Le racisme et l’islamophobie, modus vivendi en Israël

https://www.flickr.com/photos/rogerblackwell/3184075265/sizes/z/Crédit photo: Roger Blackwell | Flickr.com
https://www.flickr.com/photos/rogerblackwell/3184075265/sizes/z/

Crédit photo: Roger Blackwell | Flickr.com

Simple artisan de la caméra qu’il est sans doute, Marcel Ophuls, fils du «Grand Max» embarque dans une voiture à la recherche de la vérité sur la dégradation du conflit israélo-palestinien. La vérité qui l’intéresse est en fait un condensé de vérités, puisqu’il donne la parole aux nombreux acteurs de ce brûlot qu’est devenu le territoire israélien. Ce que l’on découvre est un lamentable spectacle d’islamophobie.

Des personnalités comme Zeev Sternhell (l’un des plus grands intellectuels israéliens encore en vie, c’est lui qui mériterait l’Académie, pas Finkelkraut) et Edwy Plenel prêtent leur nom à ce projet du documentariste franco-allemand; le but étant de récolter assez de fonds pour filmer ce documentaire dont le budget s’évalue à 50 000  euros.

Il faut donc le voir. Il dure – pour l’instant – 12 minutes. On y voit en passant, Jean-Luc Godard, pas très agréable, certes; mais c’est semble-t-il l’intention initiale de Marcel Ophuls. Cela commence avec un certain humour, mais le ton va vite monter pour atteindre le tragique irrémédiable…

Voilà donc Marcel Ophuls, accompagné de son guide, un homme dans la trentaine, Israélien résigné par le spectacle du radicalisme qui s’empare de la jeunesse de son pays, il sait que lui aussi est responsable puisque tout se fait au nom des juifs: « nous sommes tous embarqués », confesse-t-il à Ophuls.

Pour une jeune fille qui songe à « épouser un Arabe », le suicide sera peut-être la seule issue. Sinon, des jeunes radicaux se chargeront de l’éliminer comme un cancer qu’on extirpe: » Si elle se perdait elle-même, il n’y aurait pas de problème. Mais là, c’est l’âme de ses futurs enfants qu’elle veut perdre et aussi Israël, c’est inacceptable! », des propos absurdes qui laissent parfois penser que l’on nage dans la simple fiction. Hélas, non.

Ce documentaire, s’il sort un jour, devra être vu en complément du film de Charles Enderlin, correspondant depuis quarante ans pour une chaîne française en Israël, lui aussi résigné… Est-ce le sort de tous ceux qui ont vu ce conflit de près?

C’est un road movie filmé sous forme d’enquête initiatique que l’on espère voir prochainement… en 2015, normalement. En attendant, ces 12 minutes suffisent…

The following two tabs change content below.
Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

2 Commentaires

  1. C’est fascinant en effet, Israël est un paradoxe étonnant: un peuple ayant échappé au pire et qui fait aujourd’hui partie des plus racistes, racialistes, belliqueux et sectaires de la planète (pour certains extrémistes). Et ce conflit Israélo-palestinien, d’une telle tristesse. Finalement c’est tant mieux que Chaim Weizmann ait coupé l’herbe sous les pieds à Theodor Herzl et que Israël ne se soit pas installé en Ouganda! MDR
    Attendons de voir la fin de ce docu

    1. Ah ah, c’est drôle le dire comme ça mais ça fait flipper de penser à un tel projet en Afrique Centrale. Nous avons nos propres problèmes, on se débrouille bien sans eux.
      Eh oui, le documentaire – provisoire – est déjà très passionnant. Vivement le reste… avec un peu de financement, ça ira !

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *