Le sexe fort

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=582944771761693&set=a.106122506110591.4759.100001385269497&type=1&theaterCaricature de Marina Silva portant son hamac. En portugais, "rede" veut dire en même temps hamac et réseau. crédit photo: Facebook
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Caricature de Marina Silva portant son hamac. En portugais, « rede » veut dire en même temps hamac et réseau. crédit photo: Facebook

La mort d’Eduardo Campos a radicalement changé le scénario de la campagne électorale pour les présidentielles de 2014 au Brésil. En retrait dans son rôle de « vice-président » d’Eduardo Campos, Marina Silva, désormais émancipée du capital politique de l’ancien gouverneur du Pernambuco monte très fort dans les sondages. Pour le second tour, un « match féminin » se profile à l’horizon.

« Nous gagnerons au premier tour », affirmait hier un internaute qui croit fermement en à la victoire de Dilma Rousseff. Mais les derniers sondages indiquent un premier tour serré car jamais la présidente n’aura été aussi menacée par un rival. En effet, un sondage réalisé par l’institut Ibope, le journal Estado de São Paulo ainsi que la chaîne de télévision Rede Globo place Marina Silva (29 %) en deuxième position dans les intentions de vote derrière Dilma Rousseff (35 %), Aécio Neves restant bloqué depuis des semaines à 19 %.

Or, avant le tragique accident d’avion à Santos qui a emporté Campos, le PSB peinait à atteindre 10 % des sondages en raison de l’incapacité de Marina Silva à pouvoir transférer son électorat au canditat socialiste.

Il faut dire qu’avant l’officialisation de la candidature d’Eduardo Campos, ce dernier restait loin derrière la candidate écologiste, Marina Silva. Celle-ci ne s’était initialement pas présentée aux élections faute d’avoir obtenu les voix necessaires pour homologuer son parti politique au sein du Tribunal Suprême Electoral. Ce qui l’obligeat à intégrer le Parti Socialiste du Brésil (PSB) comme « second couteau ».

En outre, les mêmes sondages révèlent qu’en cas d’un second tour entre Dilma Rousseff et Marina Silva, cette dernière l’emporterait avec 9 % d’avance sur l’actuelle présidente du Brésil. Mais, d’ici là beaucoup de choses peuvent arriver.

Le grand perdant de ce début de campagne électorale, mais surtout celui qui est le plus « affecté » par les conséquences du décès de Campos, est évidemment le social-démocrate Aécio Neves, désormais presque sûr de ne pas participer à un second tour, s’il a lieu.

Si Campos affirmait être le représentant logique d’une « troisième voie » brésilienne, les sondages ne confirmaient guère cette prétention. Par contre, Marina Silva semble logiquement pouvoir révendiquer ce statut quoiqu’au le fond, elle n’ait aucune base politique pour pouvoir gouverner.

A propos de la Troisième voie, cliquez ici pour lire

Et c’est peut-être là que les choses se compliqueront pour Marina Silva au second tour. Car si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est qu’au Brésil, on ne gouverne pas sans une majorité parlementaire. Le président Collor ne termina pas son mandat en 1992 pour cette raison, ayant été abandonné par des alliés éphémères au Congrès. D’un autre côté, malgré le scandale du mensalão, Lula a su se maintenir au pouvoir grâce à sa majorité.

A propos de l’impeachment de Fernando Collor lire ici; pour en savoir plus sur le scandale du mensalão, cliquez ici.

Il m’a aussi semblé, notamment dans mes conversations récentes, que le thème qui fera perdre des voix à Dilma Rousseff par rapport à l’écologiste soit celui de l’avortement. Certains brésiliens semblent accorder plus d’importance aux questions morales qu’économiques. Car l’avortement au Brésil est considéré, avant tout, comme une question morale, et non pas comme un problème de santé public.

Il se dessine donc un scénario de guerres entre « deux soeurs amazones ». La bataille des femmes pour le Palácio do Planalto est lancée. Le sexe fort ici, c’est le sexe féminin. Une tendance qui se renforce dans les institutions politiques brésiliennes depuis quelques années.

Un exemple à suivre pour l’Afrique, certainement.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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