Elections sauce « Game of Thrones » au Brésil

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=582944771761693&set=a.106122506110591.4759.100001385269497&type=1&theaterCaricature de Marina Silva portant son hamac. En portugais, "rede" veut dire en même temps hamac et réseau. crédit photo: Facebook
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=582944771761693&set=a.106122506110591.4759.100001385269497&type=1&theater

Caricature de Marina Silva portant son hamac. En portugais, « rede » veut dire en même temps hamac et réseau. crédit photo: Facebook

Elle n’a pas le coeur aussi noir que « Cersie », mais elle aussi est capable de donner quelques coups, y compris au bas-ventre. C’est la veuve la plus déterminée de la télévision américaine depuis… depuis toujours, allez ! Catelyn Tully Stark est l’épouse de Ned Stark qui détruira la maison des Lannister… Elle a un moment fasciné le public avant de subir une fin tragique dans la série culte de HBO. Dans la vraie vie, une autre femme fascine les Brésiliens qui assistent, eux aussi, à une « guerre pour le trône » de Brasília. Marina Silva a beaucoup de points communs avec la veuve Stark…

Je vous ai déjà parlé d’elle sur ce blog, écolo comme il faut, conservatrice quand il s’agit des thèmes comme l’avortement, la légalisation du cannabis ou le mariage homosexuel.

Prête à tout, y compris à une alliance avec le gouverneur du Pernambuco Eduardo Campos pour se venger de Lula da Silva qui l’a reniée au profit de Dilma Rousseff, détentrice du « Trône de fer »… Marina Silva se voit bien dans le rôle de vice-présidente du Brésil, derrière Ned Stark Eduardo Campos, mais en véritable passiste de samba…

Elle compte bien emporter son hamac au Palácio do Planalto... la maison du roi.

Si Game of Thrones nous fascine tant, c’est parce que la frontière entre réalité et fiction y est tenue comme le suggère Télérama

 

Il faut dire que la scène politique brésilienne a tout pour faire une grande télénovela, voire même une série AMC ou HBO.

Qu’est-ce donc Brasília sinon une sorte de Port Réal? Voyez bien ! Aucun parti ne détient les pleins pouvoirs à Brasília, le présidentialisme de coalition (PDF, en anglais) ne le permettant pas. Tous sont obligés de pactiser avec le diable, lady Melisandre, pour les intimes… l’actuel vice-président Michel Temer est loin d’être un allié fidèle de madame Dilma Rousseff à qui il a infligé une belle déculottée au Parlement, il y a quelques semaines dans l’affaire Petrobras

Alors, c’est mieux de garder à l’esprit qu’en politique brésilienne, comme dans  Game of Thrones tout peut arriver, et vite. Comme le dit si justement la « queen » of Thrones, Olenna Tyrell : « C’est la guerre, mais personne ne mérite de mourir le jour de son mariage… ». Et j’ajouterai encore moins lors d’un  « Mariage pourpre«  … 

On ne souhaite évidemment pas une telle tragédie à Marina Silva ou à Dilma Rousseff… Mais à Brasília aussi, il y a tellement de lords Varys et de Lords Baelish, donc la prudence s’impose.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

3 Commentaires

  1. Ah, Serge, j’aurais aimé connaître cette série pour pouvoir mieux saisir les comparaisons, mais je pense avoir compris l’essentiel. Cela promet d’être passionnant tout cela ! 😉

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