Pourquoi le système électoral brésilien dépasse celui des américains

Pour les non-avisés la comparaison peut paraitre forcée mais les Etats Unis d’Amérique ont bien de points communs avec le Brésil en matière de politique. Les deux pays ont adopté un sytème fédéral avec une organisation politique décentralisée. Pourtant, en plusieurs aspects les deux géants d’Amérique marquent une nette difference.

La démocratie a bien de significations selon les regions du monde que l’on parcourt, et même dans les pays occidentaux on retrouve diverses acceptions de ce régime. Les Américains ont leur régime présidentiel pour lequel les pères fondateurs ont errigés des multiples boucliers afin de préserver le peuple de la dérive autoritaires des tyrans. Les italiens ont leur regime parlementaire acquis avec tant de mal; la France se vante d’être le modèle planétaire de la démocratie, fort de son histoire révolutionnaire qui mit à mort l’ancien régime.

Je voudrais simplement revenir sur des aspects essentiels de ces deux modèles. L’Amérique a une tradition démocratique de plus de trois siècles – Alexis de Tocqueville l’a bien décrit dans son livre De la démocratie en Amérique – alors que le Brésil n’a que vingt petites années de démocratie stable. C’est peut être ce qui explique que du côté des brésiliens le vote soit obligatoire (trace d’un passé autoritaire ou soucis d’inclusion?); alors que dans le pays de l’oncle Sam le vote est facultatif. Néanmoins, un électeur brésilien peut tout de même se dérober à cet exercice politique et ensuite le justifier ou alors il peut se réserver l’option de payer une amende peut conséquente (moins de dix dollar américain).

La justice brésilienne est aussi très sévère à l’approche des élections, et ce envers les forces de l’ordre. Figurez-vous qu’au Brésil aucun électeur ne peut être arreté à deux jours des élections, une garantie républicaine contre toute tentative d’intimidation ou de manupulation du processus démocratique. Cette mesure est aux antipodes de la réalité américaine où même un candidat aux élections présidentielles peut être arreté.

D’un point de vue purement technique, le sytème de vote brésilien est plutot bien avancé par rapport à l’américain. En effet, le Brésil a  adopté depuis belle lurette les urnes électroniques – j’ai testé ce petit bijou il y a moins d’une année lors de l’élection du recteur de mon université et je peux vous dire qu’il s’agit d’un des modèles les plus fiables au monde. cette urne est aussi simple à manipuler qu’un terminal électronique de paiement.  

 Or les américains peinent à trouver un système fiable à 100 %, plusieurs observateurs on déjà fait état de pannes et de fraudes lors des derniers scrutins organisés chez nos amis les yankees. De plus, il semble que les appareils utilisés par les américains sont dépassés et datent de plusieurs années déjà. Le vote électronique présente plusieurs avantages dont la facilité pour les analphabètes. Dans un système qui se veut inclusif comme celui du Brésil, il faut necessairement faire attention à ce genre de detail, vu le taux assez élevé de l’analfabetisme (13 millions en 2010, desquels 39% sont des personnes agées). La fiabilité de ce système est telle que les résultats de chaque élections sont connus deux heures après (maximum) le scrutin, un scénario semblable à celui de 2000 aux Etats Unis étant impossible ici. Il est vrai que ce contretemps était dû à la polémique de Floride et sur la différence des grands électeurs…

Le système américain parait assez compliqué de prime abord et on ne perçoit aucun signe de changement à court terme pour ce modèle qui a déjà prouvé qu’il pouvait être très contestable. Quant au vote obligatoire, je suis pour ma part favorable à la liberté de choix de chacun, et il revient aux politiques de convaincre les électeurs d’aller aux urnes. D’ailleurs, ce thème fait débat au Brésil même si je ne crois pas que le parlement (qui siège à Brasília) modifie un système qui a fait ses preuves depuis 1989.

A lire aussi sur le même thème

The following two tabs change content below.
Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

6 Commentaires

  1. j´ai beaucoup aimé ta pensé et le fait de m´éclairer sur les defaillances qu´a le système amricain. ce qui m´a bcp frappé c´est le fait que l´on ne puisse arreter un electeur au bresil à 2 jrs de l´élection…je trouve que c´est peut être avantageux pr la democratie mais aussi , connaisant la violence qui reigne au bresil, c´est un danger pour la population…bref 2 jrs pour les malfaiteurs! c´est un peu idiot il faut le dire…

  2. oui, d’ailleurs les médias conservateurs critiquent cette loi disant qu’elle favorise la criminalité…en même temps, je préfère franchement une mesure qui protège les civils qu’une autre comme celle des américains qui enprisone meme les candidats…comme quoi, la démocratie américaine n’est pas si parfaite que ça…

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.