Brésil: des élections décidées à la Cour Suprême de Justice?

Les brésiliens iront voter dans un peu moins de vingt jours pour le compte des élections municipales. Ces élections se dérouleront avec comme toile de fond le scandale connu ici sous le nom de mensalão – grand “pot-de-vin” mensuel – ; nom donné à un vaste système de corruption qui a secoué le gouvernement Lula pendant son premier mandat (2002-2006).

Pour rappel, le Parti des Travailleurs (PT) avait été dénoncé d’entretenir une feuille de payement dont bénéficièrent des membres du parlement national. Ce système s’occupait de répasser des sommes assez considérables aux députés alliés du PT.  Finalement, il fut prouvé que des proches des l’ancien président étaient directement impliqués dans ce réseau. Mais cela n’empecha pas Lula d’être réelu en 2006 et de terminer son second mandat avec um taux d’approbation de 80 %. Le Parti des travailleurs a par ailleurs pu faire entrer Dilma Roussef au palais du Planalto, siège de la présidence de la république brésilienne. En effet, Dilma Roussef a bénéficié du travail de redressement entrepris par le gouvernement Lula. Ce dernier avait hérité d’une dette externe de 14 milliard de dolard qu’il parvint à liquider. Le brésil s’était essoufflé face à une inflation quase insurmontable et à un appareil étatique en faillite. Cependant, Lula reussit à installer un système monaitaire beaucoup plus rigide en même temps qu’il restructura les institutions étatiques. Les effets du “lulisme” garantirent trois mandats présidentiels au PT.

Ce qui confère à ces élections un ton particulier c’est le fait que la plus part des candidats en lisse sont, pour les uns, d’éventuels postulants à la présidence de la république pour les élections de 2014 et pour les autres des potentiels futurs gouverneurs des Etats. Le système fédéral brésilien est assez similaire à l’américain excepté pour le système électoral (mixte, ici). C’est-à-dire, majoritaire et proportionnel) qui n’a rien à voir avec le modèle étasunien.

Dans les grandes villes comme São Paulo, Rio de Janeiro et Porto Alegre le Parti des Travailleurs est en retard dans tous les sondages. Il est vrai qu’à São Paulo, les électeurs ont l’habitude de voter “centre-droit”; généralement pour les sociaux-démocrates (le PSDB, ancien parti de l’ex-président Fernando Henrique Cardoso a souvent remporter les élections à São Paulo). Ce parti est connu pour avoir mené les réformes structurelles des années 1990 s’appuyant sur le consensus de Washington.

Le déroulement du fameux procès du mensalão change complètement la donne des élections municipals même si le parti présidentiel ne veut pas l’admettre.  Dans les médias dominants les partis politiques de tout bord se livrent à une véritable bataille idéologique alors que les juges de la Cour Suprême de Justice essayent de maintenir leur indépendance. Quant à l’opinion publique brésilienne, il est encore três tôt pour déterminer à quel point ce procès aura un impact sur les élections de cette année. Ce qui est certain, c’est que les résultats des élections municipales, à mi-mandant pour Dilma Roussef, auront une influence sur les prochaines élections présidentielles; d’autant plus que son ancien ministre de l’éducation, Fernando Haddad, est candidat à la mairie de São Paulo. Si Dilma Roussef réussit à le faire élire, elle pourra tranquillement envisager les élections de 2014. Le procès du mensalão est um grand test pour le Parti des travailleurs.

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.
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