Gabriel García Márquez: « Jamais sans mes putains… »

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gabriel_Garcia_Marquez,_2009.jpgGabriel García Márquez, crédit: Festival Internacional de Cine en Guadalajara|Wikimedia Commons
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Gabriel García Márquez, crédit: Festival Internacional de Cine en Guadalajara|Wikimedia Commons

J’avais au moins deux choses en commun avec Gabriel García Márquez: j’adore Ernest Hemingway comme lui et je suis déjà tombé amoureux d’une pute… comme l’un de ses personnages les plus connus. Gabriel García Márquez est mort à l’âge de 87 ans.

La nouvelle a vite couru dans les rédactions, l’auteur de Cent ans de solitude et de Mémoires de mes putains tristes s’en va laissant tout un continent orphelin de son charisme et de sa force politique: ici, on se souviendra surtout de sa relation avec Cuba et Fidel, ce qui n’avait pas manqué de convaincre des millions de lecteurs sud-amércains que cet homme-là pouvait « parler pour eux », même s’il s’en est toujours défendu.

A propos de Cuba, il n’était pas de ceux qui suivaient la mode, de ceux qui adaptaient leurs consciences à la nécessité d’une époque… Et cette phrase prenait alors toute sa portée:« E também, a moralidade é uma questão de tempo » « la moralité est une question de temps ». Il avait sans doute compris la nature humaine,

J’ai découvert très tardivement son oeuvre. Moi, immigré congolais au Brésil, à l’école initiatique des « amours latinos », recevais en présent d’une ancienne conquête deux romans de ce monstre sacré, justement les deux pré-cités.

Je fus immédiatement conquis par son style incomparable. En vérité, assez comparable à celui d’Hemigway à mon sens… mais son univers est radicalement nouveau et surtout adapté à l’imaginaire sud-américain.

Il est de ces écrivains que quiconque prétend comprendre « l’âme sud-américaine » devrait lire: Pablo Neruda, Gabriel García Márquez, Machado de Assis, Jorge Amado ou Euclides da Cunha.

Gabriel García Márquez est devenu un homme universel grâce à son oeuvre, mais par justice, disons surtout que son humilité lui a permis d’atteindre ce statut tant convoité et qu’à mon sens seuls deux écrivains du siècle passé ont atteint: Camus et lui. Qui d’autre est capable d’écrire de si belles lignes à propos d’Hemigway, son maestro,  de se faire si petit face à l’auteur de For Whom The Bell tolls comme s’il était en présence de Dieu himself? Il faut lire son merveilleux texte sur le site du New York Times pour comprendre à qui on a affaire…

Il vaut mieux terminer une si triste journée avec une phrase spirituelle d’un autre écrivain universel, certes d’un autre siècle, mais tellement actuel:

« Après qu’un homme apprend à penser, il ne pense qu’à sa propre mort » – Léon Tolstói, La mort d’Ivan Ilich.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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2 Commentaires

  1. Bel hommage, même si après le chapeau il y a une petite déception à la lecture. Car si on reparle bien d’Hemingway, l’amour pour la putain est un peu éclipsé. Et elle n’apparaît pas dans les mots clefs…
    Un sourire d’un lecteur voyeur…

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