Stupéfaction au Brésil après la nouvelle « trouvaille » de Museveni

http://www.flickr.com/photos/dfid/7557146250/sizes/m/in/photostream/Crédit photo: DFID - UK Department for International Development/Flickr.com
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Crédit photo: DFID – UK Department for International Development/Flickr.com

L’Afrique continue de faire parler d’elle. Mais toujours en mal. Et cette fois-ci, on ne viendra pas accuser le méchant blanc de s’en prendre à ceux qu’il considère comme ses éternels esclaves. Je m’avance trop vite, en fait. Car après la promulgation d’un projet de loi qui sanctionne plus durement l’homosexualité en Ouganda, on apprend que la mesure tombe comme une réponse à la mauvaise dynamique occidentale qui projette dans notre continent des comportements sexuels peu recommandables.

Voilà donc notre ami Yoweri Museveni qui s’illustre mondialement en s’attaquant une fois de plus aux homosexuels, mais aussi aux personnes atteintes du VIH, puisque la loi considère certains comportements sexuels comme des « actes d’homosexualité aggravés » lorsqu’ils engagent aussi des personnes séropositives.

Non content de s’acharner sur une partie des Ougandais qui ont le droit de faire ce qu’ils veulent de leur cul, mais en plus, Museveni et les législateurs ougandais démontrent une profonde ignorance en stigmatisant également les malades du sida.

Hypocrites ! Si la sodomie devenait un crime en Afrique, la moitié du continent serait derrière les barreaux

Complices du pouvoir, comme toujours, les médias s’illustrent désormais par des actes de délation en publiant des listes d’homosexuels: on se croirait en 1940 lorsque certains Européens dénonçaient leurs voisins juifs à la Gestapo.

Un collègue mondoblogueur a abordé ce même sujet dans un billet où il explique que « la décision de Museveni est effectivement politique, puisqu’elle lui sert comme une espèce de baromètre de popularité« .

J’ai plutôt la sensation que l’on voit naître en Afrique une nouvelle forme de populisme qui surfe sur la haine des homosexuels dans le continent, une haine culturellement répandue et à peine voilée puisque nous vivons dans un contexte déficitaire en termes démocratiques.

Le peuple acclame Yoweri Museveni ignorant qu’il lui donne les moyens de sa folie.

Au Brésil, la nouvelle a été accueillie avec stupéfaction. Plusieurs médias de premier plan en ont fait leur Une à l’instar des journaux paulistes Estado de São Paulo ou Folha de São Paulo. Evidemment, la publication par un tabloïd ougandais d’une liste d’homosexuels a encore plus choqué.

Dès lundi 24 février, l’association All About lançait une pétition dans le but de faire réagir les autorités internationales, les entreprises implantées en Ouganda et différents autres partenaires du pays. Les trois cent mille votes espérés par les organisateurs devraient être atteints dès mercredi ou jeudi. Espérons aussi que la communauté internationale saura prendre les mesures qu’il faut. Non, je rêve trop…

Alors, au-delà de la loi en elle-même, il est important de dire à quel point les Africains eux-mêmes refusent d’avancer vers une démocratie qu’ils sont des millions à revendiquer. Museveni et ses acolytes se cachent derrière l’appui populaire pour promulguer de telles lois. Malheureusement, un peu partout en Afrique c’est la même situation.

Les Africains se plaignent que les médias occidentaux véhiculent une image négative du continent, et pourtant ils sont eux-mêmes incapables de faire mieux. Pitoyable !

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 P.S : les plus fidèles de mes lecteurs ne tomberont pas dans la facilité de croire que je suggère que le Brésil soit un paradis pour les homosexuels. J’ai toujours été le premier à critiquer ce pays. Mais là, il s’agit de parler de l’Ouganda.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

