Incendie de Santa Maria, des retombées politiques?

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Tarsio Genro (PT) gouverneur du Rio Grande do Sul

La police a déterminé qu’une mousse d’isolement acoustique très toxique serait la cause de la mort de la majorité des victimes de l’incendie de Santa Maria. Ce qui confirme la fragilité du système sécuritaire de la boite, et d’une certaine manière la négligeance des autorités responsables de fiscaliser ce type d’établissement.

Le nombre des morts continue d’augmenter, plusieurs survivants courent le risque de mort car l’intoxication a été particulièrement forte.

 Dans les trois jours qui ont succédé à l’incendie plusieurs rescapés ont été hospitalisés en conséquence de l’inalation de la fumée toxique, les séquelles réapparaissent même après la tragédie, elles se caractérisent par une difficulté respiratoire.

 Selon le Code Pénal brésilien les responsables de l’établissement, s’ils étaient condamnés, devraient être incarcérés pendant deux ans et sept mois. Mais uniquement à condition d’être accusés d’homicide involontaire. Encore une fois, il est difficil de démontrer dans un tel cas la volonté de tuer, à la limite on peut punir la négligeance qui a entrainé la mort de 237 personnes.

 En réalité les responsabilités sont partagées entre les propriétaires de la boite, les pompiers qui n’ont pas fait un travail en amont, c’est-à-dire un travail de prévention, mais aussi des autorités municipales. Ça fait parti du fameux Jeitinho brésilien.

Depuis la tragique nuit du dimanche, plusieurs villes mènent une campagne féroce contre les boites de nuit qui présentent des inadéquations avec les normes sécuritaires. A Rio de Janeiro et São Paulo une vingtaine d’établissements a été fermé jusqu’à nouvel ordre.

La capitale paulista a par ailleurs signé un accord avec le gouvernement de l’Etat pour légiférer sur les fonctionnements des discothèques.

Les spécialistes persistent à dire que la difficulté de la gestion politique de cette affaire réside dans le fait que chaque Etat garde son autonomie sur la législations des établissements commerciaux, ce qui est le propre de la nature fédérale de l’Etat brésilien. Une solution serait de vite voter des lois avec éffet fédéral, ainsi on avancerait considérablement dans la prévention des tragédies de ce genre, recommandent-ils.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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