Se déconnecter… progressivement

https://www.flickr.com/photos/thomashawk/15289496341/sizes/z/"Connect me", Crédit photo: Thomas Hawk / Flickr.com / cc
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« Connect me« , Crédit photo: Thomas Hawk / Flickr.com / cc

Il m’est de plus en plus difficile de « passer du temps sur Facebook ». C’est bien ça qu’on y fait, non? Passer du (bon) temps. Lorsque je lis que le réseau social californien compte désormais 100 millions d’abonnés en Afrique et que ce chiffre ne fera qu’augmenter, j’en ai presque des frissons. Parce que si le marché africain représente une opportunité pour Facebook, la « boite » de Marc Zuckerberg tend à perdre ses abonnés dans le reste du monde. Évidemment chacun a ses raisons d’abandonner la reine des réseaux sociaux. Voici les miennes.

1. Mon fil d’actualité est pollué par la campagne électorale

J’avais dit il y a quelques mois ici que nous allions assister à l’une des plus abjectes campagnes électorales. Ces premières semaines me donnent raison. Facebook ressemble actuellement à un grand festival publicitaire, sauf que là, on a droit à une publicité mensongère sur les différents candidats aux élections présidentielles.

Les brésiliens adorent les extrêmes. Ou est-ce l’internet (à cause de sa logique basée sur la spontanéité) qui les rend aussi exagérés. Il devient de plus en plus courant de tomber sur des caricatures représentant les candidants aux élections présidentielles. Dilma Rousseff et surtout Marina Silva en font les frais plus que les autres (voir notamment ici et ).

Cette dernière est très souvent décrite comme une imbécile par les partisans du PT (parti de Dilma Rousseff et Lula da Silva), au point que même si j’ai des arguments objectifs contre son élection, je préfère les garder pour moi afin ne pas en rajouter. On ne discute pas le font. On préfère le mensonge et la caricature. Tristes élections!

Je crois aussi que le fait qu’elle soit une femme noire en fait une proie facile, ce qui pourrait, à long terme, jouer en sa faveur. Bref, voilà qui est tout à fait régrétable vu son  programme…

2. Les états d’âmes de mes « amis »

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Crédit photo: Bethan /Flickr.com / cc

« Nouveaux médias, nouveaux usages ». Mais tout de même, faut pas pousser. Quand Facebook a développé son algorithme capable de capter les émotions des usagers, je me doute bien qu’il s’imaginait le succès de ce dernier. Depuis, il est devenu impossible de ne pas voir des publications de ce type affichées sur son fil d’actualité: « Adèle se sent déprimée avec John, Matthieu, Rose, Ange, Fidèle »; « Sophie se sent diminuée…  » , sans autres explications.

Non seulement tout cela ne fait pas trop sens, mais en plus, c’est d’un mauvais goût. A-t-on besoin de voir chacun exposer ses états d’âmes sur Facebook?

3. La montée des extremismes…

Les réseaux sociaux ont-ils une ligne éditorale? La question a été posée ce week-end par Marie-Catherine Beuth. Elle s’interrogeait en fait sur « le filtrage et la mise en avant de certains contenus sur les réseaux ». Mais un autre problème me préoccupe. Twitter, il est vrai, ne s’occupe pas tant que ça de la présence d’extrémistes sur son site. On y trouve donc un nombre considérable de racistes, d’homophobes, des profils pornographiques, etc. Cependant, la structure du microblog faite de « posts éphémères » nous donne une certaine impression de sécurité – et de distance – par rapport à ces profils dérangeants. Il n’en est pas de même pour Facebook, par exemple.

Après avoir passé une semaine dans la magnifique ville Natal, sur la côte brésilienne, je suis revenu ce week-end à João Pessoa. Il m’a suffit de me connecter sur Facebook pour me rendre compte qu’une bonne partie de mes « amis » est soit de l’extrême gauche soit de l’extrême droite. J’en arrive à me demander ce que je suis…

Evidemment, la campagne était encore au centre des débats, certains souhaitant l’avènement d’un Etat communiste au Brésil, d’autres estimant qu’un gouvernement d’extrême droite (ou néolibéral) serait la meilleure solution pour la croissance.

Quand vous revenez d’un voyage de trois heures, ce n’est vraiment pas le genre de message que vous souhaitez lire sur votre fil d’actualité… non, merci !

Morale de l’histoire: si chez vous aussi, on vote dans les prochains mois, il serait peut-être plus sage de vous déconnecter un moment, histoire de rester positif.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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