Brésil: la Manif des 20 centavos

http://www.flickr.com/photos/bernardoleo/9041470746/sizes/m/in/photostream/Crédit photo: Leandro Bernardo on Flickr.com
http://www.flickr.com/photos/bernardoleo/9041470746/sizes/m/in/photostream/

Crédit photo: Leandro Bernardo on Flickr.com

#20centavos, ce Hashtag qui fait des ravages sur Twitter parce que porté par la rage de milliers de jeunes manifestants qui revendiquent le rabais du prix du bus à São Paulo et à Rio de Janeiro.

Ces deux grandes capitales sont loin d’être une exception car ailleurs aussi les jeunes de classe moyenne, les étudiants et les travailleurs sortent dans les rues pour demander plus de dignité, et un système de transport public plus en phase avec le statut du Brésil: porte-étendard des Brics.

Colosse au pied d’argile ou géant sud américain? Tout dépendra de ce que le Brésil sera capable de réaliser en terme de bien-être social pour sa population.

Au tout début de ces manifestations, les autorités publiques étaient loin d’imaginer une telle répercussion tant nationale qu’internationale. Pensaient-ils que cela durerait jusqu’en ce début de la Coupe des Confédérations? Surement pas. Et ce fut leur erreur. A Paris, le maire de São Paulo, Fernando Haddad, celui-là même dont nous parlions sur ce blog il y a près de six mois – travailliste de surcroît – s’entêtait à ne pas donner de réponse satisfaisante aux jeunes manifestants. Sans doute soucieux de préserver l’appui de son allié du moment José Alckmin, gouverneur de São Paulo avec qui il est engagé dans la campagne pour amener l’Exposition universelle dans la métropole de l’hémisphère sud.

Ce qui pose problème au-delà de la principale problématique des manifestants – dépassant les clivages politiques d’ailleurs – c’est la violence qui a caractérisé l’action de la police. Même les journalistes n’y ont pas échappé.

Dans ces conditions le Parti Travailliste est assez embarrassé par le silence du maire de São Paulo, car les élections présidentielles s’approchent. La bronca contre la présidente Dilma Rousseff au Stade Mané Garrincha samedi est un mauvais présage.

Sur les réseaux sociaux les appels à plus de manifestations se multiplient de Rio de Janeiro à João Pessoa. Le raison qui a déclenché les événements de l’Avenida Paulista fut l’augmentation du prix du bus à São Paulo qui passe de 3,00 reais à 3,20 reais. Un chiffre dérisoire si l’on ne considérait pas le coût mensuel de ce tarif aussi bien que le salaire minimum au Brésil, 667 reais.

Il faut quand même rappeler que dans certaines villes du Brésil le transport public est gratuit pour les étudiants et les écoliers; les personnes âgées de plus de 65 ans bénéficient de cet avantage social dans tout le pays.

The following two tabs change content below.
Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

8 Commentaires

  1. Chose que je n’arrive pas a comprendre est que l’Etat de São Paulo avait fais un communiqué que le transport changerai de prix de 3,00 a 3,20 le premier juin et pendant tout ce temps ils n’ont pas manifester et quand le premier juin le prix change ils ont attendu pratiquement une semaine pour revendiquer. Mais par respect je salue cette mobilisation patriotique d’un peuple éveillé bien que on est encore loin d’y croire a un printemps brésilien!

    1. on ne peut jamais vraiment prévoire quand un peuple va se soulever. ce n’est évidemment pas un printemps brésilien simplement parce que le Brésil est une démocratie depuis plus de 20 ans. Par contre ces évenements montrent que la population est très en colère par rapport à l’imoralité qui règne dans le milieu politique brésilien. Et puis, la coupe des confé. est une belle opportunité pour avoir une visibilité internationale

      1. Ne jouons pas sur les mots… Le brésil est une démocratie comme l’egypte l’était avant le printemps arabe; un seul parti réellement élligible avec une corruption incontournable à tous les niveaux de la société et une police abusive agissant en toute impunité.
        Le Brésil a besoin d’un « printemps brèsilien ». Espérons qu’il vienne et qu’il profite réellement aux brésiliens, et non pas aux riches qui habitent au Brésil… « les riches n’ont pas de nationalité »

        1. Le Brésil est une démocratie qui doit faire une réforme politique, une réforme agraire, une réforme des médias. La comparaison avec le monde arabe est simpliste. Si vous attendez un « printemps brésilien » c’est que vous ne connaissez pas la classe moyenne brésilienne, car les plus pauvres ne fairont pas cette révolution et les riches ne la souhaitent pas.

  2. IL n’y a pas de moyens d’expressions plus redoutables que les manifestations de masse dans les rues pour maintenir la pression au maximum face au gouvernement et se faire entendre.Les revendications de ces jeunes manifestants sont tout à fait légitime:obtenir la baisse du prix du bus qu’ils empruntent pour se déplacer.Motion de soutien à tous mouvements spontanés.Espérons qu’ils obtiennent gain de cause au final dans ce bras de fer.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *