Rodrigo Amarante: une comète hors du temps

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Rodrigo Amarante, crédit: y.caradec/ Flickr.com

J’ai découvert son album solo en deux temps, pour être franc. Une première fois en parcourant la rubrique culturelle du Monde.fr qui dresse un joli un portrait du guitariste et compositeur carioca; une autre fois en écoutant une émission de radio. Rodrigo Amarante [se lit amarantshi] est surtout connu pour être l’un des vocalistes du groupe Los Hermanos, très populaire chez les jeunes, notamment.

Los Hermanos est un groupe de Rock Pop très distingué en Amérique Latine, quoique personnellement, je l’ai toujours un peu évité même quand ils venaient dans ma ville… forcément avec le label « Rock ».

« Anna Júlia« , L’un des tubes les plus importants du groupe a par ailleurs été repris par Jim Capaldi et George Harrison (oui, celui-là même) dans une version anglophone, mais le résultat est fabuleux. C’est dire l’importance du groupe carioca dans les années 90 et début 2000.

Avec cet album, Rodrigo Amarante s’engage dans un style plus ésotérique, et par conséquent moins « grand public ». Il chemine hors du temps à la recherche du vide… On sent dès les premières notes de « O Cometa » une touche personnelle voulue (et recherchée) par Rodrigo. On est pas très loin de la voix mélancolique qui fut la marque de « La fille d’Ipanema » – A garota do Ipanema.

Le flirt avec la Bossa Nova est assumé… et réussi.

Il est non seulement à la recherche de lui-même mais aussi d’un public érudit et sûr de lui. La démarche philosophique est périlleuse, diront certains. Et pourtant l’artiste touche le fond de notre âme dans cet album sur l’exile, car il vit désormais à Los Angeles:

« Je ne suis pas en train de peindre quelque chose pour que les gens soient tristes comme moi. C’est le contraire, je suis enchanté par cet exercice de prospection intérieure. » [Interview à Folha de São Paulo]

Dans le titre, « Mon Nom », Rodrigo Amarante assume définitivement son idée initiale de parler de l’exile. Enrégistré en français (carrément), cette chanson est une tentative de créer des liens entre l’étranger et le monde. C’est le titre le plus universel de l’album. Rodrigo Amarante est donc un bâtisseur de ponts.

Laissez-vous bercer !

>> Retrouver l‘intégralité de son concert au Café de la Danse, sur Arte.

>> Le clip exclusif du titre « Maná »… et la belle critique des Inrocks.com.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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