Ni noir, ni blanc

ni noir ni blanc

J’ai été confronté à une question fondamentale de la vie quotidienne des brésiliens. Il m’a été exigé de définir à quelle race j’appartenais au moment de remplir un formulaire purement administratif. La question n’est pas fortuite, elle détermine en règle générale si un citoyen aura accès à un avantage social.

 Le problème de l’auto-définition de la race s’est posé après d’âpres combats idéologiques entre plusieurs couches sociales apartennant à des groupes éthniques différents. L’adopttion du système d’auto-classification de la race fut a priori considérée comme une avancée dans l’effort de démocratisation du Brésil. Une démocratisation qui se voulait aussi raciale.

ici (page 23) vous pouvez voir un communiqué de Gilberto Freyre à l’UNESCO dans lequel l’intelectuel brésilien loue le modèle de la démocratie raciale au Brésil (1977).Gilberto_Freyre

 Loin de moi toute prétention à juger les afro-brésiliens qui choisissent de s’auto-classifier (comme noir ou blanc, etc.), les privations historiques ne peuvent pas être oubliées, aussi leur dépassement (ou leur reparation) est louable.

 

Prenons l’exemple de l’expérience des Etats-Unis en la matière, où l’adoption des politiques raciales pose problème aux milieux conservateurs, libéraux, et même chez certains “groupes noirs”. Cette dernière configuaration me paraissait étrange, mais cette récente “aventure du formulaire” m’a fait comprendre qu’il n’est pas facile pour un noir d’admettre qu’il jouisse de certains droits en raison de sa race.

 

 

 Autant, la discrimination raciale contre les noirs est inhumaine, autant une “discrimation positive” en faveur des noirs (ou de n’importe quel autre groupe minoritaire) peut être pesante. Comprennez surtout que le problème n’est pas simple, ni sa solution.

 Pour revenir à la problématique initiale, j’ai finalement choisi de ne pas m’auto-définir comme noir ou comme blanc – puisque j’avais aussi cette option –, ce qui fut en gros une stratégie politique personnelle.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

10 Commentaires

  1. Position qui, je n’en doute pas, va intéresser beaucoup de brésiliens, sur cette question de la discrimination positive au Brésil. Pour moi, le but d’un pays en plein essor comme le Brésil, devrait être précisément de dépasser son passé, aussi douloureux soit-il (passé qui ne doit évidemment pas être oublié). Il devrait s’agir de construire un futur « ensemble », au delà des origines et histoires de chacun. Et ça vaut évidemment aussi pour la France!

    1. cher ami, le problème du Brésil est que c’est pays d’inégalités absolues, ce qui n’est pas le cas de la France. ici, on ne reconnait deja pas que le racisme existe (voir la démocratie raciale de gilberto freyre). donc, cette discrimination là devient necessaire. cependant, il me gene un peu en tant qu’individu, je ne veux pas gagner ou perdre des droits à cause ou grace à la couleur de ma peau…

  2. le problème de la couleur de la peau se trouve au centre des problèmes que connait le Mali.l’ethnie qui se rebelle a toujours profité de discrimination positive; cela n’a en rien mis fin à leur envie de guerre depuis 1963. ils réclament encore plus de privilèges pour pour un territoire désertique qu’ils partagent avec des d’autres ethnies qui elles ont la peau blanche et ce fait sont considérées comme inférieures sinon même esclaves. le fracture est très grande après cette occupation pendant laquelle seuls les noirs ont été les victimes de la Charia des blancs. Même s’il n’y a pas d’amalgame et de représailles comme le desir la france, il serait difficile de reprendre la vie commune comme avant.

    1. @ Faty un problème vraiment complexe. j’avoue que par mes études personnes, j’ai tendance à ne pas voir les limites d’une telle aproche. néanmoins, je crois que dans tous les pays du magreb il y a une forte tendance à eliminer les populations noires (voir aussi la Lybie post Khaddafi). une réconciliation a été possible en Afrique du Sud, pourquoi pas au Mali. ET pour ne citer que les paroles du sage (MANDELA): « si j’ai appris à hair, je peux aussi apprendre à aimer »

  3. Caras, a distinção é um fenômeno social (assim falou Bourdieu).
    Desde os primórdios a humanidade brinca disto.
    A historiografia, ou o pensamento social brasileiro foi construído em cima de uma rocha. E essa rocha representa o imperialismo escravocrata. Roberto DaMatta escreveu muita coisa sobre isso, « sobre o com que se fala. » É interessante poder diagnosticar essas coisas. Não acho que em vida iremos acompanhar essa « equiparação » de povos.

    1. querida Hermana, bem vinda ao blog! você tem razão, por isso acho que essas políticas são importantes. Não acho possível reverter o dano causado… mas vamos ver se tornamos a sociedade mais igualitária, se não em termos de ideologia, pelo menos materialmente…

      salue à toi!

  4. Le grand problème du monde actuel est que l´amour a déserté les coeurs. La peur de tout ce qui n´est pas comme soi à fait grandir la haine entre communauté.
    Refuser de se définir n´est pas mal comme politique. En fait, nous sommes tous citoyens du monde.

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