L’affaire Snowden est partie du Brésil

Crédit photo: See-ming Lee FLICKR.COM/CC

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Un réportage spécial diffusé sur la puissante chaîne de télévision brésilienne Rede Globo nous apprend que les documents rendus publics par Snowden ont été initialement remis à Glenn Greenwald, journaliste du Guardian résidant depuis sept ans au Brésil à Rio de Janeiro. Ce dernier affirme que le programme PRISM s’étend également aux pays émergents.

Les détails de cette collaboration quasi hollywoodienne entre Snowden et Greenwald peuvent être lus ici.

Selon le journaliste du  Guardian, qui a rencontré Snowden à Hong Kong après plus de quatre mois d’échange d’e-mails, les données trafiquées au Brésil sont  collectées “sans sélection” pour tous les Brésiliens. Cela permettrait d’emmagasiner des informations qui pourraient devenir utiles:

« As the headline suggests, the crux of the main article details how the NSA has, for years, systematically tapped into the Brazilian telecommunication network and indiscriminately intercepted, collected and stored the email and telephone records of millions of Brazilians. The story follows an article in Der Spiegel last week, written by Laura Poitras and reporters from that paper, detailing the NSA’s mass and indiscriminate collection of the electronic communications of millions of Germans. There are many more populations of non-adversarial countries which have been subjected to the same type of mass surveillance net by the NSA: indeed, the list of those which haven’t been are shorter than those which have. The claim that any other nation is engaging in anything remotely approaching indiscriminate worldwide surveillance of this sort is baseless ».

Ce qui est encore plus perturbant, c’est que le niveau d’espionnage par les USA du Brésil correspond à celui de la Russie.

Le journaliste américain explique en même temps que les données récoltées sur le Brésil sont particulièrement importantes vue la position stratégique de l’économie brésilienne; ainsi le Brésil serait le pays le plus espionné d’Amérique Latine.

Le gouvernement brésilien a manifesté sa grande insatisfaction après ces révélations. Par ailleurs, les partis d’opposition parlent d’une convocation de l’ambassadeur américain pour donner des explications au congrès. Le ministère des affaires étrangères brésilien – Itamaraty – a déjà signifié qu’une démarche similaire serait adoptée à Washington où l’ambassadeur brésilien demanderait des explications à l’administration Obama en même temps qu’il déposerait une plainte aux Nations Unies. 

Même si cela n’étonne presque personne, étant donné que même l’Union Européenne n’échappe à ce contrôle, l’affaire réveille les mauvais démons qui hantaient les relations bilatérales entre les deux pays, notamment pendant l’administration Bush.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les relations entre le gouvernement américain et ses homologues sud américains ne vont pas au mieux surtout après le récent “cafouillage” impliquant l’avion du président bolivien Evo Morales.

Ayant moi-même participé à une formation pour journalistes et blogueurs où il était (entre autres sujets) question d’apprendre des techniques de codage, la manière dont le journaliste anglais a mené à bien cette enquête est très instructive. Il est plus que jamais essentiel que les journalistes et les blogueurs s’emparent de ces techniques de cryptage sur le web.

On sait maintenant que les révélations portées au public jusqu’à présent ne sont que la pointe de iceberg, Glenn Greenwald aurait en sa possession plus de 5 000 documents renfermant des informations toutes aussi compromettantes. Ce lundi 08 juillet, The Guardian a publié une deuxième partie de l’interview de Snowden acordée à Greenwald.

Le lien du reportage de la Rede Globo (Fantástico) est disponible ici.

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

2 Commentaires

  1. Ce matin, une ministre du Vénézuela appelait ses concitoyens à fermer leurs comptes facebook pour ne pas travailler au service des services de renseignements américains et limiter la surveillance sur leurs pays. Mais il n’y a pas que Facebook et il me semble superdifficile pour un pays de se protéger de cette surveillance

    1. J’ai un ami qui s’est completement déconnecté, mais il garde un e-mail sans serveur connu. mais je ne sais vraiment pas si cela est suffisant ni même la mesure préventive du gouvernement Vénézuelien. Ils feraient mieux de fabriquer un satellite.

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