Présidentielles au Brésil: l’heure de vérité… pour Marina Silva

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Marina_e_Dilma.jpgMarina Silva, ministre de l'environnement au sein de gouvernement Lula da Silva, crédit : Fabio Rodrigues Pozzebom/ABr / wikimedia / CC
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Marina Silva, ministre de l’environnement au sein de gouvernement Lula da Silva, crédit : Fabio Rodrigues Pozzebom/ABr / wikimedia / CC

La vérité se trouve… au fond des urnes. La vérité vous affranchira. La vérité, ce gros mot. Pour la candidate écologiste du PSB (socialiste), Marina Silva, elle pourrait s’avérée être cauchemardesque. Ce dimanche 05 octobre 2014, les brésiliens vont voter.

Ces derniers mois, les sondages ont été très largement généreux avec Marina Silva que l’on annonçait victorieuse au second tour des élections présidentielles, si elle y arrivait. On le lui souhaite vivement car sans elle, cette campagne électorale n’avait rien d’intéressant à offrir.

Marina Silva a, malgré elle, surfé sur la vague émotionnelle provoquée par le décès d’Eduardo Campos. Ce « tsunami émotionnel » a complètement bouleversé le scénario de ces élections, fragilisant notamment une Dilma Rousseff sans charisme (qualité essentielle en Amérique Latine) bénéficiant encore de l’image de Lula da Silva.

Si l’on en tient à une explication purement économiciste de cette remontada electoral de Marina Silva, celle-ci se serait bénéficié d’un manque d’offre politique sur le « marché politique » brésilien… elle s’est donc imposé comme une alternative légitime. Cependant, ses projets politiques obscures ont vite fait de ralentir les pretentions présidentielles de l’ex-ministre de l’environnement de Lula da Silva.

Pour plus d’explications, écouter l’émission Décryptage de ce lundi sur RFI.

Je n’irai pas jusqu’à la folie qui consiste à la comparer avec Barack Obama (ils sont tous les deux noirs), mais il faut avouer que Marina Silva possède ce côté attachant qui fait que plusieurs électeurs jusqu’ici indécis indiquent leur volonté de voter pour elle.

Ses origines humbles et sa trajectoire de self made woman la rendent plus que légitime aux yeux des brésiliens qui se définissent souvent comme des batailleurs.

D’un autre côté ses relations avec les groupes évangéliques, notamment les représentants au Congrès de Brasília, inquiètent les milieux progressistes.

Marina Silva avec Leonardo Boff, intellectuel de la théologie de la libération / wikimedia commons

Marina Silva avec Leonardo Boff, intellectuel de la théologie de la libération / wikimedia commons

S’il est vrai que ses positions conservatrices sur le mariage entre homosexuels ainsi que son opposition à la dépénalisation du cannabis constituent les points faibles de son programme, personne ne peut affirmer que son échec sera dû à ses motifs d’ordre culturel et symbolique.

Marina Silva (25 %) sait que son adversaire au premier tour n’est pas Dilma Rousseff, celle-ci étant confortée dans son avance (40 %)… mais bien Aécio Neves (19 %).

Cette semaine, un vent calme souffle sur tout le pays. Le calme avant la tempête? Dimanche sera une très longue journée pour Marina Silva qui fera face à la seule vérité qui compte en politique… celle des urnes !

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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