Dictatures africaines, la jeunesse est complice

https://www.flickr.com/photos/un_photo/6499916279/sizes/m/in/photostream/Crédit: United Nations Photo/ Flickr.com/ CC

Après ma conférence/débat sur « La Démocratie et les Conflits en Afrique » dont je vous ai présenté le compte-rendu ici, j’ai réfléchi sur les raisons d’une telle résistance de la part des africains quant aux valeurs démocratiques souvent interprétées comme impérialistes. J’en suis arrivé à l’évidence que beaucoup d’entre nous ne veulent pas de la « démocratie occidentale » parce que l’autoritarisme et le patriarcalisme les arragent. (suite…)

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

8 Commentaires

  1. « Le véritable mal de l’Afrique n’est pas son élite du pouvoir, c’est sa jeunesse corrompue dès la base » mais Serge, la jeunesse ne copie-t-elle pas ce que l’élite fait? Dans des pays où parfois, on a ostracisé les réels modèles pour ériger les dictateurs au rang de modèle, que faire? Une autre question: comment faire régner la « démocratie – méritocratie » dans des sociétés plurielles où l’idée de nation n’est pas encore suffisamment encrée dans les mentalités? C’est juste quelques points de discussions au delà de la qualité toujours aussi intéressante de ce billet.

    1. Je n’ai vraiment pas de réponse moi-même… mais je suppose que c’est un cercle vicieux.
      Quant à la « méritocratie », elle a ses limites comme le système français des grandes écoles l’a montré ou encore les universités américaines… mais ce sont des choses qui peuvent évoluer avec l’introduction de petites choses comme les concours publics par exemple…

  2. Depuis un moment j’apprends à faire un distinguo entre élite nationale et citoyen engagé. C’est étonnant de constater que les lumières (élite) de la société soutiennent des idées pessimistes et défaitistes alors qu’on attends d’eux des valeurs positives et optimistes à inculquer dans leur entourage…

  3. La problématique de la démocratie en Afrique est bien profonde et j’observe pour ma part que la réflexion ne sera pas féconde si on l’aborde par le sommet comme tu le fais. On peut y trouver plus de coupable que de victimes.
    La démocratie est un processus dont le moteur est le consentement éclairé du peuple. Mais pour avoir la clairvoyance, il faut etre éduqué, instruits et les peuples africains et donc la jeunesse sont en majorité non instruits ou faiblement instruits. De là, vive les amalgames.
    Au lieu que le débat démocratique soit guidé par l’efficacité des projets et acteurs en jeu pour le mieux être du peuple, donc la méritocratie comme tu le dis, il est biaisé par des futilités ethniques, religieuses ethnique ou autre.
    La jeunesse, vulnérable, est bien souvent instrumentalisée par les élites politiques pour arriver à leurs fins ce qui me fait penser que la question de l’instruction généralisée est primordiale pour minimiser les paradoxes et consentements viciés comme on l’observe dans les démocraties africaines.
    Les leader politiques savent que sur dix jeunes qui ont faim, huit feront n’importe quoi pour manger et la majorité démocratique est toute trouvée..
    Vivement que la prise de conscience se généralise sur les préalables démocratiques pour un approfondissement des démocraties en Afrique.
    Cordialement.

      1. Tout à fait. Et justement, parce qu’elle est affamée et vulnérable. Elle est donc plus victime que complice car instrumentalisée. Mais après tout, c’est une question de point de vue.

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