Chronique du mondial: au Brésil, le scandale avant le jeu

http://www.flickr.com/photos/agecombahia/8094468063/sizes/m/in/photostream/Au milieu, José Maria Marin président de la CBF (crédit photo; Fotos GOVBA/Flickr)
http://www.flickr.com/photos/agecombahia/8094468063/sizes/m/in/photostream/

Au milieu, José Maria Marin président de la CBF (crédit photo; Fotos GOVBA/Flickr)

Plouf ! La Fédération brésilienne de football s’est mise la tête dans l’eau, toute seule, comme une grande, jetant par la même occasion le discrédit sur une Coupe du Monde brésilienne déjà entâchée par les scandales à répétition. C’est un scénario inimaginable que l’on vit ici: un championat de Série A menacé de ne pas débuter ou de se jouer avec… 24 clubs, ou 21?

On se rappelle du scandale qui avait frappé le football italien avant la Coupe du Monde en Allemagne, un scandale qui les avait mobilisé à l’époque, alors on y voit peut être un bon signe pour la seleção. Cependant, dans un contexte déjà difficile suite aux manifestations de juin, ni la Fifa ni la CBF ne souhaitent faire face à la colère populaire.

Et donc, un nouveau scandale de manipulation sportive, de tentative de corruption dans le championat d’élite du Brésil ne peut que présager de mauvaises nouvelles en perspectives.

Tout commence lors de la dernière journée de Série A remportée haut la main par Cruzeiro, l’un des deux grands clubs de Belo Horizonte. Alors que tout le monde pense à l’ennui qui vient normalement avec la fin du championat voilà que la fédération (ici, Confédération Brésilienne de Football – CBF) annonce que le club de Portuguesa, seizième au classement, devra jouer la deuxième division à la place de Fluminense – le club de Fred – qui a terminé dix-septième.

Portuguesa a aligné un attaquant qui était sous le coup d’une suspension, l’intéressé ayant accumulé deux cartons jaunes. Le club allègue que la fédération ne l’a annoncé sur son site qu’après la date du match en question. De son côté la fédération s’en tient à la règle, « une punition de la justice sportive s’applique dès le moment où la décision est prise »… personne n’ignore la loi, comme dans la vraie vie quoi. Portuguesa perd donc les trois points gagnés lors de la rencontre plus trois autres points comme peine pour avoir violé le règlement. Double peine? Injustice parce qu’il s’agit d’un « petit » club? La polémique ne désenfle pas.

S’en suivent différentes interprétations du règlement intérieur de la fédération. La cour supérieure de Justice sportive au Brésil décide que Portuguesa sera reléguée. Une semaine après cette décision, la justice commune donne raison au Club de la ville de São Paulo et exige que fédération valide les « résultats du terrain », la Fifa réagit aussitôt: « la justice commune n’a pas à se mêler d’un conflit qui relève exclusiment du football ».

Il faut dire que l’enjeu est de taille pour les patrons du football brésilien. Fluminense est un grand club, son propriétaire est un multimillionnaire, même s’il a perdu sur le terrain après une année catastrophique. L’erreur de Portuguesa tombe à pic.

Fluminense rapporte plus sur tous les plans: droits télé, suppoters dans les stades, ventes de produits sportifs, etc. Sans compter le fait que Fred y évolue.

Donc, pour la fédération, il est préférable qu’un Fluminense joue la Série A à la place d’une Portuguesa.

Seulement, une autre affaire vient compliquer la situation de la fédération, car le club de Portuguesa a rendu public une lettre non-signée lui adressée par la fédération et dans laquelle on lui propose de descendre en Série B moyennant quelques millions de reais, dont quatre payés immédiatement. [VIDEO]

La presse spécialisée est outrée et demande la tête du président de la fédération José Maria Marin dont le nom est rattaché au sulfureux Ricardo Teixeira.

 

Payer a un club la recette d’une année en avance est normal. Le faire avec la condition faite a Portuguesa par la CBF est ilégal.

Tout cela tombe très mal d’autant plus que le nom de Neymar, la plus grande star du football brésilien, est actuellement associé à une affaire de détournement de fonds lors de son ombrageux transfert au FC Barcelone.

 

Voici le lien de l’article d’@elmundoes qui révele le prix que Barcelone a payé pour  Neymar, 95 mi d’Euros, et non 57 mi.

Autant dire que le football brésilien nage en eaux troubles et rien ni personne ne peut prévoir quel sera l’épilogue de la dispute autour du cas Portuguesa.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

6 Commentaires

  1. Só no Brasil….

    C’est assez marrant car tous les brésiliens sont assez fatalistes sur toutes ces magouilles ! J’en ai rencontré beaucoup qui me disaient que malgré leur fort patriotisme ils ne voulaient pas que le Brésil gagne la Coupe du Monde car cela permettrait au gouvernement et instances comme la CBF de boucher les yeux d’une très grande partie de la population, et malheureusement celle qui est la plus lésée.

  2. Serge,
    s8 pas telmnt lié au foot, mais je l´avoue,qu´ il y a d´autres actualités locales d´ici que je prefere être informer attravers carioca Plus
    Bon boulot !

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