And the winner is Gripen : la gifle brésilienne pour François Hollande !

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Gripen_ag2.jpg Un avion Gripen en vol, crédit photo: Arnaud Gaillard/ Wikimedia Commons
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Un avion Gripen en vol, crédit photo : Arnaud Gaillard/ Wikimedia Commons

C’est plutôt une gifle suédoise que vient de se prendre le président François Hollande qui a voulu vendre à la France l’idée d’un rapprochement des relations franco-brésiliennes. Mais pour ceux qui suivent de près cette “affaire Rafale”, il était évident qu’elle n’allait pas être conclue.

L’une des principales raisons de cet échec se doit au remplacement du ministre de la Défense Nelson Jobim par Celso Amorim. Monsieur Jobim semblait favorable à une offre française, pour le moins il ne cachait pas sa méfiance du deal avec les Etats-Unis, eux-aussi en course. Dans le passé, les Américains avaient promis de vendre des avions de guerre (mais aussi leur technologie…) au Brésil; toutefois, à la dernière minute, le Sénat américain avait changé d’avis votant une loi qui interdisait le transfert de technologie.

D’autre part, l’ancien ministre de la Défense du Brésil dont je parlais plus haut avait visiblement défié l’autorité de la présidente Dilma Rousseff, ce qui lui avait valu son remplacement.

Dans tous les cas, la France démontre encore une fois sa méconnaissance du comportement brésilien. Par ici, on ne dit jamais “non” en regardant l’interlocuteur dans les yeux; il est d’usage de faire semblant d’être d’accord même quand on ne l’est pas. Hollande aurait-il mal interprété les signaux ? Et Sarkozy avant lui…?

Ne croyez pas que dans les hautes sphères du pouvoir, ce comportement typiquement brésilien change.

Un homme d’affaires américain affirmait une fois qu’il était impossible de faire du business avec les Brésiliens, il avait bien raison : “Tu les invites à dîner dimanche, ils disent tous oui, mais personne ne vient…”.

Silencieux, les Suédois étaient en embuscade attendant le bon moment pour frapper la France. Je rappelle juste que pour avoir été envahie à plusieurs reprises par ses voix – y compris l’Allemagne –, la Suède a développé une importante industrie militaire.

A l’occasion de la visite officielle, la semaine dernière, de François Hollande au Brésil, j’écrivais que la langue ne suffisait plus à faire de la France un interlocuteur de marque de la grande puissance d’Amérique latine, les faits me donnent raison aujourd’hui.

La bonne nouvelle dans cette affaire, c’est effectivement la fin de cet interminable feuilleton qui traîne depuis au moins 2008.

Le choix des Brésiliens porte sur deux critères: la qualité du Gripen NG et son prix inférieur au Rafale.

J’avais promis un seul article d’ici la fin de l’année, mais l’actualité me rattrape; au temps pour moi.

P.S : Au moment où je termine de rédiger ces lignes, l’Atlético Mineiro (actuellement au Maroc) vient de marquer un but d’anthologie contre le Raja de Casablanca, l’oeuvre de Ronaldinho… Bravo l’artiste ! Les Brésiliens se sont inclinés malgré le but de leur star. Deux Congolais jouent dans cette équipe de Raja que j’ai vu joué au Stade des Martyres contre le TP Mazembe, finaliste lui aussi de la même compétition en 2010.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

6 Commentaires

  1. Les Relations Diplomatiques,les Sourires de Façades et les Accolades Chaleureuses entre Dilma Roussef et François Hollande n’ont pas suffit pour conclure cette Importante Affaires de Rafales.Ce ne sont pourtant pas les Experts Brésiliens qui manquent en France pour étudier ce Marché Brésilien.En effet cette Méconnaissance du Terrain par la France est une erreur stratégique.

    1. D’un autre côté la presse brésilienne critique le choix précipité du gouvernement brésilien, selon eux, les meilleurs choix seraient le F18 américain largement utilisé en Irac et le Rafale qui a fait ses preuves en Lybbie

  2. Mince, on aurait du se méfier: les suédois nous avaient déjà fait le coup avec leurs meubles! Remarque il se peut que les avions en question soient livrés en kit à monter soi-même!!!

  3. « Par ici, on ne dit jamais “non” en regardant l’interlocuteur dans les yeux; il est d’usage de faire semblant d’être d’accord même quand on ne l’est pas ».
    Merci de m’avoir avertie sait-on jamais au moins je saurai décrypter les signaux contradictoires brésiliens!
    Et le PS … Hmmmmm Tu es gravement grave. Mais c’est pas moi qui vais m’en plaindre! J’adore le foot.

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