L’imbroglio bolivien et les cubains

http://www.flickr.com/photos/fiesp/7187391803/sizes/m/in/photostream/L'ex-ministre des affaires étrangères, António Patriota, crédit photo: FIESP on Flickr.com
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L’ex-ministre des affaires étrangères, António Patriota, crédit photo: FIESP on Flickr.com

Bonjour les amis! Cette semaine n’est pas de tout repos pour moi car je suis sur la dernière ligne droite de mes études en science politique. Je vous parlerai peut-être prochainement de mon travail de fin d’études intitulé « Transition politique et consolidation de la démocratie en RDC ». Titre un peu ambitieux, mais pourquoi pas? Tant que ce n’est pas de l’arrogance. 

Bon, pour ce qui est de l’actualité brésilienne, la semaine a été chargée aussi. Entre l’arrivée des médecins cubains sifflés à l’aéroport de Fortaleza par des étudiantes de medecines et autres jeunes médecins, et le licenciement du ministre des affaires étrangères António Patriota, on ne sait pas vraiment où donner de la tête. Je vais donc vous dire ce que je pense de ces deux affaires.

Commençons par le cas des cubains. Je l’ai écrit ici (voir: Sortez docteur!« ) il y a quelques mois que le principal motif de cette polémique concernant l’arrivée des médecins cubains été la xénophobie doublée d’un sentiment d’hostilité à l’égard du régime des frères Castro. D’autant plus que le gouvernement brésilien a donné des garanties aux « médecins nationaux » qui n’auront pas leurs places ménacées par les étrangers. Les cubains et maintenant les autres médecins étrangers participeront de l’unique programme « Mais médicos »Plus de médecins – qui a pour objet de recruter des professionnels étrangers dans un secteur qui souffre d’une carrence avérée.

Ces dernières semaines, on a vu des médecins portugais, argentins, espagnols arrivés, mais seuls les cubains ont été victimes d’hostilité.

Il me semble que les jeunes brésiliens ne comprennent pas encore le sens de la démocratie. Avoir des droits ne veut pas dire s’acharner sur les autres, cela devient un cas d’harcèlement moral. Le problème c’est que ces médecins cubains sont pour la plus part noirs. Ils ne correspondent pas aux « critères du médecin brésilien »: blanc, chrétien, riche et « beau« .

Si les médecins brésiliens protestent contre la venue des cubains, la population, elle, applaudi car le Système Unitaire (SUS) de Santé d’en portera mieux.

L’autre point fort de l’actualité cette semaine c’est le licenciement du ministre des affaires étrangères, pivot d’une crise politique régionale. Ce dernier a été écarté du gouvernement par la présidente Dilma Rousseff après qu’un diplomate brésilien ait organisé l’entrée en territoire brésilien d’un sénateur bolivien condamné pour une affaire de corruption par la justice de son pays. Ce dernier résidait depuis quinze mois dans les locaux de l’ambassade du Brésil en Bolivie.

Or, le gouvernement Dilma s’était opposé à l’aarivée du sénateur bolivien. En organisant « sa fuite », selon les propos du chancelier bolivien, le Brésil a violé un certains noimbres d’accord internationaux.

Contrarié au plus haut point, la présidente Dilma qui ne veut pas voir son autorité mis en cheque à quelques mois des élections de 2014 a limogé son ministre des affaires étrangères António Patriota. Mardi, Dilma Rousseff a repondu au diplomate par les médias sous une folle colère, c’est dire à quel point l’incident a choqué.

Tout porte à croire que le sénateur bolivien sera rapatrié dans les prochaines semaines.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

7 Commentaires

    1. les médecins brésiliens disent que le probleme n’est pas le manque de médecins mais un manque de structure. pas faut, mais il y a aussi un manque évident des medecins, surtout parce que les brésiliens issus de l’élite ne veulent pas travailler en province, ils préferent les capitales où ils ont en plus des cliniques privées. Les chiffres officiels montrent que plus de 700 villes n’ont aucun médecin. Lorsque le gouvernement a appelé les medecins pour y aller, seulement 10 % des places disponibles furent remplis. alors, il fallait faire appel à d’autres médecins, les étrangers. mais les cubains, non. les brésiliens les hostilisent. pas la population. le cas de cette femme de Natal qui les compare aux domestiques est seulement un exemple, apres elle a demandé pardon vu la repercussion de ses propos…

  1. Là Serge, je t’assure, l’histoire des médecins Cubains me choquent à chaque fois (2ème fois que je lis une telle histoire). Je ne comprends vraiment pas pourquoi les Brésiliens sont si hostiles à leur venue. Ils veulent un médecin: blanc, chrétien, riche et beau? Cher Brésilien dit moi un peu quand tu es malade, de quoi as-tu besoin au juste? D’un bon traitement ou d’un médecin blanc, beau et riche? Je devine ta réponse: un traitement bien sûr! Cesse cet égoïsme inutile! Vous n’avez pas assez de médecins. Et les Cubains sont prêts à vous aider. Serge, je suis désolée, mais cette égoïsme m’énerve. Bonne chance pour tes études! « Transition politique et consolidation de la démocratie en RDC » n’est pas prétentieux. Au contraire!

  2. Terrible pour ces Médecins Cubains.Quittez Cuba pour venir se faire humilier au Brésil par des Jeunes qui n’ont meme pas fini leurs études de Médecine.Qu’ils portent plainte devant les Tribunaux Compétentes.Le Racisme est condannée par la Loi.Qu’ils se révoltent un jour.La passivité est pire que tout…à mon avis.

    1. Le gouvernement brésilien a prevenu qu’il n’accepterait plus ce genre de manifs outrageantes… mais je crois aussi que les medecins cubains devraient porter plainte. un medecin (femme) a publié une photo sur un reseau social pour manifester son soutient au med cubains…

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