Jupiter: « Ich bin ein Berliner and the world is my land »

(Jupiter et Nelly: crédit photo Serge Katembera)

Je n’aurai jamais connu Jupiter et sa bande Okwess International sans cette formation Mondoblog à Dakar avec le parainage de RFI (Atélier des Médias) et l’Agence Universitaire de la Francophonie et d’autres partenaires. Jupiter est un chanteur plein de talent et d’originalité, sa musique déborde d’énergie.

Quand on est loin de son pays on cherche partout des signaux qui nous rappellent nos origines alors lorsque l’on tombe carrément sur un groupe de musiciens congolais qui se produit à l’IF de Dakar, ça fait vraiment chaud au coeur.

J’ai senti une certaine malice dans ses thèmes – à Jupiter – , comme s’il se moquait un peu de tout le monde dans le bon sens bien sûr , surtout des blancs présents, mais ça c’est un truc de congolais, peut-être étais-je le seul à m’en rendre compte. Son côté rebelle je crois. Avec ses thèmes si originaux et sa façon de les traiter; entre “Ba pasi” (la souffrance) et “Ich bin berliner…” Jupiter défie la norme, les faiseurs de lois et de consciences…

Dans cette musique congolaise que j’ai découvert à Dakar, il n’y a aucune trace de Franco ou de Simaro, ni même celle de Madilu. Jupiter trouve sa propre voix qui n’est pas non plus celle des Fally et Ferré. Et pourtant comme tout cela a plu.

Il y a quelque temps, Fally lançait son dernier álbum que j’avais décidé de boycotter parce que pour moi, il avait totalement renié l’histoire de la rumba. Jupiter a fait que je me remette en question une seconde: mon obsession pour la rumba ne fait-elle pas perdre des tas d’autres choses qui sont également très belles?.

(La talentueuse Nelly qui acompagne Jupiter. Crédit Photo: Serge Katembera)

(La talentueuse Nelly qui acompagne Jupiter. Crédit Photo: Serge Katembera)

A côté de Jupiter, il y avait Nelly. Cette petite diablesse si séduisante lorsqu’elle est sur scène. Ses coups de hanches envoutants, son regard aggréssif, ses cheveux fous qui me rappellent les miens font d’elle une artiste à part entière.

Il y a d’ailleurs chez Nelly quelque chose de très similaire à Jupiter. Peut-être cet aspect si sauvage et brutal. J’ai senti en eux la souffrance de mon pays mais également l’espoir qui nous fait continuer, même si notre pays ne nous appui que très peu. Ils sont aussi des Rachez Mwanza.

(Nelly et ses hanches. Crédit photo: Serge Katembera)

(Nelly et ses hanches. Crédit photo: Serge Katembera)

Je n’ai finalement rien dit sur leur style. Pendant tout le temps qu’a duré le concert j’ai pensé à un ami congolais qui vit à Maceio – au Brésil – , c’est tellement curieux comme il a le style de Jupiter et la même voix. Mon pays est vraiment bouré de talents, et peut-être qu’on retrouvera notre position de phare de la musique africaine.

(Le groupe de Jupiter à Dakar. Crédit photo: Serge Katembera)

(Le groupe de Jupiter à Dakar. Crédit photo: Serge Katembera)

 

 

C’est ça mon pays!

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

7 Commentaires

  1. Toujours cet espoir qui nait dans ce trou à tout apparemment sans avenir. Toujours cette recherche de l’originalité dans cette vie prise au piège du conformisme et de la reproduction sociale, pas toujours de bonne augure. Toujours cet étonnement sans cesse renouvelé

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