Carnet d’une lectrice : « Les Brésiliens ont honte de s’afficher avec des filles noires »

http://www.flickr.com/photos/couscouschocolat/6460530313/sizes/m/in/photostream/Crédit photo: couscouschocolat on Flickr
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Crédit photo : couscouschocolat on Flickr.

L’immigration africaine contemporaine vers le Brésil est très commentée dans les médias au point où certains experts évoquent la recherche d’un nouvel Eldorado (sans vouloir faire dans la caricature) outre-Atlantique. Les mutations de la société contemporaine, notamment celle de la révolution du genre (ou sexuelle) sont passées par là, et désormais des jeunes filles du continent noir n’hésitent plus à s’engager dans des longs voyages, elles aussi, à la recherche du bonheur. Une démarche digne de cette recommandation de la Constitution américaine… dans cette nouvelle mosaïque culturelle apportée par la globalisation, les rapports personnels entre hommes et femmes sont ressentis de différentes manières très dialectiques ; les relations entre Africains, redéfinies…

Nouveau carnet d’une lectrice, à lire ci-dessous :

Celui qui a dit que l’on est mieux chez soi n’avait pas totalement tort. J´entendais mes aînés dire que la vie à l’étranger n’est pas facile et qu’elle était même un éternel combat. Eh oui, je constate que c’est un combat interminable parce ce qu’il ne se limite pas qu’au désir d’atteindre ses objectifs, mais englobe tout ce que tu vis après être parti de ton pays. J´ai confirmé cela après avoir passé quelques mois au Brésil.

Les étudiantes africaines vivent ici une indescriptible frustration qui est de l’ordre du psychologique. Peut-être que j’exagère un peu, mais je ne crois pas. Elles doivent lutter pour se faire un nom dans leur famille et pour se faire respecter dans la société. Croyez-moi, ce n’est pas chose facile lorsque certaines conditions ne sont pas réunies. L’une des premières difficultés apparaît dans la vie personnelle des filles qui débarquent ici.

Est-ce facile d’avoir un petit ami au Brésil? Sans hésiter, non ! Et j’ajouterai même que c’est très compliqué.

Quelques jours après ton arrivée dans ce pays, les garçons africains te courent après comme des abeilles sur du miel et c’est le début de tes problèmes. Tu rejettes tout le monde en te disant : « Je suis là juste pour mes études, en plus j’ai laissé mon petit ami au pays, je l’aime tellement que je ne peux pas le tromper ». Et tu entendras certains te dire «on te donne six mois voire un an, on verra si tu tiendras encore le même discours ». D’autres te cracheront, «laisse tomber, ton petit ami du pays c’est du passé ».

Et même quand tu t’intéresses à l’un d’entre eux, ce n’est même pas sûr que votre relation survivra pendant plus de six mois sans qu’il ne te dise : « Je suis fatigué, il faut qu’on arrête ». Je ne suis pas en train de dire ici qu’il n’y a pas de relation qui tienne pendant plusieurs mois, voire même des années, mais plutôt que nos frères africains au Brésil deviennent des safados – homme à femmes, sans scrupules.

Si tu n’as pas de chance, tu tombes sur un mauvais garçon et au bout de quelques mois tu en compteras un deuxième, puis un troisième et encore un quatrième sur ta liste. Je conseille toujours à mes soeurs africaines de prendre tout leur temps à leur arrivée, question d’observer avant de faire un choix, car celui qui tient vraiment à toi attendra le temps qu’il faudra.

Le comble est que ce malheur n’est pas seulement entre nous Africains. Les Brésiliens non plus ne rendent pas les choses plus simples. Ils apprécient bien les Africaines, mais les draguent juste pour faire des expériences – genre “goûter” à une Africaine et la laisser tomber après… ni vu, ni connu… Certains vont jusqu’à t’arrêter dans la rue pour négocier le prix de quelques heures avec eux dans un motel, d’autres ont même honte de s’afficher avec des Africaines.

C’est cette dernière raison qui m’a poussée à faire une petite enquête auprès de certains amis brésiliens et j’en ai conclu qu’ils ont peur de ce que les autres (Brésiliens) diront lorsqu’ils les verront avec une fille noire. Les voiles tombent !

En même temps, le traitement que les Africaines imposent à leurs frères noirs dans leur pays n’a plus lieu d’être ici, et du coup, même le garçon le plus laid qui ne fait pas ton genre devient mignon… il peut même être à l’origine de querelles et de bagarres entre filles africaines, Brésiliens ou vice-versa. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois…

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Etoile.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

9 Commentaires

  1. Rien que le Titre de l’article est choquant.Un tableau bien sombre sur les Réalités des Relations Sentimentales des Etudiantes Africaines Noires au Brésil.La façon dont elles sont traitées soit par les Brésiliens ou Africains est humiliante,dégradante et honteuse.IL y a aussi des Brésiliennes Noires.Subissent-elles la meme chose de la part des Brésiliens Noirs ou Blancs. Le choix du Petit ami détermine tout le reste surtout pour la suite des Etudes…

    1. Pour le brésiliennes noires je pense que tout dépend de si elles sont riches ou pas, et si elles ont un grand capital culturel. cela doit aussi varier selon les régions, il me semble.
      Quant aux relations entre africains et africaines, je pense que c’est une façon pour eux de survivre loin de chez eux, les relations affectives sont comme des eaux troubles…

  2. C’est intéressant d’avoir ce point de vue, car certain(e)s noirs de France pourront passer pour des brésiliens ailleurs. On a toujours une image de l’ailleurs qui est différente…quant-aux relations entre africains que tu évoques, elles me font penser aux relations entre expat européens en Égypte, quand les moeurs diffèrent d’un pays à l’autre ça donne un tas d’histoires à raconter. Celle là est interessante car peu connue.

    1. Oui, je trouve ça trÈs intéressant aussi car même si les africains se disent victimes de racisme parout en Occident, il faut reconnaitre qu’entre nous, ce n’est pas tendre non plus. et il y a beaucoup de choses à dire sur les relations afro-africaines…
      ce serait intéressant d’en savoir un peu plus sur le comportement des noirs de France

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