Que raconte Dilma Rousseff aux footballeurs?

https://www.flickr.com/photos/panoramamercantil/8211025271/sizes/o/Dilma Rousseff - crédit photo: Panorama Mercantil / Flickr.com
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Dilma Rousseff – crédit photo: Panorama Mercantil / Flickr.com

BRESIL | Est-ce là une nouvelle carte sous l’écharpe de Dilma Rousseff en vue des élections? La présidente a rencontré plus d’une fois un groupe de footballeurs « rebelles » qui veulent transformer l’état actuel du football brésilien. En ligne de mire, les dirigeants de la CBF.

Jamais dans l’histoire du pays un chef d’Etat ne s’était autant réuni avec des footballeurs. Cela rappelle évidemment « l’épisode Thierry Henry », auto-invité à rencontrer Nicolas Sarkozy après le Mondial sud-africain. Bref, ces rencontres entre « footeux » et présidents semblent répondre aux situations de crise. Alors, communication de crise ou révolution du football brésilien?

Ici, une autre situation: mauvais calendrier, trop lourd à supporter, les finances des clubs, le football amateur et les divisions inférieures, des horaires de match qui n’ont aucun sens et qui obéissent aux caprices des telenovelas de la chaîne de télévision Rede Globo, soit des diffusions au-delà de 22 heures, les mercredis…

Mais qui sont donc ces footballeurs qui font trembler la fédération brésilienne de football (CBF)? Il s’agit d’un groupe de joueurs au status accompli tels que Dida (ex-Milan), Zé Roberto (ex-Bayern), Rogério Ceni (São Paulo), Gilberto Silva (ex-Arsenal), regroupés au sein du Bom-senso Futebol Club – littéralement, le club oeuvrant pour le bon-sens. Une espèce de « moralisation du football » pour emprunter une formule, comment dire… sarkoziste. C’est la dernière fois, promis.

Derrière cette histoire de réunion à Brasília se joue un autre match politique qui a commencé il y a plus de trente ans, à l’époque où Dilma Rousseff était membre des mouvements armés luttant contre la dictature des militaires, dont l’actuel président de la CBF fut très proche en tant qu’oligarque de l’ancien parti conservateur Arena.

Pour la petite histoire, le président de la CBF José Maria Marin, surnommé « Zé das medalhas » (José, le médaillé) s’est illustré il y a deux ans en volant une médaille pendant la cérémonie de remise de trophées du championat pauliste juniors. Voyez plutôt:

Selon la version officielle, il s’agirait d’un cadeau de la part de la fédération pauliste de football… circulez!

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Dilma Rousseff avec José Maria Marin (à sa Droite), Marco Polo Del Nero (à sa gauche) et Felipe Scolari – crédit photo: Blog do Planalto / Flickr.com

Des promesses, donc. C’est ce que les joueurs de football vont chercher au Palácio do Planalto, l’humble demeure de madame Rousseff. La promesse surtout d’interférer dans les hautes sphères de la fédération afin de faire tomber, qui sait, l’actuel groupe au pouvoir.

Néanmoins, un vieux loup comme José Maria Marin sait protéger son terrain de chasse. L’homme fort du football brésilien est en effet protégé par un groupe de députés fédéraux opposés au gouvernement travailliste de Dilma Rousseff. Une impasse politique. Surtout en année électorale.

Et pourtant, après le 7-1 infligé au Brésil, la CBF est en position de faiblesse, un animal moribond attendant le coup de grâce. Mais pour éxécuter la bête, il faut plus que des bonnes intentions, il faut du courage.

Reste à savoir si la présidente Dilma Rousseff est comme on ranconte, une dure à cuire.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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