La nuit des cyclistes

nuit des cyclistes

La nuit a des vertus que l’on ne comprend pas. Du moins, c’est l’avis de ces cyclistes très particuliers qui ne sortent que sous les petites lumières de la lune pour pédaler. Sans doute une manière d’échapper à l’anarchie qui règne sur les routes brésiliennes, surtout dans les grandes villes.

 Les grands centres urbains sont très souvent dépassés par le flux des véhicules – une lacune d’accomodations – , les piétons et les cyclistes sont les plus laisés par ce manque de modernité urbaine. Des routes peu adaptées pour la circulation de bicyclettes, pas de chaussées pour les piétons obligés de se disputer des bouts de chemin avec les voitures. Pas du tout le cas de Berlin, par exemple.

(Photo de Jean Gagnon Wikimédia Commons)

(Photo de Jean Gagnon Wikimédia Commons)

 Dans ces circonstances des jeunes cyclistes profitent littéralement de la nuit pour faire un peu de sport. On les croise un peu partout dans les rues, très tard, si l’on a le courage de faire une petite virée nocturne, cela m’arrive… je trouve ça assez charmant, domage que je ne pratique pas.

 On les appelle aussi les Night Bikers.

 J’ai fait le constat que la nuit n’est pas plus dangereuse que le jour. Au contraire, sortir sous l’éclat des étoiles – pour marcher ou pédaler – procure une sensation de pouvoir: la ville est déserte, et pour quelques instants elle vous appartient.

Toutefois, pour les cyclistes la prudence n’est pas un défaut, il y a toujours le risque de croiser un automobiliste imprudent. L’idéal serait donc que l’Etat crée des srtuctures urbaines capables de supporter cette demande.

Quelques recommendations sont de ce fait indispensables pour ces courageux cyclistes: s’habiller en blanc, utiliser des lanternes (n’importe quel signal fluorescent) pour éviter des accidents.

Tout cela dérive, grosso modo, d’un problème de mentalité qu’il faudra changer par la force des choses, et aussi par des politiques modernes d’urbanisme.

Le transport public est très mal vu ici, l’Etat investit peu dans le transport colléctif – la Coupe du Monde et les JO peuvent tout changer. C’est d’ailleurs la cause directe d’ambouteillages désormais légendaires – ils atteignent parfois 150 kilomètres – à São Paulo, Rio de Janeiro et Brasília, mais la situation n’est pas diferente dans les autres capitales.

 Alors en attendant les changements, profitons de la nuit; en vitesse, tant qu’à le faire.

 

Pour le voyage.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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