Le Loup de Wall Street, au-delà du spectacle

http://www.flickr.com/photos/dutch-tiger/4733182091/sizes/m/in/photostream/ Crédit photo: Sonja & Roland/Flickr/CC
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Leonardo DiCaprio rampant dans une scène surréaliste qui rappelle aux plus perspicaces les lignes de La Métamorphose de Kafka : cette vision en plongée face à l’abîme qui le sépare de sa Porsche, comment ne pas y voir un clin d’oeil à l’auteur du Verdict?

C’est l’une des scènes marquantes du film, mais je n’en dirai pas plus. Le film est un chef-d’oeuvre, du moins c’est l’opinion de 99 % de la presse mondiale, car dans cette mer d’unanimité, se distingue la voix discordante de Pierre Haski, écoeuré par ce « spectacle creux » que nous offre Martin Scorsese dans le Loup de Wall Street.

S’il est impossible de nier le fait que Leonardo Dicaprio signe là le meilleur rôle de sa carrière, on ne peut s’empêcher de constater le fourvoiement idéologique de Martin Martin Scorsese. Si la main du maître est omniprésente pendant les trois heures que dure film, comment ne pas lui attribuer aussi certaines absurdités que l’on entend ça et là?

Le parallèle avec « Lampedusa » ne vous aura pas échappé s’il vous reste encore un brin d’humanisme.

Quant au film en lui-même, je ne peux m’empêcher de penser qu’il aurait pu être plus court. L’impression que l’on a après avoir été dopé par ce flux de débauches et de fétichisme capitaliste, c’est d’être perdu dans un train-train spectaculaire que même Scorsese ne sait plus arrêter: then we go to the fucking end… 

Autre fait gênant dans cette oeuvre, c’est la voix off de DiCaprio absolument dispensable et qui donne au film un air de documentaire.

Ajoutons quand même que pendant ces trois heures d’hystérie Martin Scorsese arrive sans cesse à nous faire rire, c’est aussi l’un des aspects les plus problématiques du Loup de Wall Street: « si l’on rit à la vision de ce spectacle abominable, n’en devient-on pas un complice du malfrat Jordan Befort? ».

Quelle est la véritable intention du réalisateur en truffant son film de scènes aussi comiques les unes que les autres? Car on est là en face d’un choix narratif et non pas d’un effet neutre de prise de vue. Le choix idéologique est flagrant !

Ajoutons enfin qu’au-delà de toute critique positive ou négative du film, Leonardo DiCaprio est un candidat plus que sérieux à la victoire finale aux Oscars : quelle énergie !

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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