Racisme? une semaine haute en couleurs au Brésil

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Crédit photo: Bahamut-Eternal

J’aurais pu écrire un long billet de blog pour vous raconter cette « semaine typiquement brésilienne », surtout pendant le carnaval (ça réveille, n’est-ce pas?), mais, je vais me contenter d’un petit résumé de l’actualité très colorée du côté de Rio et de Belo Horizonte. Et je ne parle même pas du virus Zika… 

1) Le petit singe et le petit prince:

Imaginez, un couple blanc (hétéro, soyons précis, parce que la dernière fois que j’étais à un café avec mon frère, une amie lui a demandé s’il était marié en précisant: « avec un homme ou avec une femme? C’est dire, il faut être prêt à tout…) qui adopte un petit garçon noir. Pour le carnaval, ils décident d’arborer une combinaison plutôt sympathique (naïve?!) représentant Aladdin, la princesse et … un petit singe. Dévinez qui joue le rôle du singe? Disons seulement, en toute naïveté (?!) que le père a commis une petite maladresse (d’homme blanc) en oubliant de se prévenir de toute association « dramatique » (et racialisante) à l’ère des réseaux sociaux, mais surtout, en plein carnaval.

2) Une vraie noire et une bonne noire:

Le journal britanique (toujours eux) The Guardian crée le buzz au Brésil et un peu partout (je crois, vu le thème) en racontant l’histoire d’une passiste de samba sélectionnée par le public, puis évincée du traditionnel programme de télévision Globeleza diffusé sur Globo. Nayara Justino, bien trop noire pour passer à la télé à midi, juste à l’heure du déjeuner de ces petites familles blanches comme on les aime au Brésil, a été remplacée par une autre passiste, un peu moins noire (donc plus claire, donc plus belle, donc plus acceptable, donc plus commercialisable…) sans aucune autre raison que … le mérite. Bien sûr, ça aide, d’être plus claire, lorsqu’il faut danser toute nue à midi devant de millions de brésiliens.

 
Bom carnaval !
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Suivez-moi sur Twitter pour parler un peu plus du Carnaval: @sk_serge
 
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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

3 Commentaires

  1. Je suis désolé Serge de ne pas être assez raciste vu que je suis un sale blanc, mais elle est magnifique (Nayara Justino)….Dans un registre un peu plus sérieux et comme nous avons la chance d’avoir en commun la nationalité française l’instrumentalisation des imbéciles dans une concurrence victimaires ne profite qu’aux élites économiques, qui offrent ainsi un ruissellement d’argent a tous ceux qui portent la bonne parole démagogique, alors que les pauvres devraient s’unir dans le respect de leurs différences avec l’aide des intellectuelles dans une approche pédagogique. Bon, voilà mon quart d’heure d’utopiste illettré, profitant de ce billet pour faire une dédicace au philosophe d’opérette nouvellement promu académicien qui le plus sérieusement du monde d’éclarait  » On change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’histoire de l’esclavage dans les écoles. On y enseigne aujourd’hui l’histoire coloniale comme une histoire uniquement négative. On n’enseigne plus que le projet colonial voulait aussi éduquer, apporter la civilisation aux sauvages. On ne parle que des tentatives d’exploitation, de domination, et de pillage. […] Mon père a été déporté de France. Ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Mon père est revenu d’Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine: ce qu’il a fait à mes parents était beaucoup plus violent que ce qu’il a fait aux Africains. Qu’a-t-il fait aux Africains? Il ne lui a fait que du bien. »Alain Finkielkraut, 18 novembre 2005, dans quotidien israélien Haaretz, paru 18 novembre 2005.

    Ps: le mois dernier, une agence immobilière a qui je sollicitais une demande de location me signala après demande au propriétaire un refus ….(trop blanc !)

    1. La dernière sortie de Finkie est anthologique… chez Ruquier.
      Oui, je l’entend, les conflits ethniques nous empêchent à la limite de nous révolter contre le capital , mais ils sont tout de même présents dans nos existences. Que faire?

      1. Que faire ? Peut-etre ne pas me faire dire ce que je n’ai pas écrit, car je ne parle que d’instrumentalisation que pratiquent les élites (l’élite économique, l’ élite intellectuelle, l’élite politique et leurs sous-jacents..) et de vous signaler même si je suis un peu hors sujet et que cela est politiquement un correcte, qu’il n’y a jamais eu de révolution populaire même en 1789 (en France)mais un coup d’état aristocratique déguisé contre la monarchie et un « putsch » anticlérical . La révolution populaire n’est qu’un mythe bien entretenu par les élites politiques et les médias . D’ailleurs, une personne possédant une licence en économathématiques une maîtrise universitaire des sciences en mathématiques & statistiques et un doctorat en économie exprime le même chose !
        « Yanis Varoufakis : – La menace contre la démocratie vient toujours du dédain que les élites ont envers elle. Par nature, la démocratie est fragile et l’antipathie que les élites éprouvent pour elle est toujours très marquée, si bien qu’elles cherchent toujours à s’en débarrasser.

        Cette histoire remonte aux Grecs anciens à Athènes, où le défi pour installer une démocratie fut immense. L’idée que les pauvres libres, qui formaient la majorité de la population puissent contrôler le gouvernement a toujours été contestée. Platon a écrit La République comme un traité contre la démocratie, plaidant plutôt pour un gouvernement d’experts.

        Dans le cas de la démocratie américaine, il en va de même. Si vous lisez les Federalist Papers et Alexander Hamilton, vous verrez qu’ils ont été écrits dans une tentative pour contenir la démocratie et non pour la booster. L’idée derrière une démocratie représentative est d’avoir des marchands comme représentants démocratiques, car la plèbe était considérée comme n’étant pas à la hauteur d’une tâche aussi importante que de décider des questions d’État.

        Les exemples sont innombrables. Regardez seulement ce qui est arrivé au gouvernement de Mossadegh en Iran dans les années 1950 ou à celui d’Allende au Chili. Chaque fois que le résultat des urnes ne convient pas aux élites en place, le processus démocratique est soit renversé soit menacé de l’être.

        Donc si vous vous demandez qui sont et ont toujours été les ennemis de la démocratie, la réponse est : l’élite économique. »
        Source Red Pepper ·Yanis Varoufakis speaks to Nick Buxton about why he is launching a pan-European movement for democracy, to save Europe before it’s too late
        January 2016

        Les pauvres qu’ils soient blancs ou noirs ne sont que des instruments à l’usage des élites au Brésil comme ailleurs !

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