Feliz ano novo et « bling-bling »

Tout le monde le sait au Brésil, le réveillon se passe à la plage; et un peu comme dans un rêve communiste, l’égalité est absolue: l’uniforme c’est le blanc. Mais ici, le blanc symbolise la paix, l’énergie positive et la pureté que l’on espère pour la nouvelle année. Cette année, la commémoration avait une double saveur: on fêtait le nouvel an bien sûr mais aussi la prédiction ratée des mayas qui annonçaient la fin du monde pour décembre.

Le blanc qui est devenu la couleur traditionnelle du réveillon brésilien dérive des pratiques religieuses Yoruba adoptées par les afro-brésiliens, particulièrement de la fête de Yemanjá – la mère de procréation. Le culte de Yemanjá (8 décembre) s’associe à l’eau et à la fertilité, d’où l’idée de toujours se vêtir de blanc quand on va demander la grace divine au large des côtes brésiliennes.  Cette année à João Pessoa, 300 mille personnes se sont rendues à la plage pour attendre 2013. Imaginez la folle ambiance!

La mairie de João Pessoa et la Fondation Culturelle de João Pessoa (FUNJOPE) ont promu une activité publique à la plage de Tambaú où chaque année la foule vient fêter le nouvel an. 300 mille personnes c’est 37 % de la population de João Pessoa agglomerés sur le point le plus oriental des Amériques (Pointe du Seixas) pour danser aux rythmes de la musique cubaine. Une des rares occasions où l’on voit réunis des gens de diverses classes sociales côtoyer le même milieu dans une parfaite harmonie comme le montrent ces images filmées par mes amis allemands du projet Viva Brasil 2014 qui souhaitent promouvoir la Coupe du Monde au Brésil.

 

 

 

La mauvaise note de la pollution

Le problème avec le nouvel an au Brésil c’est toujours le scénario apocalyptique qui s’en suit des festivités du réveillon. A croire que les brésiliens se retrouvent une conscience écologique dès le 1er janvier. Or, personne ne se gène de polluer la plage la veille. Hypocrisie ou TDI (trouble dissociatif de l’identité)?

Après on peut toujours penser à la destination finale de cette saleté accumulée par notre folie festive, le recyclage s’il fonctionne vraiment dans les mêmes proportions des dégâts est indispensable pour remédier à cette destruction. Mais comme dirait le sage « il vaut mieux prévenir que souffrir »… Le lendemain des fêtes les ONG qui militent pour la protection de la nature montent au créneau, ils sont bien impuissants face à la machine économique responsable du drame écologique.

Et pendant que nous dansions et polluions la plage, un couple – probablement venue d’une favela voisine – se faufilait dans la foule pour ramasser les bouteilles et les verres en plastiques pour ensuite les revendre à prix misérable. A quinze minutes du 1er janvier les gens n’ont pas vraiment la tête à l’écologie d’autant que la mairie nous a gratifié de 15 minutes de feu d’artifice.

Ces ordures seraient  par la suite recyclées  C’est malheureusement le triste spectacle des inégalités au Brésil: pour certains les fêtes et l’insouciance; pour d’autres la lutte quotidienne pour survivre.

Bling-bling

Je me souviens aussi qu’en R. D. Congo, lorsqu’on s’habille tout en blanc, on est en mode bling-bling. C’est vrai ! Rien à voir avec les origines nippones du concept, qui décrit en fait le style ostentatoire de la culture japonaise, cela n’a aucun rapport non plus avec la culture pop américaine, si ce n’est que le « bling-bling » congolais fut porté par les stars de la musique, tel que JB Mpiana.

Chez les chinois

(crédit photo: www.chinatownconnection.com)

On attendra bien sûr le nouvel an chinois , quelle veine! Ils ont quand même la chance de fêter deux fois de suite cet évènement qui tombe entre le 21 janvier et le 20 février selon le calendrier luni-solaire de nos amis asiatiques. Une occasion pour eux de montrer la richesse culturelle de la Chine, leur folklore – qui par définition, se transmet de générations en générations – et aussi les arts martiaux. Petite digression: j’apprécie beaucoup les manifestations culturelles qui combinent art martial, musique et dance; les effets visuels utilisés me rappellent les films chinois des années 1960 et 1970 – avec le succès des studios Shaw Brothers –  même si les couleurs sont très proches de celles que l’on retrouve dans le film culte Adieu ma concubine qui retrace les dérives totalitaires de la révolution culturelle en Chine.

Feliz ano novo à tous les Mondoblogueurs…

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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2 Commentaires

  1. Dans cet article ,j ai découvert pourquoi les brésiliens se mettent en blanc et se rapprochent de la mer pour la célébration du nouvel an.
    Merci bien…

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