7 Commentaires

  1. Le problème avec cette propagande de la pensé unique est que la démocratie, ne l’est que lorsqu’elle porte nos idées. La démocratie est par définition le pouvoir au peuple et si un peuple n’a pas encore introduit l’homosexualité comme norme équivalent à l’hétérosexualité, ça va transparaitre dans ces lois et c’est la preuve même que les lois sont le reflets des désirs du peuple…Alors vous choisissez de parler de populisme dans ce cas la…je crois qu’il y a une forme de malhonnêteté intellectuel dans cette analyse qui sautes au yeux. Lorsque la France choisi par les billets des ces élites de voter la loi pour le mariage pour tous, il n’a s’agit en aucun cas de populisme mais certainement pas de la démocratie non plus, en réalité je suis même certain que cette loi la n’aurait pas trouvé d’échos dans la majorité du peuple Francais, et des fois même dans les milieux gay il n’y a pas toujours de consensus sur la nécessité d’une loi pareil …mais ça ca nous parais démocratique? pourquoi? Parce que c’est l’évolution me dira ton ? Parce-que ça tends à plus de droit individuelles ? … A partir des quel moment une loi est-il considéré comme démagogue ou démocratique ? qu’elle est la limite entre les deux? je remarque juste que selon qu’elle plait ou pas au courant philosophique dominant elle est démocratique ou pas !!! Non à la pensé unique. Précision je suis contre cette loi (ougandaise) abject qui montre du doit, qui divise et surtout qui risque de faire énormément des victimes, mais je refuse la pensé unique que nous impose l’occident sur des thèmes aussi sensible que la sexualité.

    1. Trop de questions dans ce commentaire qui révèle en même temps une incompréhension de ce qu’est la démocratie. Pour être claire, la démocratie est le régime qui protège les minorité, et selon Tocqueville encore une fois, « la tyranie de la majorité est le plus grand danger pour la démocratie ». Pourquoi les amériicains ont-ils le premier et le deuxième ammendement?
      Et non! Le peuple n’a pas toujours raison, la preuve l’Egypte. Mais évidemment, on ne prend que ce qui nous intérèsse…
      Merci pour le commentaire.

      1. je n’attends pas réellement de réponses a ces questions mon but en les pausant, c’est de susciter une examination du concept de démocratie versus démagogie que tu développe…la démocratie n’est pas une valeur absolue car dans l’absolu elle est le pouvoir au peuple or le peuple peux se tromper donc finalement dans le monde des pays dit démocratique en réalité il y a tout un mécanisme qui fait en sorte que le peuple confie son pouvoir en des gens qui eux sont dans « la philosophie dominante »c’est donc une petite minorité appeler élite qui détient le pouvoir…ce qui explique une série de loi très impopulaire qui au nom de la philosophie supérieur dominante sont votés dans la majorité des pays dites démocratique…Et mes points sont « la pensé unique », » la philosophie minoritaire mais dominante », « démagogie versus démocratie » …Réfléchi sur ces sujets la et reviens…
        Je t’invite à lire cet article…
        http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-democratie-existe-t-elle-528390533570aa4f7904b95b

        1. Je vois ce que tu veux dire… pour avoir lu Charles Wright Mills, je suis d’accord sur les « Elites du Pouvoir ». Mais là où tu te trompes c’est de considérer mon argument comme démagogique. La démogogie c’est lorsque des dictateurs comme Mugabe et Museveni promulguent des lois fascites et essayent de se faire passer pour des politiques à l’écoute de leur peuple. Penses-y !

  2. Serge!
    Je ne sais finalement pas quoi dire en commentaire de ton billet. C’est tout simplement bien écrit. Je pense comme toi que ce populisme sous fond de haine contre les homosexuels est dangereux autant dans sa conception que dans sa mise en oeuvre sur le long terme. On se lance dans une chasse à l’homme qui n’arrange rien à la cohésion sociale déjà fragile sous nos cieux d’Afrique…

  3. ceci me laisse très perplexe, je ne sais pas si tu as écrit cet article à chaud ou quoi que ce soit dans ce genre là.
    Loin de valider les errements de Museveni, la question de l’homosexualité est à très de façon plus subtile et radicale. Je refuse d’appeler la crispation, naturelle et normale des populations face à cette sexualité du populisme, car ça n’en n’est pas (seulement). Il y a de nos jour une avancée agressive de l’homosexualité, imposée de façon insidieuse comme « nouvelle norme ». il ne faut pas s’étonner que ce genre de vision dissolvante entraine des réaction disproportionnées, je dirais même que c’est cette bienpensance et ce désir d’imposer ces normes qui est à la cause des dérives homophobes.

    Il ne s’agit pas seulement dut de s’enculer, car c’est une activité de loisir qui n’intéresse que ceux que ça intéresse.

    Enfin, on y reviendra un autre jour, certainement.

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