Absurde, absurde bureaucratie !

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Vous avez compris. Je vais encore me plaindre. J’adore Kafka, vous le savez, je ne perds jamais une bonne occasion de le citer. Mais, il n’y a pas que lui qui m’intéresse parmi « les philosophes de l’absurde« . Je pourrais vous citer Max Weber, T. Adorno ou Hannah Arendt… qu’ont-ils donc en commun? C’est qu’ils se sont intéressés à un phénomène essentiel de la modernité occidentale : la bureaucratie.

Et s’il faut parler de bureaucratie, on placera, évidemment, le Brésil en tête de la liste des pays de l’absurde. A tel point qu’un mot a été inventé pour signifier l’absurdité des procédures administratives dans ce pays: « burrocracia », sachant que burro en portugais veut dire bête. Evidemment, bureaucratie en portugais se dit burocracia, vous remarquerez le redoublement du « r » pour la version parodique.

Adorno, Arendt et bien d’autres se sont intéressés à l’émergence de la barbarie en Europe diagnostiquant – trop tard – les effets de la bureaucratie dans la production de la « violence que l’on sait ». La bureaucratie crée des monstres comme Himmler ou Eichmann

Ce qu’on lui reproche c’est essentiellement le fait de retirer à l’individu toute capacité réflexive ou critique, toute responsabilité. Et parfois, tout sens de la proportionnalité. Un principe que les juristes connaissent parfaitement avec aussi le sens de la raisonnabilité.

C’est ce qui fait défaut au Brésil à bien des égards.

Par exemple. Je dois commencer un master en sociologie des médias (nouvelles technologies, NTICs, etc.) et au Brésil, le chercheur doit passer un examen de langue étrangère pour montrer qu’il peut lire et comprendre des textes écrits par des chercheurs qui produisent dans d’autres pays.

Figurez-vous que bien que je sois né en France, que je donne des cours de français dans un centre de langue étrangère, on me demande (quand même) de passer cet examen avec, à la clé, le payement d’une taxe d’inscription de presque 40 $. Ok, me direz-vous, ce n’est pas bien grave. Je veux bien, oui. Mais à la réflexion, je trouve tout cela d’une absurdité consternante. Et tout ça pourquoi ? Parce que, me dit-on : « La bureaucratie exige des papiers! ».

Je veux dire, ceci n’a rien de bien grave en comparaison avec ce qu’étudiaient nos amis Arendt et Adorno, mais tout de même, cela coûte-t-il de faire preuve  d’un minimum de bon sens?

Marre de tout …

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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5 Commentaires

  1. Mon cher ami, je me suis une fait une idée : la bureaucratie n’est pas absurde, non, non, elle a juste sa propre logique. Moi aussi, j’ai dû passer le test de français pour intégrer mon école de journalisme à Montréal et j’ai même dû faire le voyage spécialement pour ça… donc je comprends ta frustration. Ah, la bureaucratie, tout un poème, voire parfois un conte… et quelques années plus tard, on parvient quand même à en sourire. C’est ça le pire. 😉

    1. un voyage, tu dis? eh bien !
      Bon, pour l’instant, le centre m’a proposé de présenter mon attestation de naissance et quelques documents qui prouvent que je parle français… j’ai dû l’ouvrir quand mÊme hein, ma gueule…

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