Aux Oscars, attention à la marche

https://www.flickr.com/photos/prayitnophotography/4764440136/sizes/z/La fameuse statuette convoitée aux Oscars - crédit photo: Prayitno | Flickr.com

Je m’égare un peu. Je devrais parler du Brésil, mais les affaires mondiales se bousculent et je me mets au pas. Après, Boko Haram, la CAN 2015 voici donc que je m’attaque aux Oscars. Pour commencer, faut-il voir la cérémonie? Y-a-il vraiment du neuf sous le soleil radieux d’Hollywood? Marion Cotillard est-elle enfin sortie de son hibernation artistique?

Personnellement, je préfère les Bafta. C’est comme pour la musique, j’ai toujours pensé que les anglais avaient un meilleur goût que les américains. J’aime bien aussi la Berlinale pour les vraies découvertes; Cannes parce que c’est Cannes; et même les Golden Globes (ils tendent pourtant à être l’antichambre des Oscars) parce qu’ils regardent aussi la télévision

Bref, je n’aime pas beaucoup les Oscars. L’une des raisons de cela, c’est qu’ils me donnent l’impression que les années ne passent pas et que je perds mon temps. C’est peut être le cas.

Pourtant, il m’arrive de bien rire en regardant les Oscars…


…ou pas.

Franchement, je ne sais pas vous, mais j’en ai plus qu’assez de voir revenir Méryl Streep chaque année, l’éternelle « candidate sérieuse » parmi celles qui peuvent emporter la statuette, comme si Hollywood était incapable de produire d’excellentes actrices.

Ok, je déconne. Petites chutes à part, les studios ont désormais leur championne, Jennifer Lawrence. Une vraie bombe, je l’avoue, mais loin d’avoir le talent d’une Carey Mulligan (une britanique, comme par hasard) joliment snobée par l’Académie.

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Carey_Mulligan_2010.jpg

L’actrice britanique Carey Mullingan vue dans « Shame », ici à Toronto en 2010. Crédit photo: Mark Kari | Wikimedia Commons

Côté masculin, cette année, pourrait vraiment surprendre. Enfin, quoi, Mark Ruffalo, acteur fabuleux que je suis depuis un moment pourrait être sacré, il est beau comme un dieu. Et alors? Que celui qui n’a jamais désiré Marlon Brando jette la première pierre… pure séduction.

Marlon Brando dans La Poursuite impitoyable

Marlon Brando dans La Poursuite impitoyable

… déjà impérial dans Zodiac avec son gilet façon Frank Bullitt, le beau Ruffalo réaparaît à peine reconnaissable (et donc, moins beau) dans Foxcatcher aux côtés d’un Steve Carrel tout aussi magnifique… messieurs-dames, faites vos yeux !

Je vous dit que l’affaire n’est pas simple. Il y a aussi le retour de Clint Eastwood avec un « film ambigu » (sinon, ce n’est pas du Clint…), American Sniper porté par un Bradley Cooper au sommet confirmant qu’il parle mieux français est un meilleur acteur que « monsieur Angélina Joli »… et dire que ce film a failli être réalisé par Steven Spielberg. Beurk !

C’est qu’il est pas débile le Bradley

…bref.

Les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là. Cette année l’Argentine fait son grand retour grâce à une collaboration Damián Szifron / Petro Almodovar dans Les Nouvaux sauvages. Mais surtout, on retiendra la participation d‘un des meilleurs acteurs vivants, Ricardo Darín. Séduction, séduction. Je vois son nom, je file voir, c’est comme ça depuis 2009. Una pasión

Pourtant, il y aura aussi quelques regrets, comme l’oublie d’un film que j’attendais avec une certaine impatience. On ne verra finalement pas l’équipe de Winter Sleep défiler sur le red carpet, dommage. Cela dit, je me demande s’il arrivera un jour au Brésil. Eh oui, les Oscars, ça sert à ça. Faire qu’un film soit distribué un peu partout dans le monde, même au Brésil. Et pour ça, une nomination suffit.

Jamais deux sans trois. Vous connaissez l’expression. D’abord Cannes, puis une sortie en France. « Timbuktu«  est décidément LE film de l’année peu importe le résultat des Oscars. Et justement, on attent une « troisième sortie » aux Etats Unis et au Brésil (bientôt). Vous savez, les nominations… Les critiques, elles, me font déjà trembler… mayday, mayday !!!

Finalement, si l’on doit retenir une leçon, une seule, de ces Oscars 2015, c’est que comme d’habitude, le cinéma brésilien meurt sur la plage alors que l’Argentine continue de régner en maître absolu sur le septième art sud-américain. Ad vitam aeternam.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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2 Commentaires

  1. C’est Waroll je crois, qui balançait la boutade comme quoi « les oscars étaient la plus grande cérémonie juive d’Amérique ». C’est marrant que ça soit encore dans l’air du temps.
    En tout cas ça fait une bien belle brochette cette année, j’étais très loin des Oscars cette année , à cause des autres événements (CAN surtout)
    Je suis bien bien curieux de voir le travail du Almodovar par contre, ça faisait longtemps.

    1. Almodovar a produit ce film argentin… ah oui, Hollywood est un monde à part ah ah 🙂
      Il y a effectivement de très bons films cette année, ça nous change de la déprime de 2013

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