Présidentielle au Brésil : Marina Silva va-t-elle se suicider politiquement?

http://pt.wikipedia.org/wiki/Marina_Silva#mediaviewer/File:Marina_Silva_2007.jpgMarina Silva, la candidate malheureuse du premier tour des élections présidentielles 2014 - crédit photo: José Cruz/ABr / Wikimedia Commons
http://pt.wikipedia.org/wiki/Marina_Silva#mediaviewer/File:Marina_Silva_2007.jpg

Marina Silva, la candidate malheureuse du premier tour de l’élection présidentielles 2014 – crédit photo: José Cruz/ABr / Wikimedia Commons

Nous n’étions pas nombreux à l’écrire. Deux ou trois en tout, avec The Guardian, à prévoir que Marina Silva ne passerait pas au second tour. Cela dit, la voici face à un nouveau défi. Un choix pour la vie. Un choix pour une carrière…

Marina Silva joue son avenir politique

Marina Silva se retrouve face au choix le plus difficile de sa carrière politique. Plus difficile encore que celui qu’elle avait fait en quittant le Parti des travailleurs (PT). Exactement comme en 2010, le 6 octobre 2014, la candidate écolo a obtenu 20 % des suffrages au premier tour de la présidentielle, ce qui en fait une valeur sûre de la scène politique brésilienne.

Normalement, avec quelques députés au Parlement, aucune alliance gouvernementale ne devrait plus se faire sans elle. Mais pour cela, il faudra qu’elle choisisse bien son camp lors du prochain scrutin.

S’allier à Dilma Rousseff serait synonyme d’une volte-face pour celle qui s’est autoproclamée la « troisième voie »,  le visage de « la nouvelle politique » au Brésil. Elle doit marquer SA différence avec Dilma Rousseff.

D’un autre côté, si Marina Silva déclare publiquement soutenir Aécio Neves contre le gouvernement du PT, ce sera l’équivalent, pour elle, d’un suicide politique. Car si elle se trouve dans l’obligation politique de marquer ses distances avec le PT, tout rapprochement avec le PSDB (social-démocrate) d’Aécio Neves serait perçu par ses électeurs comme un reniement de son propre projet sociétal – plutôt à gauche – alors qu’Aécio représente la droite pure et dure.

Comment faire avaler cette terrible pilule à ses électeurs alors que ces derniers sont idéologiquement localisés à gauche, la plupart ayant bénéficié massivement des projets sociaux du PT depuis l’avènement du gouvernement Lula da Silva?

Pour Marina Silva, survivre politiquement voudra probablement dire « laisser » Dilma Rousseff gagner un deuxième mandat.

Si bien que même si Marina Silva déclarait son appui à Aécio Neves dans « une espèce d’union sacrée pour le changement » – le changement comme fétichisme politique – il n’est pas certain que son électorat la suive. Selon les premières observations que j’ai pu faire ces deux derniers jours, il semble assez clair que l’électorat de Marina est plus disposé à voter pour Dilma Rousseff plutôt que pour Aécio Neves.

La grande question de cette phase décisive de l’élection présidentielle consiste à savoir par quelle acrobatie Marina Silva passera de la gauche écologique à la droite néo-libérale représentée par Aécio Neves et le PSDB

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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