Guinée-Bissau: combattre la violence avec des livres

http://www.flickr.com/photos/celesterc/1069893367/sizes/m/in/photostream/Crédit photo: Celeste/Flickr
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Crédit photo: Celeste/Flickr

Par une nuit tranquille à parcourir de nombreuses pages sur Facebook je tombe sur une très intéressante initiative lancée par une association portée par des expatriés guinéens au Brésil. « L‘Armée de la Paix » – O exército da paz – est en marche et entend réunir cette année au moins 2014 livres qui seront envoyés aux bibliothèques de Guinée-Bissau.

Génial ! L’idée est assez simple et du coup originale, pourquoi ne pense-t-on pas souvent à ces choses-là? Il s’agit tout bêtement de faire un don de livre à la Guinée-Bissau par le biais de son ambassade à Brasília.

Le cher lecteur de ce blog ne se rend peut-être pas compte de ce que peut signifier un tel geste, mais croyez bien que dans un pays aussi ravagé par la violence et les coup d’Etat à répétition, un simple don d’un livre peut changer une vie, voire même en sauver une autre.

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Crédit photo: Emily Carlin/Flickr

J’ai souvent parlé sur ce blog de ces pays lusophones d’Afrique, marginalisés à cause de leur « exception linguistique », ils sont ceux qui ont le plus souffert dans le continent. En effet, il n’ y pas si longtemps que cela l’Angola sortait d’une guerre civile qui dura plus de vingt ans. Et pendant toutes ces années, une très ample partie de la population n’eut jamais accès à l’éducation.

En Guinée-Bissau, la situation n’a jamais été aussi critique qu’en Angola, mais eux aussi ont été victime de la Guerre Froide comme beaucoup de pays africains. Déchiré entre l’Occident et l’URSS, ce pays est longtemps demeuré sous le joug de dictatures militaires. Plus récemment, le Brésil a reduit ses relations diplomatiques avec le nouveau gouvernement guinéen, encore une fois issu d’un coup d’Etat.

1551565_10202940847988038_1179172290_nLe problème récurrent en Guinée-Bissau reste la force du trafic de drogue, ce pays étant devenu le port de transit des trafiquants qui rêvent de faire fortune en Europe. La Guinée-Bissau, c’est donc « la porte de l’Europe » accro aux drogues. Sur ce blog de RFI on peut lire des billets qui rappellent tout le mal produit par ce fléau dans un pays qui ne demande qu’à être/vivre… libre.

J’ai donc décidé d’entrer dans « ce bateau de la paix ». Certe le projet n’en est qu’à ses premiers pas, mais j’ai espoir que d’ici la fin 2014 nous pourrons atteindre les 2014 livres qui sauveront un pays.

Pour vous donner une idée de la simplicité du projet et aussi de la liberté garantie aux donateurs, il n’ y pas d’exigence sur un type particulier de livre, cela peut aussi bien être du niveau de la maternelle qu’universitaire. Ainsi donc je compte envoyer un livre d’ Anthony Giddens sur la Globalisation, un autre de Christian Metz sur le langage au cinéma, puis ce livre de Todorov & al. , Qu’est-ce que le structuralisme? (les deux derniers livres sont en langue française, là encore pas de problème). Rien ne m’empêche d’en rajouter d’autres à cette liste… des livres sur la démocratie, par exemple.

Si vous souhaitez faire des dons, je vous laisse ci-dessous les coordonnées de l’ambassade de Guinée-Bissau à Brasília. Pour ceux qui résident au Brésil, libre à vous de donner vos livres aux ressortissants guinéens qui les transmettront à cette adresse:

Telefones
  • 061 3366-1098 Trabalho
Endereço
  • SHIS QI 03 Conjunto:09, Casa 11
  • 71.605-290 Brasília, Brazil
Bairro Lago Sul
Nome de usuário
Site
E-mail
  • embaguibrasil@gmail.com

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
Serge

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6 Commentaires

  1. C’est une très bonne initiative. Lorsque je regagnerai mon appartement à Berlin, et ma bibliothèque pleine à craquer, je trouverai bien quelques livres à envoyer à la Guinée-Bissau 🙂

    Crois-tu que le facteur linguistique soit un facteur de marginalisation si conséquent pour les pays lusophones d’Afrique? Pourtant depuis quelques années on entend beaucoup parler de l’Angola. Les rythmes « kizomba » partis d’Angola ont conquis les Antilles et l’Europe 🙂 Sans parler de l’économie…

    La Guinée-Bissau, effectivement, on en parle très rarement, et quand on en parle s’est pour évoquer le failed state (« État failli »).

  2. Sans ressources humaines bien préparées pas de développement. l’éducation est un grand précurseur du développement communautaire.. c génial. Félicitations aux initiateurs!

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