Brésil 2014 : 10 astuces pour voyager comme George Clooney

https://www.flickr.com/photos/lupitaharris/4305116242/sizes/m/in/photostream/Crédit photo: mgharris / Flickr.com
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Si vous avez prévu de venir voir la Coupe du Monde de la Fifa au Brésil, ce billet vous concerne au plus haut degré. Vous êtes probablement tombé sur de nombreux articles, sur So Foot ou sur France Football, critiquant la désorganisation structurelle des Brésiliens. Pour ma part, je souhaite partager mon expérience de « globe-trotter » vous offrant « dix astuces » pour éviter des déboires pendant votre voyage en terra brasilis.

Avant toute chose, une question. Qui a regardé le film de George Clooney,« Up In The Air » ?  Un film qui àquelques exceptions près pourrait bien se nommer, le « Guide du voyageur pragmatique » ?

Personnellement, avant chaque voyage à l’étranger je revois ce film ô combien utile où le beau George Clooney nous donne quelques recettes de « haut vol ». J’utiliserai donc, certaines idées cloonesques auxquelles je joindrai des faits de ma propre expérience.

1. Voyagez léger et suivez les clichés. En 2013, j’ai écrit sur ce blog que certains clichés valaient la peine d’être (ré)affirmés. Ok, mea culpa ! Disons, que si on les prend avec humour, ils peuvent passer. Ainsi donc, George Clooney explique qu’il faut absolument éviter les Arabes, les femmes enceintes, les familles nombreuses dans les aéroports. Fuir ces personnes peut tout simplement signifier arriver à l’heure à un rendez-vous ou ne pas perdre une connexion. A bon entendeur…

Des conseils pratiques ici. Je confirme la plupart des arguments présentés dans le texte. En complément, j’ajoute qu’il vaut mieux ne pas porter des chaussures à lacets, ça vous évitera de perdre 5 à 10 minutes pour passer le contrôle dans certains aéroports.

2. « Bom dia, por favor, saída, Informação, câmbio ». Vous avez de la chance. A mon époque (2008), quand je débarquai au Brésil, les aéroports nationaux et internationaux n’offraient pas de services en langues étrangères. Aujourd’hui, « esprit Fifa » et « esprit olympique » obligent, mêmes les gares et les terminaux de bus proposent les informations en espagnol et en anglais.

Mais comme les francophones ont la phobie des langues étrangères, voici une petite liste des mots portugais essentiels pour tout voyageur étranger en visite au Brésil: Bom dia égal Bonjour. Por favor, c’est pour attirer l’attention en étant poli, et ça veut dire « s’il vous plaît ». Ensuite, levez souvent la tête à la recherche des mots-clés comme « saída », c’est à dire, la sortie… ou Informação, évidemment, pour vous renseigner. Regardez les plaques bleues ! Enfin, il y a ce mot magique « câmbio », plus connu comme exchange… c’est pour convertir votre monnaie en real.

3. Ne dormez pas dans les aéroports, mais si vous n’avez pas le choix… ce point entrera en contradiction avec le dernier (10) , mais qui a dit que la vie était simple? Les aéroports brésiliens sont précaires, rien de nouveau ici. Ce qui m’énerve le plus dans les aéroports brésiliens, c’est l’absence totale de bancs; vous trouverez plus de restaurants que de sièges où reposer votre tête. Vous aurez donc le choix entre dormir… assis. Ou dormir… sur le sol. Bonne chance aux courageux. Une étude a montré que dans tout le pays, un seul aéroport est de bonne qualité, à savoir, l’aéroport de Récife (Pernambuco). Ah, oui, en principe, il n’ y aura pas de Wi-fi gratuit.

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Guarulhos_International_Airport_Sao_Paulo_Brazil_Terminal_1_Wing_A.jpg

Aéroport de Guarulho à São Paulo, crédit: Tango21961/ Wikimedia Commons

4. Evitez Gol, même si le nom est tentant…. en arrivant au Brésil, si vous devez faire un déplacement avec votre sélection nationale, vous serez probablement tenté par la compagnie aérienne portant le nom « standardisé Fifa » … de Gol. Erreur. Une raison pour vous en persuader: à bord, un coca coûte 3 dollars alors que sur les autres compagnies, c’est gratuit. Le monopole des compagnies aériennes présentes au Brésil crée un phénomène pervers de hausse des prix et de précarisation des services à bord [PDF en portugais, indicateurs et graphiques].

5. Cela peut être intéressant de voyager en bus, même si ça ne fait pas trop… « George Clooney ». Mais pensez-y. Moi par exemple, j’ai un projet un peu fou pour cette Coupe du Monde. Partir en bus, visiter les villes du Nordeste brésilien pendant toute la durée du Mondial. Le premier avantage est que tu payes trois fois rien. Après tu rencontres des gens « vivants » et « simples », rien à voir avec l’univers aseptisé des aéroports. De plus, si vous allez prendre une connexion dans un aéroport, vous passerez probablement beaucoup de temps dans les capitales où le prix d’un simple taxi peut atteindre 100 dollars… courage, donc!

