perdre 5 à 10 minutes pour passer le contrôle dans certains aéroports.

2. « Bom dia, por favor, saída, Informação, câmbio ». Vous avez de la chance. A mon époque (2008), quand je débarquai au Brésil, les aéroports nationaux et internationaux n’offraient pas de services en langues étrangères. Aujourd’hui, « esprit Fifa » et « esprit olympique » obligent, mêmes les gares et les terminaux de bus proposent les informations en espagnol et en anglais.

Mais comme les francophones ont la phobie des langues étrangères, voici une petite liste des mots portugais essentiels pour tout voyageur étranger en visite au Brésil: Bom dia égal Bonjour. Por favor, c’est pour attirer l’attention en étant poli, et ça veut dire « s’il vous plaît ». Ensuite, levez souvent la tête à la recherche des mots-clés comme « saída », c’est à dire, la sortie… ou Informação, évidemment, pour vous renseigner. Regardez les plaques bleues ! Enfin, il y a ce mot magique « câmbio », plus connu comme exchange… c’est pour convertir votre monnaie en real.

3. Ne dormez pas dans les aéroports, mais si vous n’avez pas le choix… ce point entrera en contradiction avec le dernier (10) , mais qui a dit que la vie était simple? Les aéroports brésiliens sont précaires, rien de nouveau ici. Ce qui m’énerve le plus dans les aéroports brésiliens, c’est l’absence totale de bancs; vous trouverez plus de restaurants que de sièges où reposer votre tête. Vous aurez donc le choix entre dormir… assis. Ou dormir… sur le sol. Bonne chance aux courageux. Une étude a montré que dans tout le pays, un seul aéroport est de bonne qualité, à savoir, l’aéroport de Récife (Pernambuco). Ah, oui, en principe, il n’ y aura pas de Wi-fi gratuit.

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Aéroport de Guarulho à São Paulo, crédit: Tango21961/ Wikimedia Commons

4. Evitez Gol, même si le nom est tentant…. en arrivant au Brésil, si vous devez faire un déplacement avec votre sélection nationale, vous serez probablement tenté par la compagnie aérienne portant le nom « standardisé Fifa » … de Gol. Erreur. Une raison pour vous en persuader: à bord, un coca coûte 3 dollars alors que sur les autres compagnies, c’est gratuit. Le monopole des compagnies aériennes présentes au Brésil crée un phénomène pervers de hausse des prix et de précarisation des services à bord [PDF en portugais, indicateurs et graphiques].

5. Cela peut être intéressant de voyager en bus, même si ça ne fait pas trop… « George Clooney ». Mais pensez-y. Moi par exemple, j’ai un projet un peu fou pour cette Coupe du Monde. Partir en bus, visiter les villes du Nordeste brésilien pendant toute la durée du Mondial. Le premier avantage est que tu payes trois fois rien. Après tu rencontres des gens « vivants » et « simples », rien à voir avec l’univers aseptisé des aéroports. De plus, si vous allez prendre une connexion dans un aéroport, vous passerez probablement beaucoup de temps dans les capitales où le prix d’un simple taxi peut atteindre 100 dollars… courage, donc!

6. Les maillots appréciés. Les Brésiliens sont très fanatiques. S’il y a un mythe à défaire d’un trait, c’est celui qui veut que les Brésiliens aiment leur seleção avant toute chose. Faux ! Les clubs passent avant. Donc, si vous allez passer du temps à Belo Horizonte, Rio de Janeiro, Porto Alegre ou São Paulo, c’est mieux de faire attention à ne pas porter le maillot d’un grand club de la capitale. Par exemple, à Porto Alegre, évitez le maillot de l’Internacional ou celui de Grêmio… qui sait quel fan vous pouvez rencontrer dans la rue. Si vous allez à « BH » (capitale de Minas Gerais, surtout pas de maillot de l‘Atlético Mineiro, le club de Ronaldinho, ni celui de Cruzeiro. Pareil à São Paulo ou Rio, évitez les uniformes des clubs locaux.

Par contre, les Brésiliens apprécieront si vous portez un maillot du Cameroun, pour Roger Milla, évidemment. Ils aimeront encore plus si vous arborez le maillot flanqué du coq… Zidane est idolâtré par ici. Mais attention, surtout pas Messi, Xavi ou Cristiano Ronoldo. En général, les Brésiliens aiment les idoles qui ne peuvent plus leur nuire

7. L’alimentation tropicale peut vous jouer des tours... personne ne veut passer 79 % de son temps libre dans une cabine… vous voyez ce que je vais dire. Ne vous fiez pas à tout ce qu’on vous offre à manger. Deux choses peuvent comploter contre votre estomac: la chaleur et la gastronomie « exotique » des Brésiliens. Mélange explosif, alors, attention!

8. Après l’euphorie des matchs, ne sautez pas sur les filles comme des goujats… Attention, Ivoiriens, Nigérians, Français et Congolais, vous avez mauvaise réputation au Brésil. Ne pensez pas que toutes les femmes brésiliennes aiment être traitées comme des… heu, on évitera les gros mots pour aujourd’hui. Si vous y allez trop fort, vous risquez de vous ramasser une claque. C’est que le féminisme est en hausse ici, et les dames distribuent des baffes comme des bonbons, alors… Tiens, regardez le film, George Clooney peut toujours vous passer quelques tuyaux sur comment aborder les filles qu’on ne connaît pas…

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9. Prudence en Afrique du Sud. Une grande partie des supporters qui viendront de l’Afrique passeront évidemment par l’Afrique du Sud, l’un des rares pays dans le continent à offrir un vol jusqu’à São Paulo. Alors, là, prudence ! Vérifiez bien vos documents parce que les agents de la douane sud-africaine ne sont pas des enfants de choeur. La moindre discordance de date peut virer au drame. Si par exemple votre billet retour dit que vous resterez 15 jours au Brésil et que votre réservation à l’hôtel est d’un mois, préparez-vous à glisser 50 dollars dans la poche de l’agent de contrôle aux frontières. J’ai été témoin de cette scène il y a un peu plus d’un an…

10. Ne quittez pas l’aéroport. En 2008, lorsque je suis arrivé au Brésil, naïf et joyeux, j’ai perdu toutes mes illusions à l’aéroport de Guarulhos quand une jeune femme, bienveillante, m’avisa, presque en chuchotant: « Quoi qu’il arrive, ne quittez pas l’aéroport. C’est trop dangereux! ». Merde. Serai-je donc obligé de vivre dans un aéroport, comme Tom Hanks? La violence a rendu les citoyens paranos. Je ne vais pas décider à votre place. Mais si vous n’avez pas le sens du risque, l’instinct de conservation, aventurez-vous dans les villes brésiliennes sans crainte. Remarquez, ça peut être sympa de regarder la Coupe du Monde en zone internationale…


Avortement, cannabis, ça va être dégoûtant

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Une feuille de cannabis/ JonRichfield/ Wikimedia Commons

On voit ça d’ici. Cette campagne électorale pour la présidentielle au Brésil sera d’un mauvais goût jamais atteint auparavant, du moins depuis que je vis dans ce pays. Et pour cause, les opinions se sont radicalisées sur certains thèmes comme le droit des femmes à l’avortement ou l’usage récréatif du cannabis. Ces thèmes-là seront centraux dans les débats et risquent de nous laisser un arrière-goût de vomi. A vos sac-poubelle !

Pour commencer, l’actuel gouverneur du Pernambuco, qui est aussi un homme respectable, a fait une sortie polémique ce dimanche de Pâques en affirmant à propos de l’avortement: « Comme citoyen, je pense que ma position est celle de tout le monde, et je ne connais pas une seule personne qui soit en faveur de l’avortement ».

Je répète, Eduardo Campos est un citoyen respectable et il est candidat à la présidence de la République. Mais une telle phrase pourrait lui coûter son élection. Pour deux raisons : 1. Il semble méconnaitre l’un des fondamentaux du principe démocratique, à savoir qu’une opinion n’est jamais l’opinion de tout le monde. En moins qu’il ne s’imagine être le Big Brother du roman de George Orwell, et dans ce cas, il sera le président d’une dictature. 2. Eduardo Campos prend le risque de se placer trop à droite idéologiquement en affirmant « ne pas connaître une seule personne qui soit pour l’avortement ». Pourquoi trancher dès maintenant? Est-ce une exigence de Marina Silva (sa future vice-présidente écolo-conservatrice)  et de ses amis évangélistes? Peut-être.

Dans tous les cas, politiquement, c’est une mauvaise tactique qui fait fi de la nouvelle sociologie brésilienne où la classe moyenne, jeune et libérale ne demande qu’à vivre à la manière des soixante-huitards.

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Crédit: West Midlands Police/ cc/ Flickr.com

L’autre thème qui devrait revenir dans les débats, et notamment lors des confrontations télévisuelles, sera celui de l’usage récréatif du cannabis.

Dans les faits, la consommation récréative est déjà libre par ici. Dans les universités où fumer un joint est interdit par la loi, les étudiants ne se privent pas ce plaisir. On est en Amérique latine, que voulez-vous?

Cliché? En tout cas pas selon Maradona pour qui « n’importe quel footballeur sud-américain a déjà consommé du cannabis… ».

Si aucun candidat ne considère la question d’un point de vue uniquement médicale – et « scientifique » -, les résultats d’une récente recherche rapportée par Slate.fr  viendront peut- être faire évoluer le débat. Sinon, ils pourront toujours reprendre avec esprit l’argument fumeux du gouverneur de Californie Jerry Brown pour qui « le cannabis est un risque pour l’hégémonie américaine… » Ça, c’est un vrai argument de campagne…

 


Traité de cynisme politique

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Aristote et Alexandre le Grand/ Wikimedia Commons/ Charles Laplante

J’ai décidé d’écrire un livre. La pression a été trop forte de la part d’une partie de mes lecteurs africains fatigués de me voir publier des textes sur le Brésil – où tout va bien – ou l’Amérique Latine. Ce livre s’appellera « Traité de cynisme politique ».

Ainsi comme Le Prince de Machiavel, il ne s’agira pas d’un mode d’emploi déstiné à enseigner aux gouvernants comment mater leurs citoyens, mais bien d’une « leçon pour les peuples ». Quoi? Vous n’avez jamais lu Le Prince de cette façon?

La raison pour laquelle j’écrirai ce livre/traité est simple: mon intention est de proposer aux Chefs d’Etats africains de nouvelles méthodes de perpétuation au pouvoir; des méthodes moins dramatiques que celles employées par Bouteflika… nous seront donc en mesures d’éviter certains dilemmes moraux.

Des méthodes moins incendiaires que celles que Joseph Kabila a l’intention d’adopter. Pour Yayi Boni, Paul Biya et les autres ce traité sera très utile pour améliorer leur image tant à l’interne qu’à l’international.

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Couverture du Traité politique de Spinoza/Wikimedia Commons

Mon Traité de cynisme politique pourrait aussi bien s’intituler « Comment durer comme Poutine, Lula ou Bachelet? » ou « L’art de changer pour recommencer« .

Franchement, ce qui fait défaut à Bouteflika, Kabila, Biya ou Yayi Boni c’est juste un peu d’imagination politique. Pourquoi enchaîner 4 ou 5 mandats de suite quand on peut partir – deux ou trois ans en vacances – et revenir de plus belle avec en plus la légitimité démocratique?

Tenez par exemple, Poutine. Après deux ans de mandat-ferme, il cède sa place à Dimitri, bon élève et petit soldat docile. Juste le temps d’aller au petit coin et de revenir encore plus puissant que jamais… pour encore deux mandats-ferme. Ce qui lui fera un total de 16 ans au pouvoir sans forcer.

L’autre méthode serait de laisser l’opposition gouverner  pendant un bref mandat – qui serait fatalement catastrophique – comme au Chili où Michelle Bachelet est revenue encore plus légitimée dans ses fonctions présidentielles qu’avant. Je voyais bien ce scénario se réaliser dans l’Algérie de Bouteflika, surtout dans ce contexte politique figé qui est le leur.

Enfin, la dernière méthode que j’aime particulièrement est celle employée par l’ancien président Lula da Silva et qui correspond parfaitement au sous-titre de mon Traité, « L’art de changer pour recommencer ». Ici aussi, la tactique est très simple: il suffit de placer à votre place une personne sans aucun charisme, de préférence une femme – hein Kabila, pense à ta soeur jumelle – , de la faire élire démocratiquement et, enfin, durant tout son mandat, la faire convoquer dans chez soi afin de lui filer les dernières instructions sur la gouvernance du pays

Mais, encore une fois, ce « Traité de cynisme politique » ne sera pas un mode d’emploi pour les dirigeants, mais bien une leçon pour les peuples.

J’ai dit !

 


Gabriel García Márquez: « Jamais sans mes putains… »

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Gabriel García Márquez, crédit: Festival Internacional de Cine en Guadalajara|Wikimedia Commons

J’avais au moins deux choses en commun avec Gabriel García Márquez: j’adore Ernest Hemingway comme lui et je suis déjà tombé amoureux d’une pute… comme l’un de ses personnages les plus connus. Gabriel García Márquez est mort à l’âge de 87 ans.

La nouvelle a vite couru dans les rédactions, l’auteur de Cent ans de solitude et de Mémoires de mes putains tristes s’en va laissant tout un continent orphelin de son charisme et de sa force politique: ici, on se souviendra surtout de sa relation avec Cuba et Fidel, ce qui n’avait pas manqué de convaincre des millions de lecteurs sud-amércains que cet homme-là pouvait « parler pour eux », même s’il s’en est toujours défendu.

