Comme dans un roman de Dostoiévski

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cole%C3%A7%C3%A3o_Obra_Completa_-_Fi%C3%B3dor_Dostoi%C3%A9vski_-_Editora_Nova_Aguilar.jpgCollection oeuvres complètes de Dostoiévski (crédit photo: Edivaldo Gomes Pinto Júniot/Wikimedia Commons)
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Collection œuvres complètes de Dostoievski (crédit photo: Edivaldo Gomes Pinto Júniot/Wikimedia Commons)

J’adore les romans de Fiédor Dostoievski. Personne ne décrit la nature humaine aussi bien que lui. Il faut dire aussi que personne n’aide à comprendre la nature du peuple brésilien autant que l’écrivain russe.

Eh oui, vous avez bien lu. En décrivant la Russie du XVIIe siècle, l’auteur des Frères Karamázov était loin de se douter qu’il créait également un tableau capable de représenter l’essence même de la société brésilienne: une société malade, dérangée, brutale, sauvage, noyée dans une ivresse permanente comme ce pauvre Raskólnikov de Crime et châtiment. Ange et démon, génie et psychopathe, tout en même temps.

Je me souviens qu’une fois, à João Pessoa, un homme avait décimé une famille toute entière parce qu’en l’invitant à dîner, on lui offrit le plus petit morceau de poulet…

Avez-vous jamais vu quelque chose d’aussi irrationnelle?

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Dans ce pays, on tue pour un morceau de pain. Je ne veux pas critiquer injustement ce pays qui m’a trop donné, mais c’est la triste réalité. En venant au Brésil, les touristes doivent bien savoir qu’ici, il vaut mieux ne pas provoquer un inconnu, il vaut mieux éviter de contrarier un inconnu.

Un ami guinéen a été agressé par deux gardiens d’une boite de nuit. En allant se plaindre à la police, on lui a recommandé de ne pas porter plainte car cela pourrait attiser la haine de ses bourreaux.

Avez-vous vu les images violentes qui ont caractérisées un match du Brasileirão, première division brésilienne? On y voit un homme normal en train « d’assassiner » une pauvre victime, ao vivo… On se demande comment un tel individu peut circuler dans la rue, qui plus est vêtu proprement comme une personne normale de classe moyenne.  Vous trouverez des scènes choquantes [vidéo] ici et .

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Tout ça me rappelle étrangement les romans de Dostoievski où les personnages sont souvent atteints d’une espèce de folie passagère – Dmitri Fiodorovitch Karamázov en est le personnage typique. Ça fait froid dans le dos. C’est d’une précision inouïe, malheureusement, c’est aussi à l’image de ce Brésil.

Il n’ y a pas si longtemps j’ai discuté avec un fonctionnaire public à l’université et en rentrant je me suis dis que je venais peut être d’échapper à la mort.

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Complément: le jeune homme avec un bâton (tee-short blanc sur la photo) a été arrêté ce lundi; à 23 ans, il a déjà été poursuivi pour meurtre notamment.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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