L’épopée de Fernando Haddad

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paulo, c’est 1 523 km² pour 11.253.503 d’habitants. C’est aussi le plus grand pôle industriel d’Amérique Latine avec plus de 20 000 usines. Une grande partie de l’industrie automobile du Brésil et d’Amérique Latine se concentre à São Paulo qui detient aussi le plus grand contigent populationnel du continent. L’économie de la ville est très moderne et s’oriente essentiellement vers le secteur privé qui domine surtout le demaine de la santé avec plus de 78% d’activité. Enfin, São Paulo , ville multiculturelle, est le plus grand collège électoral du Brésil.

 Depuis la fin de la dictature en 1989, la ville de São Paulo n’a eu que deux gouvernements de gauche (1989-1993 et 2001-2004 ), ni la période hégémonique de Lula da Silva n’y a changé quoi que ce soit. Les experts en politique brésilienne affirment que cela est dû au niveau de bien-être social atteint dans l’Etat le plus riche du pays où la plupart des habitants appartient à une classe moyenne très dynamique. La population de São Paulo est connue pour sa tendance à « voter à Droite », tout en étant très hostile à l’immigration en masse vers la capitale économique du pays qui attire des millions de personnes venant de tous les pays voisins et même d’autres Etats brésiliens.

Le Parti des Travailleurs était face à un défi historique, celui de faire élire un maire dans un Etat acquis à la droite, et ce, au beau milieu d’une affaire de corruption qui acablait ses principaux leaders politiques dont José Dirceu et José Genoino. L’ex-président Lula avait intérêt à lancer un candidat au-delà de tout soupçon. C’est ainsi qu’il a propulsé l’ancien ministre de l’éducation Fernando Haddad, docteur en philosophie de l’Université de São Paulo (USP). Haddad (d’origines libanaises) a eu une visibilité nationale après avoir fait de l’examen Enem (l’équivalent brésilien du Baccalauréat) un critère d’admission aussi bien dans les universités fédérales que privées.

Donné perdant au début de la campagne électorale, et en concurrence directe avec des adverssaires de poids, dont un « vieux loup », José Serra (PSDB), et aussi un candidat improbable (Celso Russomano) qui est vite devenu la sensation de l’année, le candidat du PT Fernando Haddad s’est frayé un petit chémin jusqu’au segond tour des élections municipales. S’il est vrai qu’au début de la campagne pour le premier tour, Fernando Haddad apparaissait avec un modeste 19% et pointait seulement à la troisième palce; à cinq jours de la tenue du second tour il ostentait des intentions de votes très flatteuses: 49% contre 32% pour Serra (surnommé le vampire par la presse partisane de gauche). Lors du premier tour, Celso Russomano comptait avec l’appui des évangélistes alors que José Serra avait réçu le soutient des grands médias.

L’incroyable épopée de Fernando Haddad se doit à l’immense popularité de Lula da Silva, à la bonne gestion de la très sérieuse Dilma Rousseff, mais aussi au charisme du nouveau maire de São Paulo. Fernando Haddad a apporté une touche de modernité à la campagne électorale dans une ville habituée à un discours conservateur. Ses origines de classe moyenne ont aussi oeuvré à son avantage puisqu’il parlait à ses semblables. Le fait qu’il soit lui-même fils d’immigrés fut un atout étant donné le niveau de métissage dans l’Etat de São Paulo. Si certains analystes pensaient que le départ de Lula scellait le déclin du PT – avec l’élection de Fernando Haddad avec 56% de votes – ce parti vient de montrer son incroyable capacité de rénovation.

En attendant, peu importe le maire, São Paulo a toujours les mêmes problèmes de violences urbaines et d’embouiteillages…

Interview du maire de São Paulo.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

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