A propos de Cuba, il n’était pas de ceux qui suivaient la mode, de ceux qui adaptaient leurs consciences à la nécessité d’une époque… Et cette phrase prenait alors toute sa portée:« E também, a moralidade é uma questão de tempo » « la moralité est une question de temps ». Il avait sans doute compris la nature humaine,

J’ai découvert très tardivement son oeuvre. Moi, immigré congolais au Brésil, à l’école initiatique des « amours latinos », recevais en présent d’une ancienne conquête deux romans de ce monstre sacré, justement les deux pré-cités.

Je fus immédiatement conquis par son style incomparable. En vérité, assez comparable à celui d’Hemigway à mon sens… mais son univers est radicalement nouveau et surtout adapté à l’imaginaire sud-américain.

Il est de ces écrivains que quiconque prétend comprendre « l’âme sud-américaine » devrait lire: Pablo Neruda, Gabriel García Márquez, Machado de Assis, Jorge Amado ou Euclides da Cunha.

Gabriel García Márquez est devenu un homme universel grâce à son oeuvre, mais par justice, disons surtout que son humilité lui a permis d’atteindre ce statut tant convoité et qu’à mon sens seuls deux écrivains du siècle passé ont atteint: Camus et lui. Qui d’autre est capable d’écrire de si belles lignes à propos d’Hemigway, son maestro,  de se faire si petit face à l’auteur de For Whom The Bell tolls comme s’il était en présence de Dieu himself? Il faut lire son merveilleux texte sur le site du New York Times pour comprendre à qui on a affaire…

Il vaut mieux terminer une si triste journée avec une phrase spirituelle d’un autre écrivain universel, certes d’un autre siècle, mais tellement actuel:

« Après qu’un homme apprend à penser, il ne pense qu’à sa propre mort » – Léon Tolstói, La mort d’Ivan Ilich.

 


Elections sauce « Game of Thrones » au Brésil

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Caricature de Marina Silva portant son hamac. En portugais, « rede » veut dire en même temps hamac et réseau. crédit photo: Facebook

Elle n’a pas le coeur aussi noir que « Cersie », mais elle aussi est capable de donner quelques coups, y compris au bas-ventre. C’est la veuve la plus déterminée de la télévision américaine depuis… depuis toujours, allez ! Catelyn Tully Stark est l’épouse de Ned Stark qui détruira la maison des Lannister… Elle a un moment fasciné le public avant de subir une fin tragique dans la série culte de HBO. Dans la vraie vie, une autre femme fascine les Brésiliens qui assistent, eux aussi, à une « guerre pour le trône » de Brasília. Marina Silva a beaucoup de points communs avec la veuve Stark…

Je vous ai déjà parlé d’elle sur ce blog, écolo comme il faut, conservatrice quand il s’agit des thèmes comme l’avortement, la légalisation du cannabis ou le mariage homosexuel.

Prête à tout, y compris à une alliance avec le gouverneur du Pernambuco Eduardo Campos pour se venger de Lula da Silva qui l’a reniée au profit de Dilma Rousseff, détentrice du « Trône de fer »… Marina Silva se voit bien dans le rôle de vice-présidente du Brésil, derrière Ned Stark Eduardo Campos, mais en véritable passiste de samba…

Elle compte bien emporter son hamac au Palácio do Planalto... la maison du roi.

Si Game of Thrones nous fascine tant, c’est parce que la frontière entre réalité et fiction y est tenue comme le suggère Télérama

 

Il faut dire que la scène politique brésilienne a tout pour faire une grande télénovela, voire même une série AMC ou HBO.

Qu’est-ce donc Brasília sinon une sorte de Port Réal? Voyez bien ! Aucun parti ne détient les pleins pouvoirs à Brasília, le présidentialisme de coalition (PDF, en anglais) ne le permettant pas. Tous sont obligés de pactiser avec le diable, lady Melisandre, pour les intimes… l’actuel vice-président Michel Temer est loin d’être un allié fidèle de madame Dilma Rousseff à qui il a infligé une belle déculottée au Parlement, il y a quelques semaines dans l’affaire Petrobras

Alors, c’est mieux de garder à l’esprit qu’en politique brésilienne, comme dans  Game of Thrones tout peut arriver, et vite. Comme le dit si justement la « queen » of Thrones, Olenna Tyrell : « C’est la guerre, mais personne ne mérite de mourir le jour de son mariage… ». Et j’ajouterai encore moins lors d’un  « Mariage pourpre«  … 

On ne souhaite évidemment pas une telle tragédie à Marina Silva ou à Dilma Rousseff… Mais à Brasília aussi, il y a tellement de lords Varys et de Lords Baelish, donc la prudence s’impose.

 


Nouvelle vague, un tatouage qui colle à Récife

 

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Crédit photo: page officielle sur Facebook de Tatuagem

Il se passe quelque chose à Récife. Le cinéma de l’Etat du Pernambuco a des choses à dire et à montrer. Depuis le très acclamé Le Bruit de Récife de Kléber Mendonça Filho, on scrute à la loupe la moindre production du cinéma de Recife. Les seventies, la télévision n’a pas encore envahi les foyers brésiliens, la dictature des militaires faiblit… un groupe de « dégénérés moraux », une bande d’acteurs hautement subversifs décide de braver tous les interdits et de faire sa révolution… sur scène

Tatouage, le dernier film de Hilton Lacerda, scénariste révélé par son travail dans le Bal parfumé (1996), et réalisateur pour ce désormais classique, est un coup d’électrochoc sensoriel et politique.

tatuagem-300x179C’est l’histoire d’une rencontre troublante entre le leader d’une troupe théâtrale, Clécio (Irandhir Santos, au sommet de son art) et Fininha (Jesuíta Barbosa) , jeune et beau petit militaire en passe de finir sa formation à l’académie. Le jeune homme sera amené à faire un choix entre la caserne, où il mène une vie austère, rude, violente, quasi spartiate et l’univers fertile et coloré d’une troupe théâtrale qui baigne dans la promiscuité de sa condition artistique… et queer.

Choquante et forte est l’expérience visuelle que nous propose Hilton Lacerda grâce à un jeu de lumières agressif. .. le passage de l’obscurité à l’éclairage à outrance témoigne, il me semble, d’une volonté du réalisateur de construire une nouvelle perception de la morale sociale : c’est dans le noir que se trouve la vertu, la lumière révèle nos vices… Le combat politique est un combat d’ordre moral. Car tout le film est fondé sur des choix. Et c’est là une cruelle révélation…

Sensualité et sensibilité vs brutalité et masculinité

Certes, le film est quelque peu didactique, mais il y a, de l’opinion de certains téléspectateurs, une part phénoménologique dans cette oeuvre fictionnelle, car, en définitive, ce qui compte, c’est la façon dont Tatouage « se laisse voir » à chaque individu présent dans la salle. Le film est essentiellement une poésie subversive (scène du cardinal).

On passe constamment d’un monde à l’autre, d’une réalité à l’autre… de la nuit à la lumière affligeante du jour (faiblesse technique ou intentionnalité à peine masquée?)… du huis clos quasi permanent dans le film, on s’ouvre, à travers une fenêtre, à la grandiosité suffocante et hostile de Récife, après une première nuit d’amour de ce couple homosexuel… une scène immémorable !

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Crédit : Universo Produção/ Flickr.com

La vie bohémienne des artistes gays de Recife

La famille recomposée. C’est un thème qui fait parler aujourd’hui. Mais, ici, Hilton Lacerda nous propose une vision des années 1970, finalement assez contemporain e: comment éduquer un adolescent dans un univers aussi trouble que celui de Clécio ? Son fils partagé entre un père homosexuel et une mère célibataire incarne finalement les dilemmes moraux de notre époque

Clécio balance dans ce microcosme émotionnel entre son jeune amant et sa famille.  « Je n’ai jamais dansé comme ça avec un homme » lui souffle Fininha, auquel il rétorque : « Je n’ai jamais dansé comme ça avec un soldat »… Tout le temps ce jeu entre paradoxes, le conflit identitaire et politique entre ces deux protagonistes/antagonistes. C’est ici aussi, le premier moment initiatique d’une vie adulte de combat qui se profile devant Fininha au moment où la dictature des militaires commence à flancher, la fin des années 1970.

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Crédit : Universo Produção/ Flickr.com

Une note négative tout de même dans ce chef-d’oeuvre, comme Récife commence à nous habituer, concerne une certaine fragilité des dialogues; pas assez subtils, peut-être aux yeux d’un sociologue comme moi, une référence trop naïve à Michel Foucault qui sonne « bobo »… Gays et « bobos » en lutte contre la dictature, on aura tout vu… mais, peut- être que quelque chose m’aura échappé dans la démarche d’Hilton Lacerda comme me l’a fait remarquer une amie…

Quant au titre du film, on laissera le téléspectateur décider de sa pertinence… Un indice : le choix.