6. Les maillots appréciés. Les Brésiliens sont très fanatiques. S’il y a un mythe à défaire d’un trait, c’est celui qui veut que les Brésiliens aiment leur seleção avant toute chose. Faux ! Les clubs passent avant. Donc, si vous allez passer du temps à Belo Horizonte, Rio de Janeiro, Porto Alegre ou São Paulo, c’est mieux de faire attention à ne pas porter le maillot d’un grand club de la capitale. Par exemple, à Porto Alegre, évitez le maillot de l’Internacional ou celui de Grêmio… qui sait quel fan vous pouvez rencontrer dans la rue. Si vous allez à « BH » (capitale de Minas Gerais, surtout pas de maillot de l‘Atlético Mineiro, le club de Ronaldinho, ni celui de Cruzeiro. Pareil à São Paulo ou Rio, évitez les uniformes des clubs locaux.

Par contre, les Brésiliens apprécieront si vous portez un maillot du Cameroun, pour Roger Milla, évidemment. Ils aimeront encore plus si vous arborez le maillot flanqué du coq… Zidane est idolâtré par ici. Mais attention, surtout pas Messi, Xavi ou Cristiano Ronoldo. En général, les Brésiliens aiment les idoles qui ne peuvent plus leur nuire

7. L’alimentation tropicale peut vous jouer des tours... personne ne veut passer 79 % de son temps libre dans une cabine… vous voyez ce que je vais dire. Ne vous fiez pas à tout ce qu’on vous offre à manger. Deux choses peuvent comploter contre votre estomac: la chaleur et la gastronomie « exotique » des Brésiliens. Mélange explosif, alors, attention!

8. Après l’euphorie des matchs, ne sautez pas sur les filles comme des goujats… Attention, Ivoiriens, Nigérians, Français et Congolais, vous avez mauvaise réputation au Brésil. Ne pensez pas que toutes les femmes brésiliennes aiment être traitées comme des… heu, on évitera les gros mots pour aujourd’hui. Si vous y allez trop fort, vous risquez de vous ramasser une claque. C’est que le féminisme est en hausse ici, et les dames distribuent des baffes comme des bonbons, alors… Tiens, regardez le film, George Clooney peut toujours vous passer quelques tuyaux sur comment aborder les filles qu’on ne connaît pas…

http://www.baixandowallpapers.com/wallpapers/amor-sem-escalas-1264.html

9. Prudence en Afrique du Sud. Une grande partie des supporters qui viendront de l’Afrique passeront évidemment par l’Afrique du Sud, l’un des rares pays dans le continent à offrir un vol jusqu’à São Paulo. Alors, là, prudence ! Vérifiez bien vos documents parce que les agents de la douane sud-africaine ne sont pas des enfants de choeur. La moindre discordance de date peut virer au drame. Si par exemple votre billet retour dit que vous resterez 15 jours au Brésil et que votre réservation à l’hôtel est d’un mois, préparez-vous à glisser 50 dollars dans la poche de l’agent de contrôle aux frontières. J’ai été témoin de cette scène il y a un peu plus d’un an…

10. Ne quittez pas l’aéroport. En 2008, lorsque je suis arrivé au Brésil, naïf et joyeux, j’ai perdu toutes mes illusions à l’aéroport de Guarulhos quand une jeune femme, bienveillante, m’avisa, presque en chuchotant: « Quoi qu’il arrive, ne quittez pas l’aéroport. C’est trop dangereux! ». Merde. Serai-je donc obligé de vivre dans un aéroport, comme Tom Hanks? La violence a rendu les citoyens paranos. Je ne vais pas décider à votre place. Mais si vous n’avez pas le sens du risque, l’instinct de conservation, aventurez-vous dans les villes brésiliennes sans crainte. Remarquez, ça peut être sympa de regarder la Coupe du Monde en zone internationale…

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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11 Commentaires

  1. Qu’est-ce que tu m’as fait sourire avec ton Clooney!

    Bonne fin de séjour à Abidjan, je vous suis avec application tous les jours, même si j’avoue que mon cœur me picote quand je vous vois tous revivre sans moi cette aventure… bizz!
    PS: merci pour la leçon de portugais, on ne sait jamais, ça pourrait servir!

  2. bel article!

    Mon frère tu fais une mauvaise pub pour la compagnie gol, ça peut te couter une dénonciation hein. Vraiment j’ai aimée de lire  » il faut fuir les femmes enceinte » les pauvres…
    🙂

  3. Haha! Pas mal du tout! Effectivement je serais arrivé la fleur au fusil, ne me doutant d’aucun danger… bon de toute façon je ne serai pas au Brésil pour le mondial de foot. Mais les conseils peuvent s’appliquer pour n’importe quel voyage au Brésil donc c’est bon à prendre et me voilà prévenu 🙂

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