CAN, l’overdose

 akidia

La Coupe d’Afrique des Nations a commencé samedi 19 janvier en Afrique Sud, mais les médias brésiliens boudent cet événement sportif qui n’est pourtant pas inintéressant. Certes, la mystérieuse séquence 2012-2013 qui voit deux CAN se succéder a compliqué la tâche des médias, mais la raison est bien simple : il fallait que la plus grande compétition africaine soit compatible avec le calendrier de la Fifa, en évitant que Coupe du Monde et CAN n’aient lieu dans une même année.

Au pays où le football est roi, on ne suivra que très peu la CAN. Les Brésiliens doivent souffrir d’une overdose de football mal joué. Je ne suis pas gêné de dire que cette compétition n’est pas non plus l’équivalent de la Champions League européenne ou du championnat anglais en terme de spectacle.

Aucune chaîne de télévision gratuite ne diffusera les matchs de la CAN cette année. Ce serait une forme de suicide pour l’audience, soyons sérieux! L’année dernière, seule la chaîne sportive ESPN (cablée) avait inclus la compétition dans sa programmation, mais elle a perdu les droits pour la concurrence, en l’occurrence Globo (SportTV).

Les Brésiliens peuvent être les rois du football, mais ils font preuve de chauvinisme quand il s’agit d’autres compétitions continentales. Les journalistes sportifs, qui sont pourtant de très bons analystes, prennent des allures de Footix lorsqu’il faut commenter la CAN. Ils ne connaissent que le Nigéria de Kanu, ni  le Cameroun d’Eto’o.

En fait, la Champions League d’Afrique intéresse beaucoup plus que la CAN puisque très souvent, le vainqueur de la compétition se frotte au champion d’Amérique Latine en Coupe du Monde des Clubs, comme ce fut le cas en 2010 pour Mazembe et cette année pour Al-Ahly du Caire.

La star Kidiaba

Muteba Kidiaba par mustapha_ennaimi, Wikimedia Commons

Muteba Kidiaba par mustapha_ennaimi, Wikimedia Commons

Les deux premiers matchs et quelques autres qui ont suivit me donnent raison en ce qui concerne le manque d’un vrai spectacle, mais il faut tout de même mentionner l’excellente exhibition du Ghana et de la RDC. D’ailleurs mon pays peut se vanter de compter dans ses rang une star désormais planétaire: Robert Kidiaba, qui séduit les Brésiliens depuis le match de Mazembe en demi-finale de la Coupe du Monde des Club en 2010, où les Congolais avaient battu les favoris brésiliens de l’Internacional de Porto Alegre.

Ce match est par ailleurs entré dans la légende grâce à la “danse tape-cul” du gardien de but congolais. Ce dimanche à Port Elisabeth, il a remis ça. Kidiaba nous a sorti son grand numéro après l’égalisation des léopards, pour le grand plaisir des Brésiliens.

The following two tabs change content below.
Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *