Togo-Bénin: « Dois africanos », le hip-hop veut conquérir le Brésil

(Big "le rebel" et Izy Mistura "Hervé")

Togo et Bénin, deux pays que je connaissais très peu avant de rencontrer deux jeunes talents, Izy Mistura “Hervé” et “Big” le rebelle plein de vitalité et d’engagement. Ils se dédient avec passion à la promotion de leur premier album justement baptisé Primeiro passo.

Photo couverture du CD

 

 

 Dans la plus grande métropole de l’hémisphère sud – São Paulo – ils se créent leur petit chemin et enregistrent Primeiro Passo, l’album qui doit les lancer. Dois africanos est un duo engagé dans la promotion de la culture africaine, ils chantent l’interculturalité afro-brésilienne. Leur particularité c’est aussi les atouts linguistiques qu’ils apportent , jaugeant parfaitement l’Anglais, le Français, le Portugais dans leurs morceaux, mais bien entendu aussi le Mina et le Fon – authenticité oblige.

Je vous laisse découvrir les artistes…

Interview

Carioca Plus: Qui sont DOIS AFRICANOS à l’état civil ?

Dois Africanos : Dois Africanos c’est Izy Mistura à l’état civil Hervé Baba est un étudiant togolais en traduction et Opai BigBig de son vrai nom Vivian Mouvi, étudiant béninois en diplomatie et relations internationales.

Carioca Plus: Comment le Togo et le Bénin se rencontrent dans cette aventure ? Est-ce que vous souhaiter faire passer un message avec cette association ?

Dois Africanos : Nous sommes arrivés au Brésil chacun avec son histoire et relations passées avec la musique. Mais on est venu pour les études, on échangeait la soirée du 14 février 2012 à Joao Pessoa quand chacun a découvert un plus chez l’autre de là on a décidé de monter le duo. Nous voulons montrer au peuple africain de la Diaspora qu’ensemble on est meilleur.

Carioca Plus: Vous vous dédiez à la musique à temps plein ? Avez-vous d’autres projets à long terme ?

Dois Africanos : On se dédie beaucoup à la musique. Notre souhait est d’atteindre un grand niveau avec la musique afin de faire tomber les masques sombres qui cachent les vraies faces et couleur du continent africain.

Carioca Plus: Vous êtes d’origines francophones, si on peut le dire ainsi, et vous avez dû apprendre le portugais pour toucher le public brésilien. Est-ce que cela fait aussi parti de votre détermination ?

 dois africanos

Dois Africanos : On a dû effectivement apprendre le portugais afin de pouvoir suivre nos cours qui se passeront en portugais et nous chantons aussi actuellement en portugais parce que la langue est le facteur principal de la communication et si nous voulons communiquer avec le public brésilien faudrait bien chanter en portugais. Mais il y a toujours des traces du français, anglais et nos langues africaines sur l’ensemble de nos œuvres car nous visons bien plus que le Brésil, la terre entière.


Carioca Plus
: Ça prouve aussi qu’on peut être artiste musicien et investir dans les études, c’est devenu de plus en plus utile d’ailleurs.

Dois Africanos : Si, étudier c’est se cultiver. Savoir avec exactitude les sujets qu’on développe dans ces chansons est d’une importance capitale. En plus la réalité africaine d’aujourd’hui fait que le continent a besoin d’intellectuels. Tout est question d’organisation. Déjà que la musique est vue comme étant le travail des ratés scolaires, nous voulons prouver avec certains devanciers qu’on peut bien combiner les deux. Travailler sans se distraire c’est être triste, se distraire sans travailler c’est être maboul. Les deux vont de paire. On peut bien étudier et faire de la musique.

 

 bigy-le-rebel

Carioca Plus: On sent quand même que le Portugais occuppe plus d’espace dans vos chassons, est-ce un choix stratégique ?

Dois Africanos : Effectivement, c’est un choix stratégique pour être sûr que nous avons l’audition brésilienne.

Carioca Plus: qui écrit vos chanssons ?

Dois Africanos : Nous deux, l’un trouve l’idée et chacun écrit sa partie ensuite ensemble on enrichit le tout pour être bien en accord avec le développement de chacun.

Carioca Plus: Racontez-nous comment a été l’expérience du studio, ce n’était la première pour toi Big? Izy ?

DSC00214Dois Africanos : Ordinaire… Déjà au Togo Izy Mistura avait enregistré pleins de morceaux avec son collectif et des collaborations avec d’autres artistes. Opai BigBig aussi de même alors çà a juste été un retour à ce qu’on faisait déjà mais faut dire que la technique d’enregistrement d’ici est différente de la nôtre mais l’ingénieur a bien sûr surmonté les barrières pour se retrouver dans notre univers. C’est des moments inoubliables de partage de savoir faire pour nous…

Carioca plus: Dans le morceau intitulé Eu sou de lá, on sent bien votre intention de dire vos origines, mais sans une envie d’agresser  mais plutôt d’intéresser les gens à votre culture. Mais, je constate aussi le singulier employé dans le titre alors que vous êtes deux…

Dois Africanos : C’est vrai que ce morceau c’est une réclamation de nos origines dans ses états véritables. Nous avons dû utiliser le singulier pour montrer que vivant la même réalité chacun à une notion personnelle selon sa conception de ses vécus.

Carioca Plus: que pensez-vous des styles musicaux brésiliens comme la Bosa-nova, la Samba, le Funk qui prend de l’ampleur dans les favelas? Ils vous inspirent ? Pensez-vous à les additionner à votre répertoire très varié ?

Dois Africanos : Nous respectons beaucoup la richesse des genres musicaux brésiliens surtout la force de sa consommation locale. Nous nous inspirons si, dans le sens où on l’écoute pour apporter un plus pour éviter l’effet DEJA VU !!! Bien sûr que nous allons additionner çà à notre répertoire déjà sur Primeiro Passo il y a un dernier morceau qui a été proposé à la dernière minute qu’on a déjà écris mais pas encore enregistré à l’instant T. C’est le morceau « Pop Samba » qui sera un genre de samba avec des rythmes et couleurs hip hop et  pop.

Carioca Plus: Un message pour le public africain ?

Dois Africanos : Nous sommes d’une terre qui est très très mal connue au-delà de ses frontières. L’Afrique a besoin de ses fils. Le petit grandira reprendra le même chemin que l’ancien, alors que les aînés œuvrent pour être un authentique exemple pour les plus jeunes. Rien n’est impossible quand on a la volonté et la détermination. La motivation est le moteur de la réussite. Merci beaucoup à vous et du courage pour Carioca Plus et tous les africains qui se battent pour que la lumière qui est appelée Obscurité retrouve son nom.

Carioca Plus: Pour plus d’info sur vous comment peut-on faire ?

Dois Africanos : Nous sommes joignables sur notre page Facebook :

http://www.facebook.com/pages/Dois-Africanos/289692944459871

 

 

 

Notre blog :

http://doisafricanos.blogspot.com.br/

 

Notre mail :

doisafricanos@gmail.com

 

Carioca Plus: Un mot de fin ?

Dois Africanos : Croire en soi même si non les autres ne le feront pas. Comme quoi la charité bien ordonnées commence par soi même.

 

http://www.youtube.com/watch?v=1epm5A10Brk

Et le bonus

 

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
Serge

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21 Commentaires

  1. we super j’ai aimé. juste leur souhaiter de bonne chance qu’ils puissent atteindre leurs objectifs, je les ai pas connu mais je les soutiens. Bonne chance

  2. Merci Serge pour la découverte. J’ai lu, j’ai écouté, j’ai vraiment apprécié la pertinence de leurs propos, leurs sons. Pourvu qu’ils poursuivent les musique et les études. Bonne continuation à eux.

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