Les langues étrangères en hausse au Brésil

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hay-on-Wye_sign.jpgcrédit photo: Aloys5268/Wikimedia Commons
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Mes semaines sont de plus en plus courtes depuis que j’ai repris l’enseignement du français dans une école de langues étrangères pour les brésiliens. Il faut dire que le secteur est en pleine expansion, et cela est en partie dû à l’impulsion donnée par le gouvernement fédéral qui a lancé plusieurs projets d’échanges culturels et académiques pour les jeunes étudiants, notamment le Ciência sem Fronteiras.

Voici donc une belle occasion pour moi d’observer les problèmes qui affectent ce secteur du marché du travail. Si la demande est grande au Brésilpour ce qui concerne la recherche des cours de langues étrangères, la politique du gouvernement fédéral ne rend pas la tâche facile aux entrepreneurs qui souhaitent évoluer dans ce domaine.

Tenez par exemple: il y a quelques années, pour aller faire un doctorat en Espagne, le gouvernement brésilien exigeait du candidat un niveau d’espagnol C1 ou C2 selon les standards européens (sur une échelle allant de A1 à C2). Or, une double pression s’exerçant à la fois sur les universités européennes (obligées d’avoir un minimum d’étudiants étrangers pour être financiées) et sur le gouvernement brésilien (qui devait atteindre certains objectifs chiffrés) a fait que l’exigence de la maîtrise de la langue soit reduite au strict minimum.

Résultat, on constate un net récul de la demande en espagnol dans la majorité des centres de langues étrangères, ce qui est tout de même paradoxal étant donnée la proximité du Brésil avec ses voisins hispaniques d’Amérique du Sud.

Comme disent les puristes: “il vaut mieux laisser le marché s’autoréguler”.

D’un autre côté l’anglais reste la langue la plus recherchée par les brésiliens même si les écoles n’offrent plus de différence entre l’enseignement de l’anglais américain et du british… c’est le globish qui a pris le pas dans un monde globalisé, forcément.

Le but recherché n’étant plus de “bien parler l’anglais” comme la reine Elisabeth II mais bien sûr de communiquer, peu importe l’accent. Comme l’a souligné le directeur d’un centre de langue où j’ai suivi une formation: “désormais à Londres, on rencontre plus de paquistanais, des chinois, et des indiens que les anglais eux-mêmes, et donc l’accent n’est plus un facteur déterminant dans l’apprentissage de la langue”.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral étudie la possibilité de restaurer le français comme une langue officielle du fameux Bac brésilien, le Vestibular (administré par les universités) et le Enem (administré par l’Etat) , ce qui devrait hausser la demande des professeurs de français.

Le tout serait que les salaires soient plus attractifs…

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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