Afghanistan, à jamais du tiers-monde

https://www.flickr.com/photos/marine_corps/6914684696/data-lazy-sizes/m/in/photostream/Crédit : United States Marine Corps Official Page/ Flickr.com
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Un peu de fatalisme ne fait pas de mal. D’ailleurs, moi, je m’en sers pour surmonter les épreuves. Allez, essayez, vous verrez, ça marche… Enfin, pas pour tout le monde. Il se passe quand même un événement important en Afghanistan, des élections présidentielles. Et le monde regarde, s’interroge sur le futur de ce pays au destin chaotique. A l’autre bout du monde, qu’en pensent les intellectuels américains?

J’ouvre donc une exception sur ce blog dédié au Brésil, mon pays d’accueil, pour vous parler, très rapidement d’un livre que j’ai lu pendant mes études de sciences politiques.

Le livre dont je parle est intitulé State-Building: Governance and World Order in the 21st Century, il est signé par Francis Fukuyama. Au Brésil, il a été publié aux éditions Rocco.

Pour ceux d’entre vous qui ne le connaissent pas, une petite contextualisation se fait nécessaire. Francis Fukuyama est l’auteur de la très célèbre Fin de l’histoire [Lien important], traité théorico-politique sur le triomphe du libéralisme démocratique. L’adjectif est d’une importance capitale, car il s’agit du triomphe de l’idéologie libérale et non pas celui du libéralisme économique. Quoique…

En fait, Fukuyama avance qu’avec la fin de l’Union Soviétique, l’humanité serait arrivée « à la fin de son histoire », entendue comme la fin des antagonismes politiques et idéologiques (lecture hégelienne) . Dans cette vision téléologique, les valeurs libérales triomphent définitivement sur toutes les autres croyances politiques (socialisme, communisme, islamisme politique?, etc).

Le livre a évidemment créé la polémique puisqu’on l’a souvent interprété  comme la fameuse formule de Margareth Thatcher « There is no alternative« , ce qui n’est pas tout à fait correct. Mais, passons…

Rappelons simplement que Francis Fukuyama, qui est aussi professeur à la Johns Hopkins University fut l’un des conseillers des présidents républicains Donald Reagan et George W. Bush. Sur ce lien, vous trouverez une liste de ses publications, notamment cette analyse sur les classes moyennes dans les pays émergeants, parmi lesquels… le Brésil.

Pour revenir enfin à l’objet de ce billet, Fukuyama publie au milieu des années 2000 ce livre plutôt banal sur la « construction des Etats ». Et dans les premières pages on est frappé par une phrase qui sonne comme une promesse: « l’Afghanistan fait parti de ces pays condamnés à appartenir au groupe du  tiers-monde… »

Cette même phrase, si elle est prononcée par vous, cher lecteur, ou par moi-même n’aurait pas d’importance. Vous pensez bien que nous n’avons pas tellement d’importance dans la « marche du monde ». Mais dans la bouche de Fukuyama, elle est lourde de conséquence, surtout quand on sait qu’on est, à l’époque de sa parition, au coeur de la guerre d’Afghanistan.

Je vous laisse imaginer ce qu’il pouvait bien souffler dans l’oreille de monsieur Bush… Moi quand je lis des trucs comme ça, je vous confesse que j’ai du mal à fermer l’oeil de la nuit… Alors, bonne chance aux afghans? hmmm, autant rêver